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Publié le : 31 Mai, 2021 - 11:35 Temps de Lecture 4 minute(s) 326 Vue(s) Commentaire(s)

Plusieurs collectifs citoyens dénoncent le ''tout répressif''

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Déclaration

Révoltés par le mépris et la violence affichés par le pouvoir contre des manifestants pacifiques et touchés dans leur chair par la dérive violente et autoritaire du régime, les Collectifs soussignés déclarent :

Devant la détermination du peuple à reconquérir sa souveraineté et à édifier un Etat de droit et des libertés, la stratégie multiforme et séquencée du pouvoir algérien visant à faire avorter le processus révolutionnaire démocratique de février 2019, aborde, désormais, sa phase ultime ; celle du « tout-répressif ».

Depuis quatre semaines, un déploiement massif et injustifié de la force publique a donné lieu à un déferlement aveugle de violences qui n’ont épargné ni femmes, ni hommes, ni vieillards, ni jeunes. L’objectif irresponsable férocement affiché est d’étouffer la voix du peuple en lui interdisant -par la force et au mépris des lois que le pouvoir a lui-même édictées- le droit de débattre, de manifester et de s’organiser. A nouveau, le nombre des détenus politiques et d’opinion connus avoisine les deux cent otages sur fond de milliers d’interpellations, de dizaines d’arrestations et condamnations judiciaires inconsidérément commises. Des journalistes, des universitaires, des avocats et des citoyens de toutes catégories socioprofessionnelles et tous âges qui exercent pacifiquement leurs droits fondamentaux sont victimes d’une instrumentalisation illégale et éhontée des appareils sécuritaires et judiciaires.

Le harcèlement juridico-administratif des partis démocrates semble être le sort que réserve le pouvoir de fait à tout acteur politique favorable à l’émancipation du peuple et militant pacifiquement pour une période de transition autonome. Une procédure de dissolution judiciaire est dirigée contre les partis légaux de l’UCP et du PST par une administration qui refuse même de réceptionner des documents d’huissiers. Des associations –SOS BEO et RAJ- subissent le même sort. Ouahid BENHALLA, dirigeant du MDS, accusé d’attroupement non armé à sa descente solitaire de Bus et condamné à une année de prison ferme est un cas d’arbitraire édifiant qui inaugurera -si rien n’est fait- une nouvelle ère dont le mot d’ordre serait la criminalisation de l’acte d’opposition politique. Cet état d’urgence – qui ne dit pas son nom- imposé aux citoyens, aux partis politiques et organisations de la société civile qui refusent l’allégeance à l’agenda de la contre révolution est assumé avec arrogance par les différents tenants du pouvoir et leur anciennes et nouvelles clientèles.

Une fois de plus, on déverse une campagne de propagande mensongère à longueur de colonnes et d’antennes par des médias et de pseudo intellectuels complices du déni de souveraineté fait au peuple. La normalisation autoritaire vire au totalitarisme. Une énième fois, on tente – suprême incurie- de diviser le peuple algérien pour discréditer le Hirak qui ne serait plus que le fait d’extrémistes de tous bords.

Le déferlement agressif de cette toute puissance répressive atteste du désarroi et de l’exaspération du pouvoir face à la détermination du peuple. C’est là une provocation manifeste visant à pousser les populations vers la violence, terrain où excelle le système autoritaire. Ce brutal déploiement de force nue préfigure déjà le sort lamentable que ne manqueront pas de réserver les citoyens à la mascarade électorale du 12 juin prochain. Ces faits prouvent encore, si besoin est, l’absence de toute volonté politique responsable et sérieuse chez le pouvoir quant à un changement démocratique. Elle signe l’impasse d’un agenda officiel fondé sur une approche répressive à l’égard d’une revendication légitime de démocratie portée, depuis plus de deux années, par l’écrasante majorité du peuple.

La montée des contestations socioéconomiques dans tous les secteurs, l’irresponsabilité avec laquelle est gérée la pandémie du Covid 19 à l’intérieur du pays et envers la communauté émigrée et l’insouciance cyniquement arborée au sujet du rapatriement des milliards de Dollars détournés sont d’autres indicateurs de l’échec d’un personnel dirigeant inamovible et d’un exercice gouvernemental sans envergure, ni vision. L’impasse faite sur les affaires de torture révélées par les détenus d’opinion en est une autre preuve. Au-delà de la répression du Hirak lui-même, les derniers viols de femmes à Bordj Badji Mokhtar et Biskra viols que les soussignés condamnent avec force et appellent à punir avec toute la rigueur de la Loi - achèvent de démontrer la déliquescence dans laquelle les tenants du pouvoir ont enfoncé l’Etat.

Les Collectifs soussignés qui condamnent la stratégie du pire mise en œuvre par le pouvoir, exigent la libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion, l’arrêt immédiat de la répression et le rétablissement effectif des libertés fondamentales reconnues par le droit algérien aux citoyens.

Déterminés à œuvrer pacifiquement pour l’aboutissement des objectifs démocratiques proclamés par le Hirak de février 2019, les Collectifs soussignés appellent le peuple algérien à s’attacher plus que jamais à sa Silmya et à demeurer mobilisé pacifiquement autour de sa révolution citoyenne tout en se solidarisant activement avec les victimes de la répression sans rien céder au chantage sécuritaire et aux divisions.

Alger, 31 Mai 2021


  • ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie);
  • CALMonde ( Coordination des Algériens dans le monde);
  • CAMAN (Collectif des amis du Manifeste pour l’Algérie nouvelle);
  • CCAC Tizi-Ouzou( Collectif citoyen pour l’Assemblée constituante);
  • CICC (Collectif Initiative citoyenne pour le changement);
  • CLAC( Citoyens liés par l’action pour le changement);
  • CNCC (coordination nationale pour le congrès de la citoyenneté);
  • CNCC Montréal (coordination nationale pour le congrès de la citoyenneté);
  • CRASP (Collectif de réflexion et d’action pour la souveraineté populaire);
  • FUD (Forum des universitaires pour la démocratie) , Djazairouna;
  • MMLD ( Manifeste des militants pour les libertés démocratiques);
  • NUR (Noyau universitaire de réflexion/Annaba);
  • PAP (Pouvoir au peuple).
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