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Publié le : 02 Octobre, 2019 - 19:30 Temps de Lecture 4 minute(s) 4856 Vue(s) Commentaire(s)

Le député RCD, Yassine Aissiouane, démissionne individuellement de l’APN

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«J’ai décidé de reprendre ma liberté de citoyen en démissionnant de l’APN. J’en appelle à la conscience de mes camarades de l’opposition démocratique pour faire de même et être au diapason des revendications de notre peuple. Dans ce sillage, nous ne ménagerons aucun effort dans le but d'ouvrir de nouvelles perspectives avec toutes les forces vives qui souscrivent aux fondamentaux démocratiques qu'appelle la construction de l’Algérie nouvelle», déclare Yassine Aissiouane, désormais ex-député RCD, dans une déclaration parvenue aujourd’hui à notre rédaction.

Les raisons de la démission de Yassine Aissiouane, soulignées dans son communiqué, sont multiples mais d’ordre politique. Il appelle, en premier lieu, à la dissolution de l’APN, revendication qui fait l’unanimité, selon lui, chez la majotité des algériens. Mais pas que. Il exige aussi «la mise à la retraite de Gaïd Salah telle que prévue par la loi, le départ du chef de l’Etat et du gouvernement Bedoui ainsi que la dissolution du Conseil de la Nation». «La solution ne peut pas venir du cadre institutionnel actuel. Sans légitimité constitutionnelle ni populaire, les institutions existantes sont dépassées par les évènements. Il faut opérer une véritable remise à plat de toute la sphère politique algérienne. Pour accélérer l’effondrement de cet artifice institutionnel sur lequel s’appuient les spoliateurs du destin algérien, la démission des parlementaires dignes est plus que nécessaire», affirme-t-il.

Et d’ajouter : «nous avions dit que nous allions au Parlement pour exploiter la fonction tribunitienne qu’il nous offrait. Aujourd’hui, nous pouvons estimer que la mission est accomplie. Y demeurer ne peut être assimilé qu’à une compromission. Si nous avons hésité à le faire par discipline militante et tant que la décision ne nous appartenait pas personnellement, nous n’avons cessé d’alerter sur la nécessité de quitter l’Assemblée au lendemain de nos dernières interventions qui ont marqué l’opinion au déclenchement de la révolution.»

L’autre raison qui a poussé ce jeune député à la démission, et de ne plus vouloir représenté, selon lui, son parti, le RCD, est la situation qui prévaut au sein même de la formation politique de Mohcine Belabbas. Yassine Aissiouane accuse le président de son parti de «violation des statuts du RCD». «Maintenant que les statuts du parti sont violés par le premier responsable qui est sensé veiller à leur application, que des suspensions arbitraires, sans aucun motif, sont prononcées à l’encontre du plus jeune maire RCD de la wilaya de Tizi ouzou, Ahmed Haddadi et des cadres du parti, qu’il manœuvre pour lever la couverture politique au maire de Bouzeguene qui a courageusement rejeté les élections du 12 décembre 2019 à travers un courrier officiel signifié aux juges, il est temps de mettre un terme à cette situation. La discipline et la responsabilité ont des limites», s’indigne-t-il.

Et d’ajouter : «la révolution actuelle est l’œuvre du peuple. Aucune structure politique, aucune organisation, aucune association ou collectif ne peut revendiquer sa paternité. Elle est le fruit de l’audace et du génie Algériens. C’est une révolution citoyenne porteuse d’espoir. Elle s’accomplira par une transition démocratique en-dehors et contre le système en place. Les Algériennes et les Algériens veulent un nouvel ordre qu’ils façonneront eux-mêmes. Ils veulent un paysage politique nouveau où le citoyen, au centre de toute décision et action, sera le moteur du progrès. Ni les menaces de Gaid Salah ni la répression ni les interpellations arbitraires dont sont victimes bon nombre de nos camarades militants ne peuvent arrêter la marche de l’histoire.»

Selon Yassine Aissiouane, il est temps, pour les algériennes et les algériens, d’envisager d’autres formes d’actions pacifiques. Les grèves cycliques d’une à deux journées qui toucheront l’ensemble des secteurs, le non payement d’impôts, l’insoumission à la justice aux ordres du chef de l’armée sont des d’actions auxquelles il faudrait, selon lui, réfléchir rapidement. Yassine Aissouane prône l’option de la désobéissance civile pacifique, scandée, précise-t-il, par le peuple dans les différentes manifestations à travers le territoire national. «Il faut mettre cette option en perspective et dans les plus brefs délais. Le temps nous est compté», prévient-il.

«L’entrave majeure qui menace la révolution du peuple n’est autre que la mainmise de l’institution militaire sur la décision politique. Les responsables de l’armée se sont toujours arroger le droit de confisquer le pouvoir et disposer de l’Algérie comme si notre pays relevait d’une propriété privée. Quand ils ne sont pas directement la source de nos drames, ils les ont encouragés. Le principe de la primauté du civil sur le militaire est plus que jamais d’actualité. C’est ce qui est réclamé aujourd’hui avec force par le peuple. L’Algérie ne peut en aucun cas être une caserne et il est important, voire indispensable, de saisir le sens de l’Histoire. Si elle veut préserver un minimum de crédibilité, l’armée n’a d’autre choix que de se retirer du champ politique pour laisser les Algériennes et Algériens décider de l’Algérie nouvelle qu’ils souhaitent construire»,conseille-t-il.

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