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Publié le : 30 Avril, 2020 - 17:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 2965 Vue(s) Commentaire(s)

Fatima Ferhi sans toit depuis plus d’un an : l’affaire signe la deuxième mort de son frère Hamid Ferhi

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Pour ceux qui l’ont côtoyé tout au long de son parcours de militant de la première heure, cette affaire signe la deuxième mort de Hamid Ferhi.

Voilà maintenant plus d’un an que Fatima Ferhi, sœur du militant et ancien coordinateur national du Mouvement Démocratique et Social, feu Hamid Ferhi, est sans toit. La situation est d’autant plus difficile pour elle, au vu de l’état de confinement auquel tous les algériens sont soumis, à cause de l’épidémie de coronavirus.

En effet, dans une vidéo diffusée sur la page facebook de notre site l’Avant-Garde Algérie, Fatima dénonce l’acharnement qu’elle subit de la part des autorités, et ce, depuis le 26 novembre 2018, date à laquelle elle a bénéficié d’un logement social. «Parmi tous les habitants du quartier où je vivais, Staoueli, j’étais la seule à avoir été délocalisée dans une région différente que celle de mes anciens voisins», affirme-t-elle. Dans une parole claire et déterminée, Fatima Ferhi relate les faits qui ne laissent plus de place aux doutes. «La maison dans laquelle j’ai été relogée servait de lieu de prostitution. On y gardait même des animaux», confie-t-elle. Et de poursuivre : «j’ai fais un recours mais ce n’est qu’un an après qu’on m’a répondu par un rejet. J’ai décidé alors de retourner au logement et d’y faire des travaux avec l’argent que j’avais mis de côté. Mais qu’elle ne fut ma surprise en trouvant un homme et sa famille qui squattait les lieux. Ce dernier m’avait menacé de me le faire payer si j’essayais de l’en faire sortir. L’un des voisins m’a quant à lui, menacé de mort si je revenais».

Le 1 décembre 2019, Fatima Ferhi décide de recourir à la justice en introduisant une plainte auprès du tribunal de Cheraga. Elle fait également une déposition auprès de la brigade de la gendarmerie nationale.«Aucune réponse à ce jour», assure-t-elle, tout en appelant «les âmes charitables à m’aider pour récupère ma maison», lit-on sur la pancarte qu’elle tenait dans les mains.

Pour ceux qui l’ont côtoyé dans son parcours de militant de la première heure, cette affaire signe la deuxième mort de Hamid Ferhi. Tout le monde se rappelle des conditions de sa mort. Victime d’un accident cardio-vasculaire, Hamid Ferhi est décédé le 5 février 2019, après avoir passé les dernières heures de sa vie à l’hôpital de Beni Messous (Alger), assis sur une chaise, alors que son état nécessitait une intervention chirurgicale urgente. «Hamid a pris part à tous les combats, du PAGS, du mouvement citoyen, de Tamazight, des GLD, des chômeurs…Hamid avait fait du MDS une Agora de la société. Il a ouvert le parti à tous les algériens», avait commenté , alors, Fethi Gherras, actuel président du MDS. Et à un autre militant d’ajouter : «il s'est même battu pour que des dizaines de familles puissent bénéficier de logements sociaux à Straoueli, ce qui est réellement arrivé. Il a été exclu de la liste des bénéficiaires par les autorités qui lui ont reproché ce mouvement de contestation social. Et voir aujourd’hui sa sœur souffrir du même problème après le décès de Hamid Ferhi donne froid au dos. C’est vraiment terrible !»

Cette affaires, en tous cas, aura le mérite de nous rappeler l’étendu du mépris que l’État, nourri et a même érigé en système, contre tous ceux qui aspirent à une Algérie libre et démocratique…même après leur mort.

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