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Publié le : 18 Mai, 2020 - 19:25 Temps de Lecture 3 minute(s) 1529 Vue(s) Commentaire(s)

Abdelkrim Zeghileche entendu par la police, l’affaire de Mustapha Bendjama reportée

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L’opposant politique et fondateur de la radio-web Sarbacane a été entendu, ce lundi, par le service de cybercriminalité de la police de Constantine. Il est ressorti cinq heures plus tard.

Abdelkrim Zeghileche devient un habitué des couloirs des commissariats et des tribunaux. Pour la huitième fois au moins, le militant constantinois a été convoqué par la police, ce lundi. Motif ? Ses liens avec le mouvement "Perspectives Algériennes ", une initiative née de la révolution populaire du 22 Février et dont il est un membre actif aux côtés d’au moins 300 citoyens et militants dont des personnalités politiques, journalistes, universitaires, etc. «Pendant plus de cinq heures, on m’a interrogé sur l’initiative Perspectives Algériennes, ses objectifs, ses membres et ses fondateurs. Ce sont des questions dont les réponses étaient toutes sur la page Facebook du mouvement, ce que j’ai répondu d’ailleurs», confie Abdelkrim Zeghileche pour l’Avant-Garde Algérie, joint par téléphone.

Réagissant à la convocation de l’un de ses membres, l’initiative "Perspectives Algériennes " a publié hier, sur sa page Facebook, un communiqué où elle dénonce «la répression s’installant comme seul projet politique d’un système honni par tout le peuple». «Nous n’avons d’autres choix que la poursuite du combat jusqu’à la destruction finale de toute la mafia au pouvoir», indique le mouvement dans son communiqué . Et de rappeler : «si nous sommes sortis par millions le 22 février 2019, ce n’est certainement pas pour remplacer un gang par un autre, mais pour le changement radical du système».

Mais peut-on dire que c’est la première fois que Abdelkrim Zeghileche est entendu par le service de cybercriminalité de la police judiciaire dans une telle affaire ? Non ! Il faut remonter à fin 2018, pour trouver un cas similaire avec le même motif : Mouwatana ; et avec le même objectif : obtenir des informations sur les membres du mouvement. Pour rappel, le fondateur de Radio Sarbacane avait été arrêté à plusieurs reprises, à la suite des appels lancés par le mouvement Mouwatana pour des rassemblements contre le 5ème mandat, notamment dans la wilaya de Constantine.

Affaire Mustapha Bendjema reportée

Par ailleurs, l’audition du journaliste et rédacteur en chef du quotidien régional Le Provincial, Mustapha Bendjema, par le tribunal correctionnel de Annaba, a été reportée à une date ultérieure. La décision a été introduite à la demande du collectif de défense du journaliste- ce dernier dans l’impossibilité de s’y présenter, a déclaré ce dernier à l’Avant-Garde.

Mustapha Bendjema devait, pour rappel, être entendu par le juge d’instruction dans une affaire liée à une publication Facebook sur «l’armée nationale» remontant au mois d’Avril 2019, dans laquelle ce dernier affirme «avoir exprimé le souhait, en ma qualité de simple citoyen, inquiet pour l'Algérie, de voir l'armée nationale populaire (ANP) maintenir son soutien au peuple». «J'ai aussi exprimé le souhait que l'armée parle franchement dans ce sens afin que nul n'ait plus aucun doute sur les intentions de l’institution militaire»*, a-t-il affirmé.

Situation préoccupante

Il n’est plus à rappeler que depuis plusieurs mois, nous observerons une escalade inédite de la répression contre militants, activistes et journalistes. Certains ont même été incarcérés comme, entre autres, de Khaled Drareni, Sofiane Merakchi, Belkacem Djir, Samir Belarbi et Walid Kechida. Certes, cette liste n’a pas valeur d’exhaustivité, mais elle renseigne au moins une chose : «l’inquiétante dérive des pratiques du pouvoir». C’est une nouvelle ère ou «l’atteinte à l’unité nationale» est devenue argument-clé pour empêcher tout débat public et sert d’épée de Damoclès pour dissuader tout ceux et toutes celles qui osent porter des critiquer au pouvoir ou refusent de s’y soumette.

C’est en tous cas ce que ressentent Abdelkrim Zeghileche et les militants qui continuent à lutter pour un réel État de droit et une justice indépendante malgré tout ce que cela implique, notamment pour leur famille et leur entourage.

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