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Publié le : 25 Mars, 2021 - 11:55 Temps de Lecture 2 minute(s) 1058 Vue(s) Commentaire(s)

Le théâtre en Algérie et après ? Par Ahmed Cheniki

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Il faut le dire, sans ciller, rien ne va plus depuis quelques décennies au niveau de la représentation culturelle. Le cinéma se meurt, la peinture se fait trop discrète, le livre vit des situations burlesques, le théâtre se trouve pauvrement loti dans un monde où le débat sérieux et la production intéressante sont aux abonnés absents, dans un pays condamné désormais à l’aphonie.

C’est dans ce contexte peu reluisant qu’évolue l’art théâtral. Les premiers textes législatifs de 1963 et de 1970 avaient, au moment de leur promulgation, répondu aux attentes des hommes de théâtre, mais, aujourd’hui, il s’avère que ces textes sont marqués par une certaine obsolescence. C’est du moins ce qui ressort des conclusions de nos recherches qui ont donné à voir les qualités et les insuffisances du théâtre en Algérie, en interrogeant les espaces essentiels de l’activité théâtrale et les différents lieux de la pratique : amateur, universitaire, scolaire, jeune public, «coopératif» (marqué par d’extrêmes confusions) et «privé» (jusqu’à présent clandestin). Mais l’élément nodal de la pratique théâtrale, c’est la diffusion qui pose sérieusement problème.

Ainsi, l’absence du public, ces dernières décennies, serait liée à plusieurs vecteurs : manque de professionnalisme au niveau de la promotion et des relations publiques, gestion trop bureaucratique de l’entreprise et de l’activité théâtrale, qualité douteuse des produits proposés, manque flagrant de formation des équipes artistiques et techniques, environnement peu ouvert, absence d’une politique culturelle sérieuse…

Il faut relever la situation lamentable et critique de la documentation marquée par de très sérieuses failles. Ce qui nous a incité à proposer une certaine manière de prendre en charge ce volet extrêmement important. Avec la disparition des hommes de théâtre et la dispersion des documents encore disponibles, de pans entiers de notre mémoire ont déjà sombré dans le vide et l’absence. On bavarde sur la question des archives sans entreprendre quelque action salvatrice. C’est tragique !

Ne faut-il pas réfléchir sérieusement à une véritable refonte de la pratique théâtrale en Algérie, encore trop marquée par une gestion trop bureaucratique et une organisation considérée comme tout à fait obsolète, dépassée et anachronique ? Est-il possible de redonner vie à l’expression théâtrale en l’absence d’un projet social, politique et institutionnel global et cohérent ? L’État pourrait bien contribuer à la transformation de cette réalité en partant de la nécessité de faire du théâtre un véritable service public qui interpellerait les collectivités locales, le monde universitaire et le milieu scolaire.

Il serait bon de mettre en œuvre une période transitoire permettant une meilleure prise en charge de l’activité culturelle évitant ainsi de calquer et de plaquer des pratiques étrangères, s’inspirant, certes, des expériences d’ailleurs sans évacuer le terrain, la situation concrète.

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