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Publié le : 21 Juillet, 2022 - 13:05 Temps de Lecture 2 minute(s) 300 Vue(s) Commentaire(s)

Au vu de la crise financière : El Watan s'achemine vers le dépôt de bilan, selon son directeur de publication

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Le directeur de publication, Mohamed Tahar Messaoudi, estime le dépôt de bilan inévitable, au vu la situation financière.

Il semblerait que la crise à El Watan s’aggrave de plus en plus avec le conflit entre actionnaires et salariés. Ces derniers qui ont entamé une grève cyclique le 12 et 13 juillet derniers, campent sur leur position, puisqu’ils ont décidé de reconduire leur mouvement le 18 juillet pour une durée de trois jours, qui reprendra le 24 juillet pour une durée de quatre jours, jusqu’à obtention gain de cause, à savoir le paiement de leurs salaires non versés depuis cinq mois.

Les actionnaires de leur côté, ont lancé un « appel pressant » aux autorités du pays, pour aider au déblocage de la situation, due selon eux, au « gel des comptes bancaires de l’entreprise depuis le mois de mars dernier en raison d’un contentieux opposant le journal à l’administration fiscale ».

Cependant, l’espoir de voir l’étau se desserrer s’amenuise chaque jour. Le directeur de publication, Mohamed Tahar Messaoudi, estime d’ailleurs le dépôt de bilan inévitable.

« La situation que nous vivons actuellement est liée à la volonté des pouvoirs publics de nous mettre sous une pression fiscale énorme. Pendant la pandémie de Covid-19, le journal n’a bénéficié d’aucune aide publique contrairement à d’autres entreprises. Pendant ce temps, des journaux qui tirent à 2000 exemplaires/jour, continuaient de bénéficier de la manne publicitaire, parfois sans être vendus », a -t-il déclaré dans un entretien accordé à nos confrères 24H Algérie.

« El Watan, premier journal algérien à avoir investi et acheté des rotatives et qui paye toutes ses charges, n’a bénéficié d’aucun sou de l’Etat », rappelle-t-il. Et de déplorer : « En principe, l’Etat régulateur aurait dû intervenir pendant la crise sanitaire en répartissant la manne publicitaire d’une manière juste. Cela n’a pas été fait ou, pire, fait dans un cadre illégal ».

Il dénonce en effet « l’octroi d’indus avantages ». « Pourquoi donne-t-on de la publicité à des journaux qui ne sont pas vendus ou à très faible tirage? Des journaux qui n’emploient même pas dix salariés », s’interroge-t-il, alors que selon lui, « la SPA El Watan, qui emploie 150 salariés, a investi et contribué à la création d’emplois et de la richesse en Algérie » risque aujourd’hui de « perdre tous ces postes d’emploi. »

Pire. « Avec la fermeture d’El Watan, l’imprimerie sera également fermée. Cela va inévitablement entraîner la chute du quotidien El Khabar qui tire dans ces rotatives. El Khabar, un journal à gros tirage qui emploie beaucoup de salariés. Pourquoi tout ce gâchis », poursuit-il. Tout en soulignant qu’il avait « soulevé ces problèmes devant le ministre de la Communication lors d’un colloque sur le projet de loi sur l’information à Ain Benian (Alger). »

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