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Publié le : 20 Mai, 2022 - 14:30 Temps de Lecture 12 minute(s) 198 Vue(s) Commentaire(s)

Ahmed Benaïssa, voix rigoureuse et indescriptible talent, une voix forte de l'Algérie

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L’ami, le frère, Ahmed Benaissa s’en est allé. C’est un être extraordinaire, d’une grande générosité, il a constamment le sourire aux lèvres, avec un regard teinté de mélancolie.

C’est l’un des plus grands comédiens de l’Algérie indépendante. Nous nous sommes parlés à plusieurs reprises cette semaine, notamment de sa dernière interprétation dans le film La Goutte d’or de Clément Cogitore, sélectionné à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2022 en séance spéciale.

Nous nous étions promis de nous voir cette semaine. Ahmed était invité à Cannes. Comme bien avant, au festival d’Avignon en In dans une pièce, « Meursaults » adaptée du roman de Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête. Une magistrale interprétation. Charles Berling m’avait dit son admiration.

Benaissa n’arrête pas de bouger, un bout de cigarette, une cigarette « morte au feu du tantôt », une autre pollue encore plus les mots, il parle, volubile, s’arrête brusquement, puis raconte son enfance, Nedroma, Bel Abbés, ses péripéties françaises, ses bêtises, ses belles choses, ses amours, le théâtre, le cinéma.

Ahmed est lui-même un théâtre, il joue en racontant ses exploits, élève la voix puis, sans avertir, baisse le ton, use d’onomatopées. Il se met à se taper la poitrine, rit aux éclats, reprend une cigarette, il se met à sautiller, à courir sur place, il oublie qu’il a désormais 76 ans, ce jeune homme qui a tout fait, qui a exercé, pour le reprendre, le plus beau métier du monde, il a participé à son premier stage de formation théâtrale en 1964. Ahmed a une présence imposante sur scène. Personne ne peut le nier.

Je me souviens de ce que m’avait dit à son propos Philippe Berling, celui qui avait mis en scène une adaptation du roman de Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête », transformée en Meursaults au festival d’Avignon (en In) en 2016, Ahmed interprétait le rôle principal : « C’est un monstre de la scène, très sérieux, dont la présence peut influer sur le cours du jeu. ».

C’est vrai, à Avignon, j’y étais, il y avait aussi Kamel Daoud, Ahmed Benaissa, avec sa voix grave et rugueuse, une extraordinaire présence, réussit la gageure de placer la barre très haute, Haroun racontant pendant plus d’une heure son frère Moussa avec une force et une énergie hors du commun, alternant douleurs, colères et oublis, apportant un rythme singulier à une pièce qui, par endroits, restait statique, mais Ahmed, fort de son expérience et de son professionnalisme, arrivait à en faire un très beau spectacle, le récit d’un monde complexe.

Ahmed a, par son jeu, donné au roman de Daoud, même si l’adaptateur avait pris quelques libertés avec le texte original, une dimension exceptionnelle, une émotion que, personnellement, je n’avais pas perçu dans « Meursault, contre-enquête ».

A Avignon, j’avais apprécié le jeu de Benaissa qui avait porté, à lui seul, le spectacle. Il y avait, certes, une actrice, mais elle était périphérique. Ahmed n’aime pas beaucoup se lancer des fleurs, il parle, certes, de ses projets, présent, un peu partout, là où on converse culture, il est à la cinémathèque, au théâtre, au cinéma, il provoque parfois de sympathiques esclandres, il est ainsi fait, lui qui a bourlingué un peu partout, a fait ses classes dans des théâtres français, entretenant des relations amicales avec des comédiens de renom comme Philippe Léotard, a travaillé avec de grands metteurs en scène et comédiens au TNA et ailleurs, au cinéma et à la télévision. Il a aussi dirigé le théâtre de Sidi Bel Abbès.

Ahmed n’est pas n’importe qui, c’est un grand acteur qui aime énormément discuter culture, lui qui lit beaucoup. Extrêmement curieux, il veut tout faire. Je lui avais parlé dans les années 1980 d’un très beau roman de Nazim Hikmet, Pourquoi Benerdji s’est-il suicidé ? adapté et monté par un immense metteur en scène turc, Mehmet Ulusoy au festival d’Avignon, une pièce que j’avais énormément aimé. Il voulait, à tout prix, que je lui fasse une adaptation, il me harcelait régulièrement pour avoir le texte que je n’ai pas pu adapter. Il se trouve, en plus, qu’il admirait Hikmet et Ulusoy.

Il se souvient encore de cette possibilité inaboutie, il m’en parle encore, lui qui est surtout connu en Algérie pour ses rôles dans le cinéma, une trentaine de longs métrages, notamment dans Bouamama de Benamar Bakhti Bab El Oued City de Allouache, Hors-la-loi de Bouchareb, Morituri de Okacha Touita, Les portes du silence de Amar Laskri . Certes, il a aussi mis en scène un certain nombre de textes dramatiques et dirigé des stages de formation théâtrale, mais il est surtout connu pour ses performances de comédien.

C’est un acteur qui interpréta de nombreux rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il décrocha en 1968 le premier prix d’interprétation à l’Université Internationale du Théâtre à Paris et de jouer dans des pièces mises en scène par Jean Marie Serreau et Henri Cordreaux (qu’il assista à plusieurs reprises) : « La tragédie du roi Christophe » d’Aimé Césaire et « Les ancêtres redoublent de férocité » de Kateb Yacine. Il eut la possibilité de monter « L’Olivier » de Mohamed Boudia, assassiné en 1973 à Paris et « L’Oiseau vert » de Carlo Gozzi avant son retour en Algérie en 1971.

Déjà, en France, il s’était imposé comme acteur et comme assistant de grands metteurs en scène, Jean-Marie Serreau qui a fait connaitre Brecht en France à partir de 1954 et monté « Le cadavre encerclé » en 1958 et Henri Cordreaux qui a formé beaucoup de grands comédiens et metteurs en scène algériens.

A son retour, il joue dans de nombreuses pièces et des films. Ce n’est qu’en 1986 qu’il mit en scène au Théâtre National Algérien (TNA) sa première pièce à Alger. Ce fut Adjajbiya wa Ajaieb, d’après L’Art de la Comédie de Eduardo Filippo. Il y avait comme comédiens Fellag, Remas, Bouzerar et d’autres. Il recourut naturellement aux techniques de la commedia dell’arte, aux procédés du conte populaire et au théâtre dans le théâtre. La technique du théâtre dans le théâtre et l’usage du masque permit singulièrement au metteur en scène de traduire, de manière fort plaisante, les épisodes comiques.

L’histoire est simple : dans une petite ville d’Italie, une troupe est subitement privée de son théâtre, détruit par un incendie. Le directeur de la troupe sollicite l’aide du préfet pour reconstituer l’équipe. Durant l’entretien, le préfet met à la porte le directeur et lui remet par erreur une liste de six personnes convoquées au cabinet. Les comédiens vont s’efforcer d’interpréter le rôle de ces six personnages.

Le théâtre dans le théâtre provoque quiproquos, jeux de mots et humour. Le prétexte dramatique (la fameuse liste des six noms) est déterminé par le choix d’un lieu unique : le bureau du préfet. Ahmed Bénaissa explique sa manière de mettre en scène : « Sur le plan de la mise en scène, le premier prologue de L’Art de la Comédie est joué selon les normes de la représentation de la place publique. Dans le deuxième prologue (ajouté par De Filippo après l’écriture initiale de la pièce), le meddah (conteur populaire) se substitue à la prestation intimiste du personnage principal au profit du mode d’expression le plus proche du patrimoine algérien.

Le décor, quant à lui, tient compte des habitudes du public, en ce qu’il ne reproduit cette région que par touches suggestives au lieu de reprendre carrément les costumes et le mobilier de l’époque. L’importance de la ville, du théâtre populaire et du lieu où se déroule la plus grande partie de l’action, est rendue avec des éléments suffisamment chargés de sens. La musique insiste davantage sur les sentiments exprimés et la teneur dramatique des situations en choisissant de ne pas investir les temps morts ni les transitions. »

Bénaissa est un metteur en scène qui respecte les règles édictées par Stanislavski. Son théâtre est classique. Il choisit un dispositif scénique de facture réaliste. C’est d’ailleurs la même logique et la même démarche de la construction scénique de sa deuxième mise en scène, Ertila (L’araignée), une adaptation d’un texte de l’auteur cubain, Eduardo Manet, produite à Annaba (TRA).

C’est l’histoire d’une vieille aristocrate isolée qui vit dans sa chair la nostalgie coloniale. Subitement, elle voit son intimité violée par deux personnages marginaux, Lakhdar et Boualem. Deux mondes incompatibles s’affrontent, se heurtent. Liliane, trop marquée par l’idéologie colonialiste tente de se débarrasser de ces deux intrus qui s’opposent fermement à ses désirs. Bénaissa recourt, ici également, à un décor réaliste et à un espace unique.

Ahmed Bénaissa, apprécié surtout pour ses performances de comédien, tente de créer un univers dramatique correspondant au discours théâtral traditionnel, mais qui ne manque pas de force. Il n’arrête pas de sauter, de faire des grimaces, n’arrête pas de fumer, se met à rire, après avoir exprimé sa colère en évoquant je ne sais quoi. Agoumi nous rejoint. C’est un spectacle… Ahmed joue parfois sans le vouloir dans la vie.

Comme à Tunis où nous avions fait les fous avant de nous retrouver bien empêtrés avec un mandat problématique, nous avions pensé à Sembene Ousmane et son film "Le mandat". Tous les amis de Tunis, Moussaoui, à l'époque ambassadeur, Fellag, Sekkar avaient eu vent de cette affaire d'un mandat qui se refusait une contrepartie financière, nous avions ri de bon cœur.

L’ami, le frère, Ahmed Benaissa s’en est allé. C’est un être extraordinaire, d’une grande générosité, il a constamment le sourire aux lèvres, avec un regard teinté de mélancolie. C’est l’un des plus grands comédiens de l’Algérie indépendante. Nous nous sommes parlés à plusieurs reprises cette semaine, notamment de sa dernière interprétation dans le film La Goutte d’or de Clément Cogitore, sélectionné à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2022 en séance spéciale. Ahmed était invité à Cannes. Comme bien avant, au festival d’Avignon en In dans une pièce, « Meursaults » adaptée du roman de Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête. Une magistrale interprétation. Charles Berling m’avait dit son admiration.

Benaissa n’arrête pas de bouger, un bout de cigarette, une cigarette « morte au feu du tantôt », une autre pollue encore plus les mots, il parle, volubile, s’arrête brusquement, puis raconte son enfance, Nedroma, Bel Abbés, ses péripéties françaises, ses bêtises, ses belles choses, ses amours, le théâtre, le cinéma.

Ahmed est lui-même un théâtre, il joue en racontant ses exploits, élève la voix puis, sans avertir, baisse le ton, use d’onomatopées. Il se met à se taper la poitrine, rit aux éclats, reprend une cigarette, il se met à sautiller, à courir sur place, il oublie qu’il a désormais 76 ans, ce jeune homme qui a tout fait, qui a exercé, pour le reprendre, le plus beau métier du monde, il a participé à son premier stage de formation théâtrale en 1964. Ahmed a une présence imposante sur scène. Personne ne peut le nier.

Je me souviens de ce que m’avait dit à son propos Philippe Berling, celui qui avait mis en scène une adaptation du roman de Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête », transformée en Meursaults au festival d’Avignon (en In) en 2016, Ahmed interprétait le rôle principal : « C’est un monstre de la scène, très sérieux, dont la présence peut influer sur le cours du jeu. ».

C’est vrai, à Avignon, j’y étais, il y avait aussi Kamel Daoud, Ahmed Benaissa, avec sa voix grave et rugueuse, une extraordinaire présence, réussit la gageure de placer la barre très haute, Haroun racontant pendant plus d’une heure son frère Moussa avec une force et une énergie hors du commun, alternant douleurs, colères et oublis, apportant un rythme singulier à une pièce qui, par endroits, restait statique, mais Ahmed, fort de son expérience et de son professionnalisme, arrivait à en faire un très beau spectacle, le récit d’un monde complexe. Ahmed a, par son jeu, donné au roman de Daoud, même si l’adaptateur avait pris quelques libertés avec le texte original, une dimension exceptionnelle, une émotion que, personnellement, je n’avais pas perçu dans « Meursault, contre-enquête ».

A Avignon, j’avais apprécié le jeu de Benaissa qui avait porté, à lui seul, le spectacle. Il y avait, certes, une actrice, mais elle était périphérique. Ahmed n’aime pas beaucoup se lancer des fleurs, il parle, certes, de ses projets, présent, un peu partout, là où on converse culture, il est à la cinémathèque, au théâtre, au cinéma, il provoque parfois de sympathiques esclandres, il est ainsi fait, lui qui a bourlingué un peu partout, a fait ses classes dans des théâtres français, entretenant des relations amicales avec des comédiens de renom comme Philippe Léotard, a travaillé avec de grands metteurs en scène et comédiens au TNA et ailleurs, au cinéma et à la télévision. Il a aussi dirigé le théâtre de Sidi Bel Abbès.

Ahmed n’est pas n’importe qui, c’est un grand acteur qui aime énormément discuter culture, lui qui lit beaucoup. Extrêmement curieux, il veut tout faire. Je lui avais parlé dans les années 1980 d’un très beau roman de Nazim Hikmet, Pourquoi Benerdji s’est-il suicidé ? adapté et monté par un immense metteur en scène turc, Mehmet Ulusoy au festival d’Avignon, une pièce que j’avais énormément aimé. Il voulait, à tout prix, que je lui fasse une adaptation, il me harcelait régulièrement pour avoir le texte que je n’ai pas pu adapter. Il se trouve, en plus, qu’il admirait Hikmet et Ulusoy.

Il se souvient encore de cette possibilité inaboutie, il m’en parle encore, lui qui est surtout connu en Algérie pour ses rôles dans le cinéma, une trentaine de longs métrages, notamment dans Bouamama de Benamar Bakhti Bab El Oued City de Allouache, Hors-la-loi de Bouchareb, Morituri de Okacha Touita, Les portes du silence de Amar Laskri . Certes, il a aussi mis en scène un certain nombre de textes dramatiques et dirigé des stages de formation théâtrale, mais il est surtout connu pour ses performances de comédien.

C’est un acteur qui interpréta de nombreux rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il décrocha en 1968 le premier prix d’interprétation à l’Université Internationale du Théâtre à Paris et de jouer dans des pièces mises en scène par Jean Marie Serreau et Henri Cordreaux (qu’il assista à plusieurs reprises) : « La tragédie du roi Christophe » d’Aimé Césaire et « Les ancêtres redoublent de férocité » de Kateb Yacine. Il eut la possibilité de monter « L’Olivier » de Mohamed Boudia, assassiné en 1973 à Paris et « L’Oiseau vert » de Carlo Gozzi avant son retour en Algérie en 1971. Déjà, en France, il s’était imposé comme acteur et comme assistant de grands metteurs en scène, Jean-Marie Serreau qui a fait connaitre Brecht en France à partir de 1954 et monté « Le cadavre encerclé » en 1958 et Henri Cordreaux qui a formé beaucoup de grands comédiens et metteurs en scène algériens.

A son retour, il joue dans de nombreuses pièces et des films. Ce n’est qu’en 1986 qu’il mit en scène au Théâtre National Algérien (TNA) sa première pièce à Alger. Ce fut Adjajbiya wa Ajaieb, d’après L’Art de la Comédie de Eduardo Filippo. Il y avait comme comédiens Fellag, Remas, Bouzerar et d’autres. Il recourut naturellement aux techniques de la commedia dell’arte, aux procédés du conte populaire et au théâtre dans le théâtre.

La technique du théâtre dans le théâtre et l’usage du masque permit singulièrement au metteur en scène de traduire, de manière fort plaisante, les épisodes comiques. L’histoire est simple : dans une petite ville d’Italie, une troupe est subitement privée de son théâtre, détruit par un incendie. Le directeur de la troupe sollicite l’aide du préfet pour reconstituer l’équipe. Durant l’entretien, le préfet met à la porte le directeur et lui remet par erreur une liste de six personnes convoquées au cabinet. Les comédiens vont s’efforcer d’interpréter le rôle de ces six personnages.

Le théâtre dans le théâtre provoque quiproquos, jeux de mots et humour. Le prétexte dramatique (la fameuse liste des six noms) est déterminé par le choix d’un lieu unique : le bureau du préfet. Ahmed Bénaissa explique sa manière de mettre en scène : « Sur le plan de la mise en scène, le premier prologue de L’Art de la Comédie est joué selon les normes de la représentation de la place publique.

Dans le deuxième prologue (ajouté par De Filippo après l’écriture initiale de la pièce), le meddah (conteur populaire) se substitue à la prestation intimiste du personnage principal au profit du mode d’expression le plus proche du patrimoine algérien. Le décor, quant à lui, tient compte des habitudes du public, en ce qu’il ne reproduit cette région que par touches suggestives au lieu de reprendre carrément les costumes et le mobilier de l’époque.

L’importance de la ville, du théâtre populaire et du lieu où se déroule la plus grande partie de l’action, est rendue avec des éléments suffisamment chargés de sens. La musique insiste davantage sur les sentiments exprimés et la teneur dramatique des situations en choisissant de ne pas investir les temps morts ni les transitions. »

Bénaissa est un metteur en scène qui respecte les règles proposées par Stanislavski. Son théâtre est classique. Il choisit un dispositif scénique de facture réaliste. C’est d’ailleurs la même logique et la même démarche de la construction scénique de sa deuxième mise en scène, Ertila (L’araignée), une adaptation d’un texte de l’auteur cubain, Eduardo Manet, produite à Annaba (TRA).

C’est l’histoire d’une vieille aristocrate isolée qui vit dans sa chair la nostalgie coloniale. Subitement, elle voit son intimité violée par deux personnages marginaux, Lakhdar et Boualem. Deux mondes incompatibles s’affrontent, se heurtent. Liliane, trop marquée par l’idéologie colonialiste tente de se débarrasser de ces deux intrus qui s’opposent fermement à ses désirs. Bénaissa recourt, ici également, à un décor réaliste et à un espace unique.

Ahmed Bénaissa, apprécié surtout pour ses performances de comédien, tente de créer un univers dramatique correspondant au discours théâtral traditionnel, mais qui ne manque pas de force. Il n’arrête pas de sauter, de faire des grimaces, n’arrête pas de fumer, se met à rire, après avoir exprimé sa colère en évoquant je ne sais quoi. Agoumi nous rejoint. C’est un spectacle…

Ahmed joue parfois sans le vouloir dans la vie. Comme à Tunis où nous avions fait les fous avant de nous retrouver bien empêtrés avec un mandat problématique, nous avions pensé à Sembene Ousmane et son film "Le mandat". Tous les amis de Tunis, Lahcene Moussaoui, à l'époque ambassadeur, Fellag, Sekkar avaient eu vent de cette affaire d'un mandat qui se faisait violenter par les jeux de la bureaucratie, nous avions ri de bon cœur.

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