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Publié le : 18 Novembre, 2020 - 13:20 Temps de Lecture 7 minute(s) 404 Vue(s) Commentaire(s)

Éléments pour une politique économique de pandémie bien réfléchie afin de répondre à la crise de la Covid-19

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Le monde est aujourd’hui le théâtre d’enjeux multiples : économiques, géopolitiques et de sécurité. Depuis quelques mois il fait face à une pandémie du Covid-19 qui menace et déstabilise la paix de toutes les nations du monde entier. Elle nous inflige une souffrance humaine et elle là répand dans le monde entier. Hélas nous ne sommes pas des médecins pour stopper la souffrance humaine provoquée par covid-19. Nous sommes des économistes. Cependant, il nous semble que nous sommes tous concernés. Donc nous devons nous concentrer sur cette question. Cela se justifie par le fait que covid-19 ne répand pas seulement une souffrance humaine sur le plan médicale mais il répand aussi une souffrance économique et sur cela que nous devrions, nous les économistes, travailler pour apporter notre modeste contribution.

Les phénomènes des pandémies ne sont pas nouveaux. Rares comme événements qui ont marqué l’histoire de l’humanité, les pandémies avaient déjà affecté et surpris le monde par leurs conséquences cuisantes, par des millions et des centaines de milliers par fois de décès. Sur le plan économique, elles nous imposent beaucoup de questions auxquelles nous devons répondre et dont les recherches sont toujours en cours mais sans développer une théorie de l’économie des pandémies. Comment ces grandes pandémies affectent-elles l’activité économique ? Est ce il y a une conformité entre ce que prescrit la théorie épidémiologique et ce que nous enseigne la théorie économique ? … Beaucoup de questions qui attirent l’attention dont beaucoup reste à faire pour saisir le lien entre ces pandémies et l’économie.

L’objectif de la présente contribution est d’offrir un éclairage approfondi, une aide à la compréhension de la crise du Coronavirus et son lien avec l’économie. Dès son apparition et ses développements qui ont provoqué un choc énorme de la santé notamment dans les pays qui ont enregistré un taux de mortalité le plus élevé la pandémie de Covid-19 est devenue l’une des préoccupations majeures des économistes et épidémiologistes. L’intérêt que doit porter les économistes pour l’étude de la relation entre la pandémie de Coronavirus et l’économie ne doit pas se porter seulement sur la question des effets sur l’économie. Il faut dépasser ce questionnement pour concevoir et examiner dans quelle mesure l’économie peut constituer une réponse ou comment elle peut aider à contenir la pandémie. Au cours de cette contribution nous allons essayer de mettre le point sur la politique économique et la façon avec laquelle elle contribue à contenir la pandémie ou la manière dont une politique économique devrait répondre à la crise du Covid-19. Avant toute chose, il y a nécessité de souligner ici le lien fort entre la pandémie et l’économie. Si pour certains économistes la crise du coronavirus est entièrement liée à la politique sanitaire l’évolution de la pandémie montre de façon claire que l’ampleur et la dynamique de cette dernière dépendent aussi des choix de la politique économique qui à travers des mesures de confiance et d’incitation au confinement elle participe efficacement à contenir la pandémie et sauver des vies humaines. Dans la théorie, comme dans la réalité, en raison de l’absence d’un médicament spécifique au virus corona la seule solution pour contenir la pandémie c’est « le confinement ». Dans ce sens, pour qu’un individu décide de se confiner et se conformer aux directives de la santé publique le choix ne dépend pas seulement des facteurs médicaux. Il dépend aussi des facteurs économiques qui répondent eux même à la politique économique. Cela s’explique par le fait que l’absence d’une politique économique incitative au confinement accélère la vitesse de transmission du virus. Donc, les attentes d’une politique économique de pandémie peuvent aider à réduire la vitesse de la propagation du virus et donc de son ampleur.

Un père de famille moyenne vivant dans un pays en développement comme l’Algérie, qui possède une PME, qui reçoit un revenu mensuel bas ou qui travaille dans des activités informelles, qui a été obligé au confinement, dans sa petite maison, par le gouvernement se voit incapable de se conformer aux directives de la santé publique. C’est une situation intenable. Son travail est différent de celui d’une personne qui se trouvera capable de faire son travail en ligne par internet. Lui il est dans l’obligation de sortir, son travail nécessite un contact en face à face durant toute la journée. Dans ce cas de figure, il y a une forte probabilité de ne pas respecter les mesures de confinement dictées par les services de la santé publique. Tout comme le degré de patience d’un employé qui attend avec impatience le jour de la reprise de son travail. Ce dernier sait pertinemment que prendre le bus pour se rendre à son travail est risqué, mais se confiner et rester à la maison avec un revenu réduit et dans certains cas, comme le cas des commerçants, nul est encore plus risqué. Sa petite PME pourrait se permettre de rester fermée pour une période plus longue. L’enjeu est grand. De nos jours, personne n’est sûr de quoi que ce soit. Si le père de famille en question n’aura pas la garantie d’une reprise de l’économie après un ou deux mois au maximum il optera pour les choix particulièrement peu attrayants, peu responsables et peu respectueux des principes du confinement. A l’échelle du monde et en Algérie de manière particulière, les gouvernements sont confrontés à des choix difficiles entre l’obligation de sauver des vies humaines et les moyens de subsistance.

Mais il faut se remettre à l’évidence que même ce que fera le citoyen est aussi important que ce les gouvernements font pour déterminer comment, quand et à quel prix nous surmontons la pandémie. Par comparaison aux citoyens des familles riches les citoyens issus des couches sociales les plus défavorisées qui partent deux ou trois mois avec un salaire très bas ou nul, qui travaillent de manière informelle dans des entreprises informelles encouragent la remise en cause du confinement, car, dans ce cas, le gouvernement, du moins sur le plan théorique, peut être incapable d'identifier et d'obtenir une aide financière d'urgence pour les travailleurs et les PME qui en ont besoin afin d’influencer la population jusqu’à la fin de la pandémie. Dans ce contexte aussi, le gouvernement doit montrer ses compétences, asseoir la transparence à tous les niveaux dans l’objectif de convaincre les citoyens à se confiner jusqu’à la fin de la crise en réinventant le lien de confiance. Dans le cas contraire les citoyens peuvent ignorer la demande de rester enfermés ou de retourner au travail pour ceux qui travaillent dans les activités informelles. Un autre cas plus pire : la volonté d’une personne de renoncer à son revenu aujourd’hui dépend largement de la confiance dans les politiques du gouvernement et la crédibilité de ses annonces gouvernementales d’une éventuelle reprise. Ces éléments doivent être à la base de chaque stratégie de lutte contre la pandémie du Covid-19. Recréer un lien de confiance fort, tenir à ses promesses et afficher clairement une volonté politique d’un changement réel constitueront une garantie de la réussite de la politique économique. Car le citoyen aujourd’hui se demande pourquoi devrions nous les croire maintenant ?

Ces éléments complexes nous permettent de déterminer le type de politique économique que nous devons développer afin que nous puissions répondre à la pandémie de manière efficace. En effet, pour comprendre ce processus et comment ces éléments constituent une aide extraordinaire pour contenir la pandémie nous avons besoin de développer une politique économique des pandémies. Ceci se justifie par le fait que les théories économiques qui existaient déjà sont tournées vers l’avenir en comparaison aux théories épidémiologiques : les choix des gens aujourd’hui - y compris la décision de s’engager ou non dans des comportements à risque pouvant entraîner une infection - dépendent essentiellement de ce qu’ils attendent de l’avenir. Une politique économique des pandémies représente dans ce sens une voie loyale vers une meilleure compréhension de la crise et donc une aide aux gouvernements dans leurs luttes contre la pandémie. Autrement dit, elle est nécessaire pour bien concevoir ce que le gouvernement devrait et ne devrait pas faire pendant une pandémie. En effet, les politiques économiques peuvent non seulement atténuer les effets économiques et sociaux de la maladie, mais aussi changer la gravité de la pandémie elle-même. Cela est possible par la modification des incitations auxquelles les gens sont confrontés lorsqu'ils font des choix qui, explicitement ou implicitement, déterminent leur risque d'infection. Voilà ce par quoi on peut comprendre qu’une politique économique alternative doit prendre en considération ses effets incitatifs et son impact sur la dynamique de la pandémie. Il est important de souligner ici qu’une politique économique mal conçue peut être en contradiction avec les fermetures, les distanciations sociales et d'autres mesures de santé publique. Elle doit être bien réfléchie et mutuellement avec la politique de santé publique pour qu’elles se renforcent et réduire la gravité de la crise de la maladie.

IL y a plusieurs politiques économiques dans ce sens. Nous pouvons citer à titre d’illustration celle qui consiste à payer des personnes pour qu'elles restent à la maison pendant la période d'infection. Une telle démarche peut inciter davantage de personnes à rester à la maison, ce qui réduit la gravité de la contamination. Mais il est plus qu’important de mettre l’accent sur l’importance du volume des transferts affectés aux ménages confinés. IL doit être important de façon à éliminer la probabilité de voir tout le monde se met au travail. Cette approche peut donner des résultats inattendus surtout si elle sera complétée par des amendes pour les personnes qui enfreignent un verrouillage imposé par le gouvernement. Le gouvernement peut aussi adopter une démarche de remboursement directe pour les PME fermées pendant la phase de contagion ou sous forme d’exemption d’impôts durant la même période. Une promesse dans ce sens peut inciter les gens à rester chez eux.

Les attentes concernant les politiques économiques qui seront adoptées après la fin de la contamination et le début du déconfinement graduel sont essentielles pour influencer les choix de citoyens et les inciter à éviter le risque d’infection. Dans le même ordre d’idée, la politique à adopter doit nécessairement faire croire aux citoyens qu’elle débouchera sur des salaires plus élevés et une dynamique innovante de l’économie. De ce point de vue, elle représentera un instrument efficace pour les inciter à rester chez eux pendant la période de contagion. Autrement dit, prévoir une politique économique expansionniste à mettre en œuvre une fois le sommet de la pandémie est atteint conduira les gens à éviter l’infection. Il faut que le gouvernement lutte contre le pessimisme des citoyens car une personne pessimiste se comportera inévitablement de manière à augmenter le risque d’infection et donc la maitrise de la vitesse de transmission deviendra difficile. Un autre point d’une importance capitale : le gouvernement doit respecter ses promesses quant à la politique économique à adopter dès le début du déconfinement. La remise en cause de ces mesures sous prétexte que le coût des promesses est trop élevé ne peut aider à contenir la pandémie aujourd’hui.

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