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Publié le : 06 Octobre, 2020 - 13:50 Temps de Lecture 2 minute(s) 185 Vue(s) Commentaire(s)

Pour la construction d'un parti des travailleurs communiste révolutionnaire

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Ni État militaire, ni religion d'État, ni État bourgeois

     **Pour l'émancipation des peuples par l'abolition du capitalisme**

Voilà plus d'un an que le milieu militant de la diaspora algérienne continue de se réunir sur l'élan de la révolte qui a débuté le 16 février à kherrata dans la région de Kabylie, et qui s'est étendue à l'échelle nationale à partir du 22 février. Le rejet du 5e mandat de Bouteflika était unanime, mais le projet politique jusqu'à aujourd'hui reste encore au balbutiement tant il mélange des idées contradictoires, inconciliables, donc forcément conflictuelles. Vouloir réconcilier l'archaïsme religieux avec la modernité, la prédation capitaliste avec les intérêts et les libertés des travailleurs algériens... Assurément, dans ce gloubi-boulga, la conscience de lutte de classe tarde à naître, mais cette gestation est entravée par un milieu militant algérien idéologiquement dans l'impasse. Cependant, dans ce flou idéologique, un slogan précise un peu plus les choses et permet de rebondir sur ce qui manque, ce slogan et celui du " ni militaire, ni islamiste" bien qu'il nous renvoie aux années 1990 où le danger réel du fascisme religieux servait aussi d'épouvantail pour occulter la lutte des classes. Le titre de cet article est une réponse explicite à la droite mais aussi à une social-démocratie qui a l'habitude historique de discréditer les vrais luttes sociales préférant des débats sans fin sur la démocratie.

Ainsi donc, "l'État de droit" est le mantra qui domine la majorité des discussions, et met au second plan, du moins à la place de la République de Paris, les luttes concrètes pour un État d'émancipation tel que le font de manière exemplaire les ouvriers de Numilog qui est une filiale de l'entreprise Cevital. La lutte de ces ouvriers pour leur droit d'organiser un syndicat donne un panorama de ceux qui préfèrent défendre la bourgeoisie locale, sous prétexte qu'elle soit incarnée par un patron kabyle : Rebrab. Les défenseurs des " préalables démocratiques " qui n'ont aucune conscience de la lutte des classes, ou qui l'occulte exprès, préparent forcément un appareil d'État qui ne servira que les riches en fin de compte. Quant au nationalisme kabyle, qui est une autre impasse dont on dois dire un mot, il est bien sûr une réaction face aux tentatives d'arabisation et au fanatisme religieux rampant mais il pousse la Kabylie au repli sur soi et à la fatalité. L'indépendantisme kabyle et un autre flou politique, et même si la laïcité est revendiquée clairement, le slogan du " ce n'est pas le moment pour la politique" qu'on retrouve dans Ḥirak, existe aussi dans ce courant qui souhaite reproduire un État qui a tous les critères pour servir une bourgeoisie kabyle mais au détriment des travailleurs kabyles.

Les kabyles peuvent se prendre en charge et sauver leur culture sans faire sécession, mais en rejoignant la perspective de la lutte des classes ! Il faut se battre pour l'émancipation de tous les travailleurs d'Algérie et pas simplement pour que le policier qui nous contrôle ou le patron qui nous exploite nous engueulent en kabyle plutôt qu'en arabe.

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