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Publié le : 03 Septembre, 2021 - 16:40 Temps de Lecture 3 minute(s) 974 Vue(s) Commentaire(s)

Amnesty Internationale responsabilise la Tunisie dans l’affaire d’extradition du réfugié politique Slimane Bouhafs vers l’Algérie

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«Le gouvernement tunisien partage la responsabilité du sort réservé à Slimane Bouhafs et il doit admettre le rôle qu’il a joué dans son enlèvement et son retour forcé. Son renvoi s’apparente à une expulsion, et constitue un précédent extrêmement inquiétant pour la Tunisie. En vertu du droit international, aucune personne ne devrait être renvoyée dans un pays où elle est exposée à un risque élevé de persécution ou de violations des droits humains», s’indigne Amensty Internationale dans un communiqué rendu public aujourd’hui.

L’affaire du de l’extradition du réfugié politique établie en Tunisie, Slimane Bouhafs, vers l’Algérie, pays qui l’a persécuté et qu’il a fuit après avoir été emprisonné arbitrairement durant deux années pour des écrits sur facebook, continue à enflammer la toile en Tunisie comme EN Algérie. Kidnappé par trois individus de sa maison à Hai El Tahri, à Tunis, le 25 août dernier vers 13h, et disparu pendant plusieurs jours, Slimane Bouhafs a été finalement rapatrié en Algérie dans des conditions qui restent jusqu’à ce jour mystérieuses et placé sous mandat de dépôt, le 1er septembre dernier, par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Il est depuis, détenu à la prison de Koéla, à l’Ouest d’Alger.

L’Avant-Garde Algérie a révélé précédemment que «Slimane Bouhafs a été victime d’un accord d’échange entre la Tunisie et Algérie». «La Tunisie a demandé l’extradition vers ses territoire de Nabil Karoui, accusé, entre autres, de blanchiment d’argent. L’Algérie quant à elle, en a profité l’occasion pour exiger le rappariement de Slimane Bouhafs, pourtant placé depuis 2018 sous la protection du bureau de Tunis du Haut commissariat des nations unis pour les réfugiés (UNHCR)», avaient affirmé nos sources à Alger. L’Avant-Garde Algérie a souligné aussi «l’implication de la Tunisie dans l’affaire de Slimane Bouhafs qui continue un précédent très dangereux pour un pays qui, pourtant, était un espoir démocratique pour beaucoup de militants démocrates et défenseurs des droit humains des pays voisins dont l’Algérie».

«En vertu du droit international relatif aux droits humains, la Tunisie est tenue de protéger les réfugié·e·s et de ne pas les expulser ou renvoyer vers un pays où ils risquent d’être persécutés», précise Amensty Internationale dans le même communiqué. Et de rappeler : «dans un message officiel, le HCR a fait état de sa vive inquiétude face aux informations selon lesquelles un homme a été renvoyé de force dans son pays d’origine après avoir été reconnu comme réfugié par ses services en Tunisie, ajoutant qu’il effectuait un suivi sur ce signalement et demandait que ces allégations soient examinées par les autorités.»

Amnesty Internationale ne va pas par mille chemins pour pointer du doigt la responsabilité de la Tunisie dans le cas de Slimane Bouhafs qui risque beaucoup en étant aujourd’hui entre les mains de la justice algérienne. «Le fait que la Tunisie ait pu avoir connaissance de son renvoi forcé en Algérie, y avoir contribué ou avoir donné son assentiment malgré le statut de réfugié de Slimane Bouhafs constituerait une grave violation du principe de ‘‘non-refoulement’’ et du droit international relatif aux réfugié·e·s. Le fait que le HCR ait accordé le statut de réfugié à Slimane Bouhafs suppose que l’on ait établi que sa crainte d’être persécuté s’il rentrait en Algérie était fondée», dénonce Amensty Internationale. Et d’ajouter : «Par ailleurs, la Convention contre la torture, à laquelle la Tunisie est partie, interdit de manière explicite l’extradition de personnes vers des pays où il existe des raisons sérieuses de penser qu’elles risquent d’être victimes de torture. Aux termes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Tunisie est aussi tenue de protéger le droit à la vie des individus se trouvant sur son territoire et soumis à sa juridiction, notamment en fournissant la protection requise aux personnes particulièrement en danger, telles que les réfugié·e·s, et en adoptant sans délai des mesures efficaces quand des personnes sont exposées à un risque spécifique, et de mener des enquêtes rigoureuses sur les menaces contre leur vie.»

Amensty Internationale appelle les autorités algériennes à «libérer immédiatement Slimane Bouhafs et veiller à ce qu’il ne soit pas soumis au moindre mauvais traitement en prison». «Une personne s’étant vu accorder le statut de réfugié ne doit sous aucune circonstance être renvoyée dans le pays qu’elle a fui»*, rappelle-t-elle.

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