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Publié le : 06 Janvier, 2020 - 17:00 Temps de Lecture 4 minute(s) 712 Vue(s) Commentaire(s)

Un chantage à la liberté pour mettre en danger la révolution

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Le régime, à défaut de s’emparer d’une occasion historique de délivrer l’Algérie d’un système politique liberticide, dictatorial et corrompu, à défaut de volonté de sortir grandi et à moindres frais d’une Révolution dont il mise par erreur sur l’essoufflement, il continue d’user de toutes sortes de subterfuges, de manigances et de manipulations pour tenter de sauver une junte qui a mené l’Algérie à la faillite, qui l’a soumise au ridicule, jusqu’à l’exposer à l’ingérence étrangère et la main mise de pays comme les Émirats et le Qatar et d’idéologies fascisantes.

Si ce n’était grâce à un peuple extraordinaire, responsable, civilisé qui par ses manifestations pacifiques, mixtes, colorées, l’Algérie serait aujourd’hui gouverné par un grabataire et ferait encore la risée du monde. Certes, nous avons évité le 5ème mandat de Bouteflika mais nous continuons à subir sa junte, son héritage politique, ses clientèles corrompues, ses hommes, ses incompétences et sa culture du déni de responsabilité.

Depuis quelques jours, un président illégitime a été désigné. En effet, la constitution a été enterrée le 9 juillet 2019 par la junte elle-même, par son entêtement à rester sourd aux revendications de liberté et son refus d’appliquer ses articles 7 et 8 qui prévoyaient un retour à la souveraineté populaire. Piégé par son propre jeu et sa surdité chronique, la junte a bâti son propre tombeau. De ce fait, toutes les nominations et actions politiques postérieures à cette date sont caduques, ses élections illégales et ses institutions législatives et exécutives illégitimes.

Le chantage face à la persistance de la Révolution, face à la détermination populaire de se libérer de ses dictateurs, d’opérer à une rupture radicale et démocratique du système, face à une mobilisation ininterrompue, le pouvoir tente depuis le début du Hirak de diviser les Algériens par divers procédés, tous plus indignes et dangereux les uns que les autres. Après avoir utilisé les facteurs identitaire, religieux, militariste, terroriste, les Baltagui, le séparatisme, la mort d’un dictateur, la répression, les arrestations, le pouvoir n’a plus que deux armes à nous opposer : les infiltrés encore nombreux parmi nous et les détenu.e.s politiques qui s’avèrent être des otages politiques comme l’avait prédit le génie populaire dès les premières interpellations et que le pouvoir tente d’utiliser comme monnaie d’échange.

Un véritable chantage à la liberté est opéré par le chef d’État désigné qui en soufflant le chaud et le froid, en donnant l’illusion de libérations alors que la plupart des libérations correspondent à des peines purgées dans leur totalité et les autres à des libertés provisoires sans acquittement ni blanchiment avec des procès retardés au maximum. Un chantage à la Liberté par l’élargissement d’une petite partie des détenus dont le charismatique Lakhdar Bouregaâ mais en maintenant la Grande majorité en détention, faisant miroiter leur libération à la condition d’accepter un dialogue qui ressemblera plus à une mise en scène démocratique qu’à une remise des clefs du pouvoir ou à un système politique civil, libre et démocratique.

Une armée de réserve du Régime, la dernière, “les infiltrés” provenant dans sa grande majorité des officines secrètes du pouvoir, quelques “fatigués de la bataille” est mise en action pour appeler à une “structuration du Hirak”, à un parti du Hirak et aller vers un dialogue qui n’est en fait qu’une demande officielle de reddition exprimée par le pouvoir. Ces infiltrés sont souvent les plus zélés de la Révolution, parfois les mieux informés et souvent reconnaissables par leur passé récent et moins récent où ils ont exercé avec zèle des fonctions dans des institutions publiques stratégiques mais aussi dans des entreprises privées dans le secteur économique, dans le secteur de l’information et qui ont activement participé à la promotion du règne de Bouteflika, parfois sous un objectivisme de façade, un soutien critique mais toujours dans un objectif de participation à la redistribution de la rente.

Il ne s’agit pas de jeter la pierre à tous, à la majorité honnête et sincère mais à certains profils connus et reconnus car effectivement la collaboration avec le régime fait très souvent l’objet de récidive.

Il y a quelques mois, j’écrivais que le Pouvoir et ses médias nous désignaient à la fois nos ennemis mais aussi nos représentants. Nous devons, si nous voulons préserver la Révolution et gagner la libération, faire acte de vigilance et de résistance face aux manipulations du régime déguisées en appel à la raison de certaines parties décrites plus haut. La révolution doit continuer. Le Peuple n’a pas besoin de tuteur, la Révolution non plus. Son caractère spontané, son organisation unitaire et consensuelle a su déjouer toutes les tentatives de division.

La Révolution doit continuer jusqu’à ce que le régime accepte de négocier son départ et démontre sa volonté réelle de transférer le pouvoir à la légitimité populaire, à un système démocratique et plurielle sans exclusion ni atteintes aux libertés collectives et individuelles. Seul le départ du régime, la mise en place de mécanises d’alternance au pouvoir, la pluralité politique et l’assurance d’une justice égalitaire seront pourvoyeurs de liberté aux Algériens et de libération à l’Algérie.

Le combat continue, La révolution pacifique continue pour l’objectif d’une Algérie définitivement debout plus jamais au garde-à-vous, pour une Algérie libre et démocratique.

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