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Publié le : 27 Octobre, 2019 - 15:25 Temps de Lecture 2 minute(s) 856 Vue(s) Commentaire(s)

Grève illimitée des magistrats : un taux de suivi de 96 % annoncé par le syndicat

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Le syndicat national des magistrats (SNM) avance un taux de suivi de 96 % pour la première journée de sa grève illimitée, annoncée hier. Le récent mouvement de 3000 magistrats, décidé le 24 octobre dernier par l’actuel ministre de la justice, Belkacem Zeghmanti, a mis de l’huile sur le feu et déclenché une guerre entre le syndicat, qui compte 6000 magistrats, et sa tutelle. Instrument utilisé par le pouvoir afin de réprimer les manifestants et tenter d’essouffler la révolution du peuple, les magistrats se rebellent contre Zeghmati qu’ils accusent de«vouloir casser leur syndicat, avec la complicité du Conseil supérieur de la magistrature». «Le mouvement des magistrats a touché à plus de deux tiers du conseil national du syndicat», dénonce le SNM. Ils dénoncent «la main mise du pouvoir exécutif sur la justice et appellent à l’indépendance de cette dernière».

Cette action, qualifiée par de nombreux avocats comme «courageuse et osée», est la deuxième dans son genre depuis la début de la révolution pacifique du peuple. Les magistrats ont, déjà, pris position avec le peuple, au début du mouvement. Mais ces derniers ont disparu après le renouvellement de tous les membres de leur syndicat, remplacés par les nouveaux contestataires. Si ces derniers sont soutenus par une partie de leurs confrères avocats, d’autres dont les militants et les familles des détenus disent être sceptiques quand à leur mouvement de contestation. «Les magistrats ne se sont pas soulevés contre la pression qu’ils subissent mais pour leurs intérêts et améliorer leurs conditions socioprofessionnelles», dénonce Souad, la sœur du détenu d’opinion, Messaoud Leftissi. Et à un défenseur des droits humains d’ajouter : «Si les magistrats se disent réellement qu’ils sont du côté du peuple et de l’indépendance de la justice, qu’ils libèrent les détenus politiques et d’opinions qu'ils ont mis injustement en prison.»

Dans le même sillage, 24 manifestants arrêtés jeudi dernier, lors de la manifestations des avocats à Alger, et placés en garde à vue pendant tout le week-end, attendent depuis ce matin leur présentation devant le procureur de la République du tribunal de Sidi M’hamed, affirme le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Ce dernier, le même qui a placé sous mandat de dépôt des manifestants, des militants et des personnalités politiques et publiques, serait lui aussi en grève.

Dans un communiqué rendu public hier, dans la soirée, Zeghmati a mis en garde contre toute entrave au fonctionnement de la justice. Le ministre a menacé les magistrats de «représailles en leur rappelant qu’ils n’ont pas le droit à la grève».

Dans un autre communiqué, le président du syndicat à Tindouf, qui s’est joint à l’appel du ministre, a annoncé ce matin son refus d’adhérer au mouvement de contestation. Le SNM n’a pas tardé à réagir en annonçant la suspension et le transfert de ce dernier devant le conseil de disciplin du syndicat.

Les magistrats tiennent tête et persistent. Pour rappel, les justices du pays sont, depuis aujourd'hui, paralysées jusqu'à nouvel ordre.

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