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Publié le : 22 Juillet, 2022 - 11:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 288 Vue(s) Commentaire(s)

Amnesty International s’inquiète de la régression des droits humains en Tunisie

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Dans un communiqué publié jeudi 21 juillet, Amnesty international a appelé les autorités tunisiennes à vite réagir, face à ce qu’elle estime de « régression des droits humains » dans le pays, depuis la prise du pouvoir par Kais Saïed le 25 juillet 2021.

Le président Tunisien, constate l’organisation, « a démantelé ou affaibli des garanties fondamentales en matière de droits humains depuis qu’il s’est arrogé les pleins pouvoirs en juillet dernier, alors même qu’il s’est engagé à de multiples reprises à veiller à ce que les autorités respectent les droits humains. »

« Le premier anniversaire de l’accaparement du pouvoir par le président Saïed est un jalon du démantèlement progressif des garanties en matière de droits humains. En gouvernant par décret sans contrôle ni supervision, le président a sapé plusieurs avancées essentielles en matière de droits humains que le pays avait accomplies au cours des dix années suivant la révolution de 2011, qui a mis fin au régime de l’ancien président Ben Ali », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Les actes des autorités tunisiennes suscitent de graves préoccupations quant à l’avenir des droits humains en Tunisie. Le président Saïed et d’autres personnes ont multiplié les coups portés aux droits humains et ont tout particulièrement mis à mal l’indépendance de la justice. Si elles ne recourent pas à une répression de grande ampleur, les autorités ont ciblé des critiques de premier plan et des opposant·e·s politiques au moyen d’enquêtes judiciaires, de poursuites, voire d’arrestations dans certains cas, ce qui révèle sans équivoque ce que pense le président de la dissidence », poursuit-elle.

Par ailleurs, l’organisation dénonce le projet de constitution établi, selon elle, « à l’issue d’un processus de rédaction obscur et accéléré, sans réelle consultation des organisations de la société civile ou des partis politiques. »

« Si ce texte est adopté par référendum le 25 juillet 2022, il affaiblira l’indépendance de la justice, accordera au président le droit de déclarer un état d’urgence d’une durée indéterminée et lui permettra de gouverner sans contre-pouvoirs, et ce texte risque de permettre aux autorités de restreindre les droits humains selon des motifs religieux formulés en termes imprécis », prévient Amnesty International.

Elle rappellera également que le 22 septembre 2021, « le président Saïed a publié le décret présidentiel n°2021-117, qui lui confère le pouvoir exclusif d’adopter de nouvelles lois par décret, sans aucun examen ni supervision d’une autorité quelle qu’elle soit ».

« Ce décret l’autorise à publier des décrets-lois qui réglementent quasiment tous les aspects de la vie publique, notamment les partis politiques, les tribunaux, les syndicats, la société civile, les médias et les droits humains. », déplore-t-elle.

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