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Accueil À la Lutte Algérie : la lente et dangereuse agonie du régime
Publié le : 25 Septembre, 2020 - 21:15 Temps de Lecture 3 minute(s) 788 Vue(s) Commentaire(s)

Algérie : la lente et dangereuse agonie du régime

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En continuant de s’agiter et de s’exciter autour d’un banal documentaire d’une chaîne de télévision étrangère, le ministre algérien de la communication, un certain Ammar Belhimer, apporte une preuve de plus que le pouvoir, qu’il est en train de servir, agonise lentement mais dangereusement.

À chacune de ses sorties, le Monsieur Propagande de la junte d’Alger, et il n’est pas le seul à le faire, étale aux yeux du monde entier que le gouvernement auquel il appartient n’est ni légitime ni en mesure de diriger un pays. Celui qui espérait contrer l’effet médiatique du documentaire de M6 en programmant, à la même heure et sur son principal outil de propagande ; l’ENTV, un entretien médiocre et truffé de mensonges et de contre-vérités de son Président, n’est visiblement pas arrivé au bout de ses peines. La fragilité et la fébrilité du régime ne sont plus à démontrer, elles sont palpables à chaque fois que l’un de ses larbins entreprend une action ou une réaction. La Régence titube, vacille et tangue au passage de chaque appel d’air provoqué par une déclaration, un commentaire ou une publication sur les réseaux sociaux.

La précarité et l’inconsistance du pouvoir sont si extrêmes que le régime ne se rassure que s’il arrive à obtenir le silence absolu et l’inertie totale de la société, des opposants et des activistes politiques. Un niveau d’exigence qu’il est difficile, voire impossible d’atteindre sans la mobilisation des moyens de l’État et sans l’instrumentalisation grossière et scabreuse des institutions du pays. Une dérive totalitaire et dangereusement inconsciente qui remet en cause l’intégrité du pays et menace sérieusement son existence. L’instrumentalisation à outrance de l’institution militaire et son implication dans la sphère politique a franchi, ces derniers jours, un cap dangereux en s’engageant, sans réserve et sans pudeur, dans une campagne électorale pour soutenir et imposer le référendum sur le projet de la constitution.

Belhimer par-ci, Chengriha par-là. Les gesticulations de M. Belhimer et ses sorties médiatiques outrancières sont complétées et appuyées par les pérégrinations du chef de l’Etat-major, à travers le pays, et ses longs discours qui sonnent et résonnent comme du déjà entendu. M. Chengriha ne manque pas de rappeler, avec maladresse et indécence, que sa mission s’inscrit dans la droite ligne que celle de son prédécesseur. En assumant ouvertement et publiquement son implication et celle de l’institution qu’il dirige, dans le processus référendaire en cours, le Général prend la responsabilité d’engager et de positionner l’Armée nationale dans un parti pris politique ouvert contre le peuple. Une conduite d’une dangerosité et qui apporte une autre preuve de la vulnérabilité de ce régime et de l’importance historique que revêt ce référendum pour sa survie. Il faut dire qu’en matière de projet et de perspective d’avenir, la junte ne propose au peuple rien à se mettre sous la dent. L’avenir du pays est réduit à une seule date : le premier novembre et plus rien d’autre à l’horizon.

Prise au piège par sa gestion autoritaire et aléatoire, la junte au pouvoir est incapable de se projeter au-delà d’une période de deux mois. Gravissime ! Visiblement préoccupé par la chasse aux militants et par l’état de santé de son allié providentiel, en l’occurrence la pandémie du Covid-19, la Régence d’Alger ne sait plus comment regarder vers l’avenir. Elle entraîne, par son despotisme et son ostracisme, le pays dans un immobilisme structurel dont les conséquences risquent d’être fatales. De son avenir immédiat, l’Algérie n’est donc fixée que sur une échéance : le référendum sur la constitution prévu pour le premier novembre prochain. Ailleurs et à tous les niveaux ; économique, social, culturel et autres, c’est le flou total et l’incertitude absolue.

L’absence de date officielle prévue pour la prochaine rentrée scolaire et universitaire ne peut que confirmer la gravité de la situation actuelle. Cette incurie et cette forfaiture du système ne menacent pas uniquement la scolarité de nos enfants et l’avenir des étudiants mais elles constituent un précédent qui risque de remettre en cause l’existence même de toute une institution : l’école. Quant à la justice, il y a déjà longtemps que les algériens l’ont enterrée.

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