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Publié le : 10 Octobre, 2019 - 19:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 777 Vue(s) Commentaire(s)

Contribution de Abdelkader Boumertit, élu de l’APC de Toudja : séisme au tribunal de Constantine

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Nous fûmes complètement assommés. Le ciel nous est tombé sur la tête après que la sentence d’une année de prison ferme eut été prononcée par le tribunal de Constantine à l’encontre du détenu, Semani Amazigh, pour atteinte à l’unité nationale et la profanation du l’emblème national.

Celle-ci est tombée comme le couperet du bourreau sur la tête de l’infortuné Semani Amazigh qui se retrouvait malgré lui embarqué dans une cabale abracadabrante qui lui coûtera sa liberté.

Pour nous qui nous attendions, tout au plus, à une condamnation avec un sursis sachant comment fonctionne notre justice, cette sentence du tribunal fut une véritable onde de choc. Je tiens à rendre ici un vibrant hommage au père et aux frères du condamné qui accusèrent brutalement le coup, cependant ils restèrent stoïques et très dignes.

Pour rappel, le nommé Semani Amazigh est un jeune homme de 26 ans, originaire de la commune de Toudja, une localité distante d’une dizaine de kilomètres, à vol d’oiseau, à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Bejaia. Il a été interpellé le soir du 18 septembre 2019 par les services de sécurité de la ville de Constantine au moment où il prenait des photos souvenirs, drapé de l’emblème amazigh devant le tombeau de Massinissa où il se trouvait en tournée touristique en compagnie de son ami Tenfiche Amaziane, tous deux, originaires du même patelin, pour visiter certains sites archéologiques après avoir, une semaine auparavant, visité les sites archéologiques de la ville de Tipaza sans que cela n’offusque personne.

Ce n’est donc qu’une fois arrivé dans les locaux de la police qui avait procédé à la fouille des interpellés auxquels on avait confisqué illégalement leurs effets personnels. En fouillant illégalement et abusivement dans le téléphone mobile de monsieur Semani Amazigh, on tomba sur une photo représentant un homme sans visage, non identifiable, foulant aux pieds l’emblème national. Et là, c’est le jackpot, c’est l’aubaine, c’est inespéré, on vient de dénicher une preuve accablante, un prétexte solide pour justifier la mise sous mandat de dépôt de ce dernier, sans être obligé d’invoquer, cette fois-ci, le grotesque et fallacieux prétexte «du port de l'emblème amazigh» et ce, en dépit des vives protestations de l’intéressé qui jurait par tous les saints que celle-ci ne le représentait pas et qu’il l’avait simplement téléchargée sur le réseau social Facebook.

Sincèrement, croyez-vous que sans cette photo, le jeune Semani Amazigh aurait été acquitté et libéré ? Bien sûr que non, sinon pourquoi ne libère-t-on pas, alors, les autres détenus porteurs de l’emblème Amazigh qui croupissent dans les geôles du pouvoir depuis maintenant plusieurs mois sans comparution . Non, Semani Amazigh a été bel et bien condamné pour avoir brandi l’emblème Amazigh avec des circonstances aggravantes, car cela se passait devant le tombeau de Massinissa et à fortiori quand on se prénomme, soit même amazigh.

Oui on le répétera, jamais assez, la condamnation de notre frère Amazigh avait, avant toute autre chose, un caractère éminemment politique, une condamnation exemplaire pour que cela ne suscite pas d’autres émules notamment en cette période de grand d’éveil des consciences où la majorité du peuple algérien cherchait à se réapproprier son histoire profonde et son identité authentique.

En cette période, où le pouvoir est en train de déclencher une véritable chasse à l’homme à grande échelle, par conséquent d’autres victimes viendront grossir les rangs des détenus, cette répression va s’accentuer notamment à l’approche du 12 décembre puisque la seule stratégie choisie par le pouvoir est celle de la peur et de la terreur en instrumentalisant pour cela l’appareil judiciaire et les services de sécurité pour imposer cette élection présidentielle qui est la condition sine qua non pour sa survie.

il est impératif et vital pour la révolution du sourire que l’ensemble des forces vives et saines, progressistes et démocratiques du pays restassent déterminés, unis, mobilisés et solidaires jusqu’à l’avènement de la nouvelle république démocratique et sociale. La résistance doit être, dorénavant, notre seul et maître mot.

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