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Publié le : 21 Mai, 2020 - 16:40 Temps de Lecture 3 minute(s) 5010 Vue(s) Commentaire(s)

Accusé d'atteinte à l’unité nationale, Fayçal Kerchouche devant la justice en attendant les autres..

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La justice algérienne ne manque décidément, aucune occasion pour prouver encore une fois, qu’elle est toujours sous les ordres du pouvoir exécutif. Si d’une part, elle a eu la main lourde contres les militants et activistes , elle laisse libre cours aux propos outrageusement haineux, d’autre part. Faicel Kerchouche « prétendu » journaliste et « raciste notoire », est justement l’un de ceux dont les propos extrémistes et parfois violents sont largement relayés sur les réseaux sociaux sans en être inquiété.

Dans un excès de haine auquel il a habitué les milliers de personnes qui sont abonnés à sa page Facebook, Faicel Kerchouche s’en prend quasi-quotidiennement aux kabyles qui selon lui, sont « les ennemis de la religion et de la patrie ». « Ils qualifient la prière d’actes terroristes et décrivent ceux qui la pratiquent de terroristes, ils accusent l’association des oulémas de trahison et qu’elle a accepté de coexister avec la France coloniale et s’ils n’ont pas prit part à la révolution », écrit-il sur sa page. Par cette diatribe « immonde », le pseudo- journaliste visait, plus particulièrement, l’ex député Amrane Ait Hamouda, fils du Chahid Ait Hamouda Amirouche, et le collectif d’avocats qui ont déposé une plainte contre lui, auprès du parquet de la daira des Ouacifs ( wilaya de Tizi Ouzou), en vertu des articles « en vertu des articles 296 et 297, pour diffamation, atteinte aux symboles de la révolution et incitation à la haine », a affirmé Me Kader Houali à l’avant-Garde, joint par téléphone.

Ses propos ont-ils, pour autant, suscité une quelconque réaction de l’appareil judiciaire ou des services de sécurité ? Force est de constater que non. Pourtant, depuis plusieurs semaines, des activistes et des militants sont arrêtés à tour de bras et certains sont même lourdement condamnés pour « atteinte à l’unité nationale », sur la base de publications Facebook. L’on citera Samir Belarbi, Abdelwaheb Fersaoui, Brahim Douadji, Mohamed Tadjadit, Fodil Boumala, Karim Tabbou, et bien d’autres. Ce qui pousse beaucoup d’observateurs de la scène politique, à se demander si l’argument de l’article 79 du code pénal, à savoir« Atteinte à l’unité nationale », n’est pas à géométrie variable ?

Justice à deux vitesses

Cette actualité qui, faut- il souligner, s’inscrit dans un cadre inédit, à savoir une année marquée par un soulèvement populaire inédit dans l’histoire de l’Algérie post-indépendante, nous offre l’occasion de constater une justice à deux vitesses : une lente pour les incitateurs à la haine et une rapide pour les militants et activistes qui luttent pour la démocratie et la liberté de penser.

Rappelons l’affaire de Rabah Drif, ex directeur de la culture de la wilaya de M’sila, libéré le 27 avril après avoir purgé une peine de trois mois de prison. « Je vous ai combattu et je vous combattrai. Ce n’est pas parce que vous êtes Bachir Derraïs, mais pour une seule et unique raison, c’est que vous êtes le prolongement du plus grand traître et agent de la Révolution bénie qui est Abane Ramdane », avait-il écrit dans un commentaire en réaction à une publication du réalisateur Bachir Derrais.

Limogé par la tutelle, il sera placé sous mandat de dépôt le 14 janvier avant d’être condamné le 22 mars à six mois de prison ferme pour « outrage à la mémoire du martyre de la révolution Abane Ramdane », Rabah Drif a vu sa peine réduite à seulement trois mois lors de son procès en appel tenu le 20 avril.

Naïma Salhi et sa haine viscérale

Les arrestations et les jugements récents ont largement démontré le préjugé favorable que le pouvoir entretient face à ceux qui déversent leur haine envers les symboles ou envers les kabyles. Naïma Salhi en est le parfait exemple.

Parler d’elle, est comme dans un effet streisand, il ne fera qu’amplifier l’écho médiatique de quelque chose qu’on veut absolument faire taire. Pourtant, il le faudra bien, tant sa haine viscérale envers la Kabylie mais aussi envers les habitants du Sud, n’a pas encore atteint ses limites.

Mais cela, sans jamais faire réagir les autorités compétentes, même après la plainte déposée au mois de juin 2019, contre celle-ci pour « incitation à la gaine raciale » et « atteinte à l’unité nationale , par un collectif d’avocats dont Me Kader Houali qui nous a affirmé dans un entretien téléphonique que « l’affaire est toujours pendante ». « Nous avons été entendus par la brigade de recherche du groupement de gendarmerie de la ville de Cheraga, suite à notre convocation en date du 3 mars 2020 », a encore indiqué notre interlocuteur. Depuis, aucune suite n’a été donnée à cette affaire.

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