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Publié le : 15 Mars, 2020 - 20:53 Temps de Lecture 3 minute(s) 748 Vue(s) Commentaire(s)

Corona virus : un défi civique pour la révolution du sourire

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Les manifestations du Vendredi 56 constituent une nouvelle claque à la Régence d’Alger. Sa prétention à se poser comme une autorité morale est balayée par les flots de manifestants. Sur tous les plans, le pouvoir en place est frappé d’une totale illégitimité.

La tentative de se saisir du risque pandémique en cours pour se banaliser en tant que pouvoir a fait long feu. Mais, il nous faut rester rationnels et examiner la situation froidement. Le virus Coronavirus (SARS-CoV-2) ou Covid 19 est en circulation en Algérie et, au regard de l’état du système de notre système de santé, il risque de faire d’incommensurables dégâts.

Nous ne disposons pas de moyens suffisants dé détection, l’institut Pasteur semble être le seul à pouvoir analyser les échantillons. Le personnel médical et celui de la protection civile ne disposent pas des moyens de protection indispensables à l’accomplissement sécurisé de leur mission. La nombre de lits en réanimation est dérisoire. A prendre en compte les récits de “la prise en charge” des quelques cas avérés il y a de quoi s’alarmer. Des délais de diagnostic excessivement allongés (quatre jours dans le cas du patient de Bouzegane), des personnels qui exercent leur légitime droit de retrait (à l’est du pays), et surtout, selon les chiffres officiels, un taux de mortalité quatre fois plus élevé qu’ailleurs (3 décès sur 37 cas avérés) soit 8% alors qu’il est de 2% dans le monde.

Sauf à vouloir finalement entrer dans l’histoire par la bêtise et l’hécatombe qu’elle aura causée, il est encore temps d’agir. Cette crise sanitaire appelle une urgente prise de responsabilité. Il ne faut pas verser dans les mystifications selon lesquelles “Sa pureté protège le Hirak” ; ou bien qu’il s‘agirait d’“une punition divine” qui punirait “les mécréants”. Nous sommes face à un virus à forte propagation et létal pour les personnes fragilisées. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Celles qui souffrent d’une maladie chronique aussi ; notamment les diabétiques. Voilà ; nous voyons à quel point le risque est majeur en Algérie. Un système sanitaire sinistré, un personnel médical peu préparé et pas du tout équipé et si l’on ajoute un comportement erratique, le pire est à prévoir.

Il n’y a rien à attendre du pouvoir en place. Mais les porteurs de parole publique sont en responsabilité aujourd’hui. Chacun assumer la sienne. Hier, des personnalités publiques ont manifesté, faut-il penser qu’elles le feront les semaines à venir ? Les chefs de partis et les activistes qui ont émergé de la révolution sont attendus sur cette question. Bien sûr qu’il n’est pas question de renoncer à la mobilisation et au combat ; mais il est indispensable d’en adapter les formes. Les habitants de la ville de Wuhan, en Chine, avaient manifesté sur leurs balcons. En Algérie, les “actions Mehraz” ont été des plus significatives sur la question des détenus. L’élite du mouvement doit imaginer des formes intelligentes pour assurer la continuité du mouvement dans la préservation de la santé publique. Ce faisant, elle s’imposera comme l’autorité morale effective en Algérie. La Révolution n’a pas vocation à devenir un tombeau pour ses enfants.

Sans surprises, ce vendredi 56 a été marqué par une forte réduction du dispositif policier. La régence préserve son bouclier et continuera à le faire. Il faut que le mouvement populaire prenne conscience que lui aussi doit préserver ses forces. L’acte de défiance qu’est cette marche du 13 mars doit suffire comme démonstration de radicalité. Temporairement, notre militance doit prendre d’autres formes. Peut-être celle de grèves générales en cours de semaines ? De manifestations nocturnes à partir des domiciles ? De concerts de klaxons ?....

Dans cette situation de disqualification du pouvoir en place, l’Ordre des médecins, les associations des professeurs ou des spécialistes, les structures de la société civile, les hommes politiques sont en responsabilité devant l’Histoire.

En l’état actuel de délabrement sanitaire, le recours aux moyens spécifiques de l’armée et des services sécuritaires, si ces moyens existent, doit être rapidement envisagé. Pour soulager l’Institut Pasteur et réduire les délais d’identification de cas, l’Armée et la police ont-elles les moyens de déployer des laboratoires de compagne ? Ont-elles un potentiel qui renforcerait le potentiel de réanimation ? Mais peut-être est-ce trop demander à des régents qui reçoivent des équipements de protections le 14 mars sans préciser la nature de ces équipements ! S’agit-il de gants, de masques et de gel hydroalcoolique ? De combinaisons et d’équipement à destination des professionnels ? De laboratoires ou d’hôpitaux de compagnes ? Le monsieur qui fait fonction de “ministre e la santé” juge que la cargaison de ce bateau relève du secret d’État !!

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