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Publié le : 12 Novembre, 2021 - 12:58 Temps de Lecture 3 minute(s) 1027 Vue(s) Commentaire(s)

Amira Bouraoui interdite de quitter le pays

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Arrêtée à son domicile dans la matinée de ce vendredi, la militante Amira Bouraoui a été interdite, deux heures plus tard, de quitter le territoire national. C'est ce qu'a annoncé un de ses plus proches amis, le réalisateur Bachir Derrais dans post sur sa page Facebook.

Selon ce dernier, la gynécologue devait se rendre ce vendredi en France pour des entretiens d'embauche, lorsqu'elle a été interceptée par des policiers au niveau du poste de contrôle de l'aéroport international Houari Boumediene d'Alger.

“Aujourd'hui, tôt le matin pendant qu'elle (Amira Bouraoui) se préparait à partir à l'aéroport, la police débarque chez elle et l'emmène au commissariat devant sa famille choquée et effrayée. Elle a été relâchée après une interrogatoire classique”, relate-t-il. Et de poursuivre : “Elle sort du commissariat, prend ses bagages et se dirige tout droit vers l'aéroport pour ne pas rater son vol. Sur place, elle fait les formalités le plus normalement du monde et elle enregistre ses bagages. Une fois à la PAF, une officier est venu de lui signifier qu'elle est interdite de quitter le territoire. Elle rentre chez elle les bagages sont restés à l'aéroport ou dans l'avion”.

Amira Bouraoui réagit à son interdiction de quitter le pays

Arrêtée, malmenée, très souvent insultée sur les réseaux sociaux et plus récemment condamnée en appel, à quatre ans de prison ferme (sans mandat de dépôt), la militante progressiste n'est décidément pas au bout de ses peines. Car , en plus d'être interdite d'exercer en Algérie depuis plusieurs années, Amira Bouraoui vient de se voir empêchée de le faire... même ailleurs.

Dans un communiqué diffusé ce vendredi, la militante qui, rappelons-le, est medecin en obstétrique- gynécologie, a réagi à son interdiction de quitter le territoire national, en affirmant que "le harcèlement sécuritaire et judiciaire, ne changera rien à ce que je suis et ce que je veux pour mon pays."

*"J’avais un projet de voyage à Paris et j’ai acheté il y a deus semaines un billet pour ce vendredi à 11 h. Je me suis fait arrêté à la sortie de la maison le matin 8 h par la police de mon quartier à El Achour. J’ai demandé ce que je faisais au commissariat, les policiers étaient incapables de répondre.

Ils ont demandé une pièce d’identité et poser les questions habituelles de la filiation. J’ai été relâché sans explications au bout de trente minutes et j’ai pu gagner l’aéroport Houari Boumediene dans les délais pour l’enregistrement de mes bagages.

J’ai immédiatement ressenti un manège suspect autour de moi, notamment lorsqu’on m’a fait passer en premier dans la file d’attente. Une fois arrivée au guichet de la PAF un commandant s’est présenté devant moi et m’a déclaré « j’ai le regret de vous faire savoir que vous ne pouvez pas quitter le territoire nationale ». Le lieutenant qui tenait mon passeport n’avait même pas eu le temps de faire les vérifications sur son ordinateur.

Aucune autre explication ne m’a été donnée. J’ai du revenir à la maison, en laissant même mon bagage enregistré où se trouvent mes effets personnels, mes livres de gynécologie et un drapeau algérien. Le commandant de police ne m’a pas parlé d’interdiction de sortie du territoire nationale (ISTN) émise par le parquet à mon encontre.

Il s’agit d’un empêchement de circuler décidé par les services de sécurité que je dénonce de toutes mes forces. Cela fait trois années que je suis empêchée de poursuivre mon travail dans le secteur de la santé publique. Le harcèlement sécuritaire et judiciaire, ne changera rien à ce que je suis et ce que je veux pour mon pays."*

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