IMG-LOGO
Accueil Chroniques La junte militaire tente de domestiquer les médias
Publié le : 13 Mai, 2020 - 19:35 Temps de Lecture 3 minute(s) 777 Vue(s) Commentaire(s)

La junte militaire tente de domestiquer les médias

IMG

Le stalinisme médiatique de Tebboune défriché par El Watan dans une chronique paru ce jour m'a inspiré ces mots que je vous livre ici...

Distribution des rôles au sein des journaux qui gardent parfois leur liberté de ton sous l'impulsion de certains actionnaires et quelques journalistes téméraires. Le Bon, la brute et le Truand, tout cela pour une poignée de dollars… Voila à quoi jouent aujourd'hui les derniers résidus d'une presse libre menacée par la crise économique. Est-ce le prix à payer dans le Western médiatique reconfiguré par la pseudo nouvelle ANEP et la pression qu'elle est chargée d’exercer sur les journaux pour donner l'image d'une liberté illusoire dans la Nouvelle Algérie ? Pléonasme de dictateurs pour la dictature la plus violente et la plus indigne de la planète. Un chantage de la régie publicitaire d’État qui cache mal son jeu auquel la presse doit se plier ou disparaître…

La junte militaire veut domestiquer les médias

À la différence du combat contre le terrorisme intégriste qui ciblait les journalistes et qui a vu nombre des membres de cette profession disparaître sous la lame et les balles des amis d'Ali Benhadj ; aujourd'hui, l'ennemi n'est plus au maquis mais dans les casernes. Un combat plus difficile à assumer pour certains, un échec largement partagé pour d'autres.Aujourd'hui, le silence assourdissant de certains médias sur les atteintes généralisées et violentes exercées aux libertés en général et à la presse en particulier par le régime me permet de poser légitimement la question de la sincérité du combat de certains responsables de journaux pendant la période du terrorisme alors que leurs rédactions étaient particulièrement ciblées et victimes de la Barbarie intégriste. Une période appelée "décennie noire" comme si les années Bouteflika et celle qui suit depuis une année constituaient des années roses. Ce sont plutôt des années blanches pour les libertés.

En attendant, des journalistes et des centaines de militants sont en prison, des milliers d'activistes et de simples citoyens sont harcelés quotidiennement par la police politique pour des écrits et parfois de simples commentaires sur facebook. En contrepartie, pas une ligne, pas un mot sur ce qu'on ne peut plus qualifier de dépassement quand il s'agit d'un véritable acharnement institutionnel contre les droits de l'Homme. Pire, certains journaux ont décidé de faire taire la Révolution des Algériens pour la liberté, ce que d'autres appellent le Hirak en cessant de couvrir la fabuleuse marche du peuple Algérien vers la liberté qu'un pouvoir illégitime veut aujourd'hui récupérer à son compte en l'inscrivant dans la constitution.

Comment ces journaux en sont arrivés à ce niveau d'indignité car c'est bien de cela qu'il s'agit quand on a assidûment fréquenté, hébergé et pleuré les plumes de Tahar Djaout, Saïd Mekbel, Allaoua Aït Mebarek, Saïd Tazrout, Omar Ourtilane, Hamid Mahiout, et tous les autres… Plus d'une centaine de journalistes ont été assassinés pour qu'aujourd'hui les incarcérations des journalistes Khaled Drareni, Sofiane Merrakechi, Saïd Boudour, Belkacem Djir soient passées sous silence et ne suscitent ni émoi ni solidarité de la profession.

"... Faut-il avec nos dernières larmes bues oublier les rêves échafaudés un à un sur les relais de nos errances, oublier toutes les terres du soleil où personne n'aurait honte de nommer sa mère et de chanter sa foi profonde oublier oh oublier..." disait Tahar Djaout.

Tahar Djaout, le premier journaliste Algérien assassiné par les GIA. Ces Silences de la profession résonnent certainement comme une désolation à l'âme de celui qui avait refusé de se taire.

Catégorie(s) :

Laissez un commentaire

S'abonner à notre Bulletin d'Informations

Chaque week-end, recevez le meilleur de l'actualité et une sélection d'événements en vous inscrivant à notre bulletin d'informations.