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Publié le : 03 Novembre, 2020 - 20:10 Temps de Lecture 3 minute(s) 867 Vue(s) Commentaire(s)

Déclaration des femmes du 1er novembre : ‘‘Nous continuons le combat de nos aînées qui ont contribué à la résistance à la colonisation’’

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En ce 66ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, nous, femmes algériennes, militantes des droits des femmes, affirmons notre détermination à continuer le combat de nos aînées qui ont contribué à la résistance à la colonisation, à la maturation de la question nationale et à la libération de notre pays.

L’indépendance nationale a aussi été l’œuvre des femmes algériennes si souvent oubliées et dont le rôle a souvent été minimisé Aujourd'hui, comme chaque jour, nous rendons hommage à toutes les femmes sans exception, Chahidates, Moudjahidates, Fida'iyates, Moussabilates et Anonymes que l’histoire officielle a effacées.

Nous, femmes algériennes, militantes des droits des femmes, voulons que le 1er novembre 1954 garde sa valeur révolutionnaire et historique et nous rejetons toute tentative de récupération de la symbolique du 1er Novembre.

Nos aînées ont prêté foi en la mémoire des hommes et en tous les possibles que promettaient les premières années d’indépendance ; elles ont accordé leur confiance à «leurs frères» pour réaliser justice, égalité pour toutes et tous. Leur combat, leur confiance ont été trahis. Nos aînées ont imposé l’inscription de l’égalité, dès la première constitution. Elles ont surtout conquis le droit à l’instruction pour leurs filles comme pour leurs garçons, Elles ont marché, protesté, milité pour exiger la reconnaissance des droits des femmes Elles nous ont insufflé leur force et inspiré nos batailles.

C’est ainsi que toutes générations confondues, nous, femmes algériennes, sommes sorties, en masse, dès le 22 février 2019 et le monde entier nous a reconnu la part qui nous revient dans les victoires de ce moment historique. Nous avons fait entendre nos voix de femmes mais pas assez. Nous n’avons pas réussi à imposer nos revendications à celles et surtout à ceux qui nous disaient que ce n’était pas le moment. Le peuple tout entier s’est soulevé contre la Hogra, il comprend que nous, femmes, subissons les mêmes injustices mais il n’a pas encore saisi que les femmes subissent, en plus, les effets de l’inégalité et une Hogra spécifique.

Par ailleurs, la pandémie du COVID 19 a démontré, à la planète entière, que les plus utiles socialement sont les plus fragiles et les plus mal considéré-e-s. Partout, les femmes sont de ceux-là et elles en paient le prix le plus fort.   Le confinement a aggravé la situation des femmes. L’absence de projet de développement de notre pays avait condamné, depuis des décennies déjà, et en priorité, les femmes et les jeunes, à la débrouille et au travail informel. Les mesures sanitaires d’aujourd’hui, rendent impossibles jusqu’à ces systèmes de survie.

Notre société a été récemment frappée par la recrudescence de cas de violences, de viol, de torture, de mutilations et … de meurtres. Nous ne pouvons nous taire et assister passivement à toutes ces horreurs et toutes ces injustices.

Nous disons que les valeurs de domination que continuent de faire circuler certaines traditions, encore vivaces, que l’invisibilisation des femme, que les représentations que véhiculent une partie de nos médias et notre école, que l’absence d’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes, sont responsables de ces violences et des féminicides.

Dans notre volonté de poursuivre les rêves des premières années de notre indépendance, Nous, militantes des droits des femmes, dénonçons les politiques de répression et d’intimidation des algériennes et des algériens. Nous exigeons la libération de toutes et de tous les détenu-e-s d’opinion. Nous rejetons l’injustice sociale et la précarité. Nous refusons toute forme d’inégalité, toutes les discriminations et les violences faites aux femmes.

Nous, militantes des droits des femmes réclamons de l’État, responsable devant ses citoyennes et ses citoyens :

  • Un plan d’urgence contre les violences faites aux femmes et les féminicides
  • L’abrogation du code de la famille, hérité du statut personnel colonial, du temps de l’indigénat, et son remplacement par des lois civiles, égalitaires.

Nous, militantes des droits des femmes, déclarons que le changement radical que réclame le peuple algérien ne se fera pas sans les femmes et qu’IL NE SERA PAS tant que nos droits entiers ne seront pas reconnus et notre dignité de femmes pleinement respectée. FACE, FEMMES ALGERIENNES POUR LE CHANGEMENT VERS L’EGALITE

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