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Publié le : 18 Décembre, 2020 - 16:05 Temps de Lecture 3 minute(s) 335 Vue(s) Commentaire(s)

Affaire du célibatorium d’Aokas pour laquelle des lanceurs d’alerte seront jugés ce dimanche 20 décembre à Béjaïa : Les militants poursuivis expliquent l’affaire

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Procès en appel des neuf militants associatifs ce 20 décembre 2020

Ce dimanche 20 décembre 2020, sera rejugée l’affaire du célibatorium d’Aokas (26 km de Bejaïa) suite à l’appel interjeté à la fois par le procureur près le tribunal de Béjaïa et la partie adverse.

Pour mieux comprendre la genèse de cette affaire, nous devons remonter jusque dans les années 1980. Il existait à cette époque une auberge de jeunes transformée provisoirement durant la décennie 1990 en une Unité d’Intervention des CNS (Compagnie Nationale de Sécurité) qui devait intégrer l’école de police de Oued-Ghir (10 km de Béjaïa) dont les travaux prirent fin au début des années 2000.

Malgré l’ouverture de cette École, l’Unité d’Intervention des CNS d’Aokas n’a pas tenu sa promesse et refusa de quitter les lieux. La population locale vécut cet abus de pouvoir comme une grave offense à leur dignité. Pire encore, récemment, la DGSN (Direction Générale de la Sûreté Nationale) a envisagé de réaliser un projet d’extension de l’Unité d’Intervention des CNS pour ériger un célibatorium (lieu d’hébergement de CNS). Le projet est mené sans tapage. Mais la population d’Aokas réagit vite.

Plus d’une vingtaine d’associations se mobilisèrent pour crier haro. L’APC a aussi actionné deux mises en demeure au promoteur du projet pour arrêter les travaux engagés d’ailleurs sans permis de construire. La population d’Aokas s’oppose énergiquement à ce projet, car pour elle il s’agit d’une opération de militarisation de l’espace urbain qu’elle ne saurait admettre d’autant qu’il existe dans cette ville balnéaire un nombre excessif de structures sécuritaires : brigade de gendarmerie au centre ville (2 hectares environs), un commissariat, une Unité d’Intervention de CNS (appelée école de police), petite caserne sur la route du cap Aokas, un centre de repos de la police dans la bande boisée, une cité d’habitation de police, une autre cité militaire…

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Au lieu de cette panoplie de casernes, la population exige plutôt qu’il y ait des infrastructures d’utilité publique, telles que des écoles, des structures culturelles, sanitaires, sportives, des espaces verts…Mais, les autorités n’entendent pas les choses de cette oreille. Leur mépris du peuple poussa le Wali (par obéissance aux décideurs) délivre un permis de construire pour poursuivre les travaux du célibatorium.

La volonté populaire se trouve dangereusement piétinée

Le mouvement associatif se mobilise. Les 21 et 23 mars 2019, la population d’Aokas organise une marche de protestation. Suite à ses actions populaires, le Wali, le promoteur du projet ainsi que la Direction de l’équipement Public (DEP) lancent des poursuites judiciaires contre neuf militants associatifs, les accusant :

  1. d’opposition violente, attroupement et menaces contre des travaux ayant bénéficié d’une autorisation ;

  2. Destruction de biens d’autrui.

Le 16 janvier 2020, les prévenus passent pour la première fois en justice à Béjaïa. Par solidarité, la ville d’Aokas observe une grève générale. Les 240 travailleurs de l’APC font grève aussi. Un grand rassemblement eut lieu devant le tribunal de Béjaïa qui les acquitta dans la liesse générale. Mais, ce soulagement ne dura pas si longtemps, puisque et le procureur de la république et la partie adverse ont fait appel. Ce dimanche 20 décembre 2020, l’affaire sera à nouveau rejugée. Cette nouvelle conjoncture marquée par le confinement sanitaire subséquent à la propagation du coronavirus, sera-t-elle exploitée par les autorités pour sévir contre des militants associatifs n’ayant comme seul tort que d’avoir lutté pour l’intérêt exclusif de leur belle ville et sa population ?

La conscience des militant-e-s est à nouveau interpellée face à ces sempiternelles pressions judiciaires.

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