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Publié le : 23 Septembre, 2022 - 14:45 Temps de Lecture 2 minute(s) 168 Vue(s) Commentaire(s)

Iran : face à la police des mœurs, les femmes se révoltent

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La mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs, a provoqué la colère d’une partie de la population iranienne, en particulier des femmes. Pour limiter les manifestations, les réseaux sociaux ont été bloqués.

Au moins 17 personnes ont péri dans la répression, selon un bilan d’un média d’Etat jeudi. Mais le bilan risque d’être bien plus lourd, l’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, faisant état d’au moins 31 civils tués par les forces de sécurité.

La jeune femme, originaire du Kurdistan, avait été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » par la police des mœurs chargée de faire respecter le code vestimentaire strict en République islamique, où les femmes doivent se couvrir les cheveux et n’ont pas le droit de porter des manteaux courts ou serrés ou des jeans troués. Elle est décédée le 16 septembre à l’hôpital. Selon des militants, elle a reçu un coup mortel à la tête, mais les responsables iraniens ont démenti.

Des manifestations dans une quinzaine de villes

Les manifestations ont éclaté aussitôt après sa mort, touchant une quinzaine de villes à travers le pays. «Dix-sept personnes dont des manifestants et des policiers ont péri dans les événements des derniers jours», selon un bilan donné par la télévision d’Etat qui ne donne pas d’autres précisions. Les responsables iraniens ont néanmoins nié toute implication des forces de sécurité dans la mort des protestataires.

Mais comme d’autres ONG internationales et l’ONU, Amnesty International a dénoncé une « répression brutale ». Elle a fait état «d’un recours illégal aux tirs de grenailles, billes d’acier, gaz lacrymogène, canons à eau et coups de bâton pour disperser les manifestants».

Depuis le début des manifestations, les connexions à internet sont ralenties. « Et depuis mercredi soir, il n’est plus non plus possible d’accéder à Instagram, sur décision des autorités. L’accès à WhatsApp est également perturbé », selon l’agence de presse Fars. Cette mesure a été prise à cause « des actions menées via ces réseaux sociaux par des contre-révolutionnaires contre la sécurité nationale ».

Des vidéos de femmes incendiant leur foulard

Les images les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l’on voit des femmes mettre le feu à leur foulard. « Non au foulard, non au turban, oui à la liberté et à l’égalité!», ont crié des manifestants à Téhéran, leurs slogans ayant été repris par solidarité à New York ou à Istanbul. Selon Azadeh Kian, professeur de sociologie à l’université Paris Cité et spécialiste de l’Iran, « ce qui est inédit dans ces manifestations c’est qu’on retrouve les femmes au-devant de la scène ».

Vendredi, à l’appel d’une organisation gouvernementale, des manifestations en faveur du port du voile doivent avoir lieu à travers l’Iran, notamment devant l’Université de Téhéran après la prière hebdomadaire musulmane, selon l’agence officielle Irna. Ces « manifestations visent à condamner les actions indécentes de quelques mercenaires qui ont (…) incendié des mosquées et le drapeau sacré iranien, profané le hijab des femmes, détruit des biens publics et porté atteinte à la sécurité ».

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