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Accueil À la Lutte Chemssedine Chitour au cœur d’une nouvelle polémique
Publié le : 01 Mai, 2020 - 19:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 6464 Vue(s) Commentaire(s)

Chemssedine Chitour au cœur d’une nouvelle polémique

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Comme il fallait s’y attendre, les propos du ministre de l’enseignement et de la recherche scientifique, Chemss Eddine Chitour, ont provoqué une fois de plus, une vive polémique sur les réseaux sociaux notamment. «Dorénavant, les étudiants devront présenter leur recherche dans les domaines scientifiques en langue anglaise, au niveau national et international», a-t-il annoncé lors de la séance plénière consacrés aux questions orales, tenue, ce jeudi à l’assemblée nationale populaire (APN).

Cette décision pour beaucoup d’observateurs, revêt un caractère «populiste» et est puisée, comme à chaque fois, dans la fragilité émotionnelle des algériens, visant à détourner l’attention de questions plus capitales pour l’avenir de l’Algérie. Cette réflexion prend d’autant plus de sens, au vu de la crise économique inédite qui nous pend au nez, en raison de la chute des prix de pétrole. Entre approbation et rejet, les réactions se sont enchaînées. «La langue est le contenant du savoir. L'une des principales raisons du retard de développement de l'Algérie est la langue française, ainsi que le niveau d'enseignement et les fluctuations causées par les enseignants et les professeurs et leurs grèves sans fin. Nous savons tous que cela a été programmé. Nous espérons que l'école algérienne trouvera sa propre identité. Quant à la langue anglaise, mieux vaut tard que jamais», commente un internaute. Un autre qui tente, quant à lui, de justifier la décision du ministre écrit dans un commentaire que «le ministre vise par cette décision une catégorie avec un niveau scientifique et intellectuel qui a dépassé toutes les étapes de l'expérience et des tests pour obtenir le grade de doctorant. Il offre la possibilité de publier des thèses dans diverses disciplines dans des revues scientifiques étrangères qui imposent l'anglais comme langue».

Un étudiant, moins enclin à applaudir, se demande si ceux qui comme lui ont déjà avancé dans leurs thèses, vont devoir toute refaire et combien cela va leur coûter de traduire du français à l’anglais ? «Comment feront ceux qui, comme moi, ont avancé dans leur thèse à hauteur de 85% ? Seront-ils obligés de tout refaire à zéro ? Quant à la traduction, où devrons-nous la faire ? Chez un traducteur agréé ? Si l’on considère qu’une thèse est à plus de 400 pages, combien cela va-t-il me coûter si la traduction d'un seul article est d'environ 150 dinars, soit environ 100 000 Da», s’interroge-t-il.

Pour le régime, l’enseignement a, de tout temps, été au centre des luttes pour le pouvoir, à telle enseigne qu’il serait même allé jusqu’à le mettre sur la table des négociations avec les mouvances islamistes pour faire barrage à ceux qui revendiquent depuis le 22 février 2019, un État civil. Mais pour les plus avertis, cette énième polémique n’est que la manifestation flagrante de la dégradation du système éducatif algérien et qui dure depuis des décennies. «Le problème n'est ni le français, ni l’anglais, ni l’arabe. Apprendre une langue étrangère est une bonne chose, même si c’est de l'hébreu. En Algérie, c’est le système éducatif qui doit être radicalement réformé. Car l’apprentissage de l'anglais au moment où le système éducatif est dégradé de plus en plus, n’a aucun sens», commente un enseignant universitaire.

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