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Publié le : 14 Juin, 2020 - 23:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 1144 Vue(s) Commentaire(s)

Pour dénoncer la Hogra, un jeune père de famille s’immole par le feu à Oran

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Ils ont le choix entre vendre à la sauvette pour gagner quelques sous, être au chômage ou mettre fin à leur vie. C’est là, les trois seules options que des milliers de jeunes algériens ont devant eux, à l’image de Rachid Boudjelal, qui s’est immolé par le feu, aujourd’hui, dimanche 14 juin, en plein marché de la Bastille, à Oran. La victime, père de deux enfants, a été grièvement blessé. «Rachid a été brûlé sur 70% de son corps et son pronostic vital est engagé», a confié une source locale, jointe par l’Avant-Garde Algérie.

La quarantaine entamée, Rachid Boudjelal avait un étal au marché de la Bastille, où il vendait des sandales et des chaussures, comme plusieurs de ses jeunes concitoyens qui subviennent à leur besoins, au jour le jour. Mais depuis que le confinement a été décrété, il y a trois mois, Rachid Boudjelal s’est retrouvé dans la précarité absolue, sans aucune rentrée d’argent. Aussi, à l’annonce de la levée de quelques restrictions dues au confinement, Rachid à l’instar de ses amis, avait cru que le jour de la délivrance était arrivé et qu’il pouvait enfin reprendre son activité. Mais quelle ne fut sa déception quand «un policier est venu et leur a demandé de débarrasser la place», indique-t-on. Avant de s’asperger d’essence et de mettre le feu, il s’était filmé en direct sur Facebook où il dénonçait, pour la énième fois, «la Hogra» de quelques éléments de la police locale. Cet acte de désespoir nous rappelle celui de Mohamed Bouazizi, ce vendeur ambulant qui, excédé par le poids de la pauvreté, s’était donné la mort en s’immolant par le feu, en décembre 2010, à Sidi Bouzid ( Tunisie), ce qui avait donné lieu au printemps arabe quelques mois plus tard.

Il intervient aussi, au lendemain de la levée des restrictions dus au confinement où les personnes actives dans l’informel, les travailleurs journaliers et autres catégories vulnérables, comme Rachid Boudjelal, ont été lourdement impactes. «Rachid Boudjelal, ce jeune algérien qui participait au Hirak en portant le drapeau algérien, parce qu’il voulait une autre Algérie, meilleure pour lui et pour des enfants, vient de s’immoler par le feu ce dimanche 14 juin 2020, à Oran», indique le bureau d’Oran de la LAADH, dans un communiqué publie par son vice président Kaddour Chouicha, sur son compte Facebook.

Ce dernier qui s’était rendu sur les lieux du drame, avant de rallier l’hôpital où la victime a été conduite, a révélé que «le bureau de la LAADH avait reçu une vidéo où Rachid avait déjà dénoncé , le 18 mai 2020, le comportement d’un policier envers les vendeurs d’étals et qu’il s’en était même plaint auprès de la sûreté de wilaya». «Mais cette fois-ci, la coupe était pleine, car ne voyant aucune solution à son problème, il a préféré retourner sa colère contre lui-même», indique le communiqué. Et de poursuivre : «la LAADH sait que tout est fait pour empêcher que la vérité soit connue et que la soumission au pouvoir soit totale mais beaucoup d’algériennes et d’algériens puisqu’ils sont et resteront des citoyens libres même derrière les barreaux».

Il est utile de souligner que le vice-président du bureau de la ligue des droits de l’Homme a, en outre, demandé, dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, à «ce qu’une enquête soit diligentée pour connaître les tenants et aboutissants de ce drame».

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