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Publié le : 21 Avril, 2020 - 18:45 Temps de Lecture 2 minute(s) 2501 Vue(s) Commentaire(s)

Nadia Matoub : aucune haine n'écrasera notre volonté et notre détermination à demeurer libre

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La commémoration de ce 20 avril est inévitablement différente des précédentes. Mais les événements qui y sont liés n'en sont que plus intenses puisqu’ils vivent à travers notre mémoire.

Avril, juin, octobre ou janvier : autant de dates qui participent à la construction de l'avenir de la Kabylie. Chaque événement s’impose dans l’histoire commune pour délivrer un message. Chaque événement apporte son énergie, dit sa souffrance ou son espérance.

Le printemps noir 2001 fut un printemps de sang. Nul n'oublie la douleur des familles, les images insoutenables des victimes gisant à terre. L’assassinat de Massinissa, fauché dans sa jeunesse, a provoqué la colère et l'indignation des siens. Toute la Kabylie s'est soulevée pour réclamer justice.

La violence et la haine qui animent contre nous le pouvoir algérien, ont mené ce denier à faire de ses agents des tueurs de masse. Ces manœuvres sanglantes ont démontré l’incapacité du régime à aliéner notre identité, notre existence et notre liberté nourries par l'amour et l'attachement à ce qui est Kabyle et plus largement Amazigh. Notre constance, la montagne-abri et la langue comme chaîne unificatrice font peur aux ennemis de Tamazgha.

Après la trompeuse « constitutionnalisation de Tamazight », arrive l'interdiction du port du drapeau amazigh lors des manifestations. Gardons en mémoire que, nombreux sont ceux qui ont fait de la prison pour le simple fait d’avoir, à travers ce drapeau, affirmé leur identité kabyle. Le racisme assumé ne choque plus, car peut-on attendre la justice ou le bien de ceux qui ont fait de la liberté le premier ennemi à abattre ?

Aucune fissure ne doit trouver place dans notre mémoire collective. Le présent violent du passé témoignera à jamais pour toutes les victimes. Nous avons le devoir de témoigner pour Ait Idir Rachid qui, en 1998, pour la dernière fois, ferme la porte de son foyer avec toute la force de la sourde douleur qu'il éprouve à la perte de celui qu'il aime, Matoub Lounès.

Nous devons témoigner pour Makhmoukhen Kamel qui dira 3 années plus tard, en 2001, quelques instants avant de succomber aux blessures causées par les forces armées du pouvoir algérien qu'il allait rejoindre Matoub Lounès. Chacune de ces victimes témoignera pour les autres, et nous, pour elles toutes.

Notre mémoire est douloureuse, mais nécessaire à l'accomplissement du présent et du futur en toute conscience. Aucune haine n'écrasera notre volonté et notre détermination à demeurer libre.

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