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Publié le : 08 Octobre, 2019 - 18:30 Temps de Lecture 2 minute(s) 681 Vue(s) Commentaire(s)

Retour sur le vécu et les charges retenues contre Said Boudour, libéré provisoirement hier à Oran

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«Convoqué, dimanche 5 octobre dernier, par la police du commissariat central d’Oran afin de recevoir une soi-disant convocation envoyée d’Alger, Said Boudour a été finalement retenu dans ce commissariat», précise Me Badi Abdelghani, lors de la conférence animée conjointement hier avec ses confrères et consœurs défenseurs des droits humains au siège de SOS Disparus à Alger. Et d’ajouter : «il s’agit, selon ce que m’a dit Said Boudour avant sa présentation, d’écrits sur les réseaux sociaux.»

Effectivement, il s’agit d’écrits du journaliste sur les réseaux sociaux. Sauf que l’affaire n’a jamais été programmée à Alger. Les policiers ont, donc, menti. C’était un piège pour l’arrêter après une tentative d’interpellation avortée. Said Boudour, journaliste et défenseur des droits humains, membre du bureau de la Laddh à Oran et du comité Anti-répression qui défend les manifestants et les militants interpellés ou inquiétés par la justice, a été placé en garde à vue et interrogé toute la nuit du dimanche à lundi, avant d’être présenté le lendemain au tribunal Cité Djamel.

Mais il n’était pas seul dans cette affaire. Le lanceur d’alerte oranais, Noureddine Tounsi, ancien fonctionnaire du port d’Oran, licencié pour ses révélations, a été convoqué lui aussi pour comparaître dans un dossier commun avec Said Boudour. Lui aussi, la police l’a invité à se représenter à la justice afin de recevoir une plainte le concernant. Arrivé, il découvre que cette dernière était finalement déposée contre lui, contrairement à ce qui lui a été dit par la police.

Comme au temps des journalistes poursuivis en justice en avril 2018, dont une partie a fait de la prison et durant lequel ces deux militants ont été entendus à Alger avant d’être remis en liberté, Said Boudour et Noureddine Tousni ont été accusés de «chantage» dans ce dossier commun.

Pour les deux autres dossiers qui ne concernent, cette fois-ci, que Said Boudour, ce dernier a été accusé d’«insulte à l’encontre d’un journaliste de l’APS, dans le premier et d’affaiblissement du moral de l’armée, d’atteinte à l’unité nationale et d’appel à la désobéissance civile, dans le deuxième», confie Me Belkacem Naït Salah, l’un des sept avocat qui les ont défendu, hier, à Oran.

Un rassemblement de solidarité avec les deux prévenus a été organisé, hier, devant le tribunal. Il a été maintenu jusqu’à la libération des deux militants. Des dizaines de personnes ont participé à l’action dont plusieurs militants d’Oran, dont le président du bureau de la Laddh dans cette ville de l'Ouest, Kadour Chouicha, et d’autres militants et amis du journaliste, venus des autres wilayas du pays, à l’instar du député démissionnaire du RCD, Yacine Aissiouane et le journaliste, Idir Tazerout, venus de Tizi Ouzou ainsi que le militants démocrate, Abdelkrim Zeghileche, venu, lui, de la wilaya de Constantine pour participer à l’action de solidarité.

La justice a fini par accorder «la liberté provisoire pour Said Boudour et Noureddine Tounsi». «C’est une liberté provisoire sans conditions. Cela veut dire qu’ils ne sont placés sous contrôle judiciaire», affirme Me Belkacem Naït Salah. Et d’ajouter : «leurs dossiers sont au niveau du juge pour instruction.»

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