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Publié le : 15 Février, 2020 - 13:15 Temps de Lecture 2 minute(s) 1004 Vue(s) Commentaire(s)

On tue le théâtre et on le célèbre par un Festival

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Le pouvoir veut signer son retour sur le terrain à Bejaïa par la culture. C’est la pire des choses que nous puissions vivre en cette période prérévolutionnaire. Le ministère de la Culture, issu d’un gouvernement illégitime et désigné par l’armée, prévoit d’organiser un Festival international du théâtre, du 15 au 20 février 2020, que s’apprête à abriter le Théâtre régional de Béjaïa (TRB). Ce Festival donnera aussi l’occasion au Wali, chef de Daïra et élus APC/APW, de se redéployer sans qu’ils n’eussent apporté quoi que ce soit au domaine de la culture. Dans le contexte où le peuple réclame haut et fort son indépendance, il n’est nul besoin que le ministère de la Culture puisse continuer à imposer un Festival dont il garde encore et toujours le monopole de la conception.

Plusieurs incohérences majeures caractérisent ce Festival. Primo. La nomination à la tête de ce Festival d’un membre du défunt panel de Karim Younès, en l’occurrence Slimane Benaïssa, même si on lui reconnaît le fait d’avoir donné ses lettres de noblesse au théâtre indépendant à travers sa riche production. Mais, aujourd’hui, le peuple en lutte veut rompre avec le personnel voulant servir de relais à un système qui a ruiné le pays. Secundo. Depuis des dizaines d’années, le pouvoir a tout fait pour tuer le théâtre, car cet art est considéré comme étant subversif. Il n’y a d’ailleurs ni théâtre ni public théâtral. On aurait tant voulu, pour que le 4ème art pût connaître son essor, qu’il soit introduit à l’école, enseigné à l’université et dans des écoles spécialisées.

Tertio. La mise à mort du théâtre indépendant pour cause de son interdiction de se produire dans les Théâtres régionaux a aggravé encore plus la situation. À quoi bon alors célébrer un art dont on a tout fait pour le faire disparaître de nos tréteaux ?

L’hypocrisie officielle doit cesser. Nous devons rejeter cette farce que l’on paye en plus avec notre argent. Enfin, nous exigeons que le théâtre d’État soit affranchi des injonctions officielles. Le théâtre est un art libre ; que le TRB soit ouvert tout de suite au théâtre indépendant ; que le TRB soit ouvert à tous les créateurs et toutes les activités artistiques et culturelles ainsi qu’aux conférences libres sans que des entraves administratives ou policières n’en soient dressées. Que la police politique n’ait plus à donner des instructions aux responsables des établissements culturels.

Le Théâtre de Béjaïa appartient au PEUPLE, pas au POUVOIR.

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