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Publié le : 01 Février, 2023 - 14:05 Temps de Lecture 2 minute(s) 339 Vue(s) Commentaire(s)

Des détenus d’opinion dénoncent les conditions indignes de leur incarcération

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Des détenus d’opinion subissent de " graves préjudices suite à des pratiques indignes et dégradantes ", alerte Me Yamina Allili, membre du Collectif de défense des détenus d’opinion.

Depuis plus de deux ans, une vingtaine de militants kabylistes notamment croupissent encore en prison, sans procès, pour des motifs liés à une présumée appartenance au MAK, un mouvement considéré par les autorités algériennes, comme « organisation terroriste ».

Si certains ont été jugés et condamnés à la prison ferme, d’autres attendent toujours . L’on citera, entre autres, Bouaziz Aït Chebib, Kamira Naït Sid, Wissam Sifouane, Sofiane Mohdeb, Lounes Hamzi et Ferhat Hammoum.

Pis. En plus de leur incarcération arbitraire, les détenus d’opinion subissent, aujourd’hui, de « graves préjudices suite à des pratiques indignes et dégradantes », alerte Me Yamina Allili, membre du Collectif de défense des détenus d’opinion.

Dans une tribune publiée hier, mardi 31 janvier 2023, sur sa page Facebook, l’avocate s’est dite « triste et affligée » par les témoignages « frappants » des détenus d’opinion auxquels elle venait de rendre visite à la prison de Koléa.

Selon Me Yamina Allili, leurs plaintes couvrent un large éventail de pratiques « en contradiction flagrante avec les conventions internationales relatives aux conditions de détention et ratifiée par l’Algérie ». Elle cite notamment « la fouille quotidienne et sauvage de leurs affaires et la qualité lamentable de la nourriture ».

Considérant l'incarcération comme punition suffisante sans devoir subir en plus des conditions inacceptables, l’avocate relate le cas de Bouaziz Aït Chebib qui « a été transféré le 28 janvier dernier, de la prison de Saïd Abid (Bouira), vers celle de Koléa, deux jours après son procès devant le tribunal criminel de Sétif ». Une mesure qui constitue, soulignons-le, une violation au code des procédures pénales. Le transfert d'un détenu n'est autorisé que si ce dernier a été définitivement condamné.

Me Allili cite également le cas « insolite » de Sofiane Mohdeb, concernant les lettres écrites à sa famille en langue française. « L’administration est revenue vers Sofiane Mohdeb et lui a intimé l’ordre de réécrire ses lettres, mais en langue nationale seulement », indique-t-elle. Et de poursuivre : « Sofiane s’exécute en langue Tamazight », qui soulignons-le, est institutionnalisée langue nationale. Cependant, l’administration revient, à nouveau, vers le détenu et « l’autorise finalement à utiliser le français », comme si Tamazight ne l'est pas à leurs yeux.

Enfin, l’avocate soulève une autre préoccupation, à savoir « la non programmation des procès ». Un fait qui, selon elle, « amplifie davantage cette situation stressante et affecte sérieusement le moral des détenus ».

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