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Publié le : 03 Octobre, 2019 - 18:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 837 Vue(s) Commentaire(s)

Zakaria Boussaha, ce jeune militant du Hirak harcelé par les services de sécurité à Annaba

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Il n’a que 24 ans, mais il a déjà le vécu d’un guerrier. À Annaba, pas un vendredi ou un mardi qui passe sans que Zakaria Boussaha ne subisse le harcèlement des policiers ou des gendarmes. Sensible aux questions des droits humains et soucieux de l’avenir du pays, Zakaria, ce jeune militant actif du mouvement populaire, est très présent aussi sur les réseaux sociaux où il est journaliste-citoyen et lanceur d’alerte. Il partage, recoupe et écrit toutes les informations liées aux militants et manifestants inquiétés ou emprisonnés, notamment sur une page facebook qu’il a créée spécialement pour cet objectif. Il défend l’État civile et non militaire. Et comme beaucoup de jeunes activistes du Mouvement, il se bat pour que l’Algérie devienne un État démocratique et de droit.

Les ennuis de ce jeune ne s’arrêtent pas là. Le vendredi 21 septembre dernier, Zakaria échappe, vers 15h, à une tentative d’arrestation par la police d’Annaba. Pensant qu’il passerait cette nuit du 31ème vendredi des manifestations du peuple, chez lui, Zakarai se fait interpellé, la nuit-même, par la gendarmerie nationale. Il a été placé en garde à vue durant plus de 24h à la Brigade d’El Hadjar, durant lesquelles il a été interrogé sur ses activités de militant et de cyberactiviste.

Une alerte a été donnée, ce jour-là, sur sa disparition. Mais personne ne savait où il se trouvait. Il n’a donné signe de vie que quelques jours plus tard.

Joint par l’Avant-Garde Algérie, Zakaria affirme qu’«il a été placé sous contrôle judiciaire et sommé de se présenter chaque dimanche pour signer sa présence auprès de la gendarmerie d’El Hadjar». «On m’a confisqué mon téléphone et on m’a interdit tout usage d’appareils électroniques !», confie-t-il. Il raconte qu’il a été présenté le lendemain, samedi, devant le juge d’instruction qui «s’est moqué de son niveau d’instruction». «Ce juge a demandé mon niveau et je lui ai dit que j’ai arrêté les études en première année lycée. Il s’est retourné vers moi et il m’a dit : comment un type comme toi peut-il critiqué les décisions des juges ? Tu ne leur arrives même pas à la cheville !», témoigne Zakaria.

Accusé d’«outrage à corps constitué, de sous-estimation des décisions de justice, d’incitation à attroupement et de détention et diffusion d’écrits portant atteinte à la sécurité de l’État», Zakaria n’a même pas le droit d’utiliser, depuis, les réseaux sociaux.

Il ignore encore où le mènera cette affaire. Mais ce qui est sur, est qu’il vit une période d’isolement très difficile. Il craint qu’il soit de nouveau interpellé ou même emprisonné.

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