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Publié le : 29 Août, 2020 - 17:10 Temps de Lecture 4 minute(s) 575 Vue(s) Commentaire(s)

Amnesty International dénonce la répression croissante de la presse en Algérie

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Neuf mois après les élections présidentielles, la répression judiciaire est toujours aussi violente. Des militants sont arrêtés à tour de bras, des médias censurés mais aussi des journalistes condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement…une politique mise en œuvre par le gouvernement de Tebboune afin de réduire au silence toutes les voix dissonantes.

Aussi, depuis près d’un an, plusieurs organisations non gouvernementales dont Amnesty International dénoncent cette situation de plus en plus délétère notamment pour l’avenir de la liberté d’expression et liberté de presse. «Les autorités algériennes sont prêtes à tout pour réduire au silence les voix critiques. Des journalistes ont récemment été emprisonnés pour avoir partagé des vidéos, critiqué le président et exprimé leur soutien à des mouvements de protestation», a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Et d’ajouter : «Amnesty International appelle les autorités à mettre fin au harcèlement judiciaire systématique des journalistes et à respecter le droit à l’information, en levant le blocage imposé à des sites d’information.»

Harcèlement judiciaire de journalistes

Contrairement aux «promesses» de Abdelmadjid Tebboune quant à la mise en œuvre de mesures d’apaisement, on assiste aujourd’hui à un acharnement sans précédant contre les journalistes en l’occurrence. Au mois d’août, la justice algérienne a infligé de lourdes peines de prison contre deux journalistes. Il s’agit en l’occurrence de Khaled Drareni condamné à «trois ans de prison ferme» et Abdelkrim Zeghileche qui lui a écopé de «deux ans de prison ferme». «Le 24 août, un tribunal de première instance de la ville de Constantine a condamné le journaliste et militant Abdelkrim Zeghileche à ‘’deux ans d’emprisonnement’’ en raison de deux publications sur Facebook. Abdelkrim Zeghileche est le directeur de la station de radio indépendante Radio Sarbacane. D’après l’un de ses avocats, la première publication qualifiait le président algérien Abdelmadjid Tebboune d’’’imposteur placé au pouvoir par l’armée’’ et est à l’origine des poursuites pour ‘’atteinte à la personne du président de la République’’. Dans une seconde publication sur la page de l’initiative politique Constantine -Perspectives Algériennes, Abdelkrim Zeghileche appelait à la création de partis politiques, ce qui a entraîné sa condamnation pour ‘’publications Facebook pouvant porter atteinte à l’unité nationale. Depuis son arrestation le 23 juin, Abdelkrim Zeghileche est détenu à la prison de Koudiat, à Constantine», rappelle Amnesty International.

Et d’enchaîner: «le 10 août, dans le cadre d’une autre affaire très médiatisée, le tribunal de première instance de Sidi M’hamed, à Alger, a condamné le journaliste de renom Khaled Drareni à trois ans de prison pour avoir couvert une manifestation du mouvement de protestation du Hirak, ainsi que pour ses interventions dans des médias étrangers. Khaled Drareni a été poursuivi pour ‘’ atteinte à l’intégrité du territoire national’’ et ‘’ incitation à un attroupement non armé’’. Khaled Drareni est le fondateur du site Internet Casbah Tribune et le correspondant en Algérie de la chaîne de télévision francophone TV5 Monde. Il a été déclaré coupable en même temps que Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, qui ont tous deux été condamnés à une peine de deux ans de prison avec sursis.»

En plus des journalistes emprisonnés, d’autres font l’objet d’un harcèlement judiciaire acharné et ce, depuis le 22 février 2019. C’est le cas du journaliste Mustapha Bendjema rédacteur en chef du quotidien national d’information Le Provincial. «Ce dernier a été interrogé le 4 août, à Annaba, dans l’est du pays, pendant environ 90 minutes, en raison d’une publication qu’il avait partagée sur sa page Facebook demandant la libération d’un militant du Hirak détenu», note l’ONG.  Et de poursuivre: «Mustapha Bendjama a déclaré avoir été interrogé 20 fois en raison de son travail de journaliste sur les manifestations du Hirak, et fait l’objet de poursuites dans le cadre de trois affaires judiciaires différentes liées à ses publications sur Facebook.» «Tous ces journalistes sont sanctionnés pour avoir mené leur travail légitime. Au lieu de harceler les journalistes, les autorités algériennes doivent veiller à ce que tous les journalistes dans le pays puissent mener leur travail légitime sans faire l’objet d’intimidation, de harcèlement et de menaces d’arrestation», estime encore Amna Guellali.

Ali Djamel Toubal, correspondant du journal Ennahar à Mascara ou encore Merzoug Touati, journaliste de l’Avant-Garde Algerie à Béjaïa, ont également été emprisonnés pour des activités liés à leur travail de journaliste ou leur opinion. «Tous ces journalistes sont sanctionnés pour avoir mené leur travail légitime. Au lieu de harceler les journalistes, les autorités algériennes doivent veiller à ce que tous les journalistes dans le pays puissent mener leur travail légitime sans faire l’objet d’intimidation, de harcèlement et de menaces d’arrestation», a déclaré Amna Guellali. Blocage de certains médias

Blocage de certains médias

Depuis le 22 février 2019, le pouvoir établi ne s’est pas contenté de la répression des militants, des activistes et des journalistes. Il s’est également arrogé le droit de bloquer l’accès de l’opinion publique à l’information, en faisant pression sur la presse publique et en bloquant certains médias électroniques d’information dont l’Avant- Garde Algerie. «En plus du harcèlement dont sont victimes des journalistes, plusieurs sites Internet d’information sont devenus inaccessibles en Algérie, et les autorités ont admis avoir bloqué l’accès à au moins deux de ces sites. Le 15 avril, le ministre de la Communication Ammar Belhimer a reconnu que les autorités avaient bloqué, sans avertissement préalable, deux médias en ligne indépendants, Maghreb Emergent et RadioMPost, dans l’attente de ‘’poursuites judiciaires complémentaires’’ contre leur directeur éditorial Ihsane El Kadi, pour ‘’diffamation et offense’’ à l’égard du président Abdelmadjid Tebboune. Deux autres médias restent bloqués et inaccessibles en Algérie», déplore Amna Guellali. Et d’ajouter : «plusieurs autres sites Internet d’information bien connus pour leur position critique à l’égard du gouvernement voient leur accès bloqué sur les réseaux algériens. Par exemple, les sites Tout sur l’Algérie (TSA) et Interlignes sont presque systématiquement inaccessibles depuis 2019. Le site Internet d’information L’Avant-Garde Algérie est inaccessible depuis le 23 août 2020.»

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