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Publié le : 13 Avril, 2020 - 15:10 Temps de Lecture 3 minute(s) 1963 Vue(s) Commentaire(s)

Allons-nous assister au renforcement des régimes autoritaires au nom de la sécurité sanitaire ?

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La crise sanitaire actuelle va sans doute bouleverser nos modes de vie voire toute notre conception existentielle . On a choisi un autre angle d’analyse qui relève plus de l’ordre éthique et philosophique. Quelle est cette problématique qui mérite d’être soulignée ?

Va-t-on accepter de céder à la question des libertés individuelles et collectives au nom de la lutte contre la pandémie ? Autrement dit, ne va-t-on pas assister au renforcement des régimes autoritaires voire dictatoriaux au nom de la sécurité sanitaire ?

Certains médias voudraient vendre à l’opinion publique certains modèles de gouvernance dépourvus de minimum de standards démocratiques en se vantant des réussites de pays asiatiques. Même certains États exhibent des agrégats macro-économiques aisés mais dissimulent mal la situation misérable de larges couches sociales.

Par ailleurs, on fait abstraction volontairement des réussites en matière de lutte de manière rationnelle par des régimes démocratiques pour endiguer cette pandémie en procédant au dépistage massif. En Allemagne, la situation est maîtrisée au point de porter assistance à la France en prenant en charge la population française résidante aux frontières allemandes. D’autres pays pourraient être aussi cités comme l’Autriche, les Pays-Bas et Israël. Mais on a préféré mettre le focus sur le cas asiatique car il axe sur les données de masses, dit autrement, les ‘’ Big Data ‘’. Et d’ailleurs, par le biais de certains pays asiatiques, premiers consommateurs de solutions dites numériques, le monde d’Oxford saisit cette crise afin d’offrir nos données personnelles à la Silicone Valley.

Le « traking », dans le jargon numérique est une stratégie qui consiste à traquer des individus en faisant du pistage afin de suivre tout leurs mouvements sur Internet. Une solution qui n’a rien à voir avec les mesures médicales mais plutôt technologiques. En réalité, il s’agit d’une technique qu’on utilise souvent dans le monde du marketing digital afin de suivre les comportements des gens par le biais de leurs appareils connectés.

Comme disait Dr. SADI, l’une des rares personnalités politiques à faire des contributions régulières de haute facture notamment dans la révolution du 22 février, « À situation inédite, solution inédite ».

Sans doute au nom de la sécurité sanitaire, on aurait tendance à renforcer les mesures de contrôle pour surveiller tous nos mouvements. Ce qui est en contradiction avec le droit et libertés individuelles en l’utilisant à d’autres fins inavouées.

Certes la peur a créé une certaine cohésion sociale en admettant certaines mesures restrictives, mais en aucun cas, la société va l’admettre au détriment de libertés individuelles. Nul n’a le droit de remettre en cause les acquis de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. Nous devons demeurer dans l’esprit de la loi ou droit qui garantit nos libertés individuelles sous aucun prétexte. Certes, cet état d’urgence sanitaire s’impose, mais on doit trouver cet équilibre consensuel entre des situations exceptionnelles et le maintien de l’État de droit. Ni les médecins ni le pouvoir exécutif ne doivent dicter leurs lois. Leurs interventions doivent être restreintes et ne doivent pas être une opportunité pour contorsionner voire dénaturer les principes fondamentaux.

Même si c’est vrai, la rupture radicale serait difficile à être envisagée, mais le nouvel ordre mondial post- pandémie ne pourrait avoir la même carte géopolitique mondiale. Toutefois, notre vigilance s’impose afin de ne pas permettre aux régimes autoritaires de se renforcer en avançant des prétextes fallacieux. Alors que le contexte international se veut favorable à des modes de gouvernances plus solidaires loin des conflits de leadership.

La nouvelle philosophie doit privilégier la construction d’un nouvel ordre multipolaire et solidaire loin de la compétition belliciste.

La carte géopolitique post pandémique se dessine actuellement. On vit une phase transitionnelle décisive.

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