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Publié le : 22 Avril, 2021 - 15:21 Temps de Lecture 3 minute(s) 274 Vue(s) Commentaire(s)

Condamnation de Said Djabelkhir : ‘’Régression effrayante pour la liberté d’expression’’ pour Amnesty International

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Amnesty International a réagi aujourd’hui, à la condamnation du journaliste et islamologue Said Djabelkhir, à trois ans de prison de prison ferme sans mandat de dépôt, estimant qu’il s’agit là d’"une régression effrayante pour la liberté d’expression en Algérie».

« Il est scandaleux que Said Djabelkhir soit condamné à trois ans de prison simplement pour avoir exprimé son opinion sur des textes religieux. Punir quelqu’un pour son analyse des doctrines religieuses est une violation flagrante des droits à la liberté d’expression et à la liberté de religion – même si les commentaires sont jugés offensants par d’autres», a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. Et d’ajouter : «Les tribunaux algériens n’ont pas à juger les croyances et les opinions religieuses des individus. La condamnation de Djabelkhir doit être annulée immédiatement. Toute disposition du code pénal algérien qui criminalise le droit à la liberté d’expression, d’opinion ou de croyance doit être abrogée de toute urgence».

« Les autorités algériennes ont utilisé l’article 144bis du code pénal algérien dans le passé pour réprimer la dissidence et poursuivre les militants et les voix critiques», dénonce, par ailleurs l'organisation, rappelant le cas de Yacine Mebarki, condamné le 8 Octobre 2020 par le tribunal de Khenchela, à 10 ans de prison ferme pour offense à l’Islam, avant d’être réduit en appel à une année de prison ferme ; ou encore Slimane Bouhafs, chrétien condamné en appel à trois ans de prison ferme pour des publications sur Facebook critiquant le dogme religieux.

« L’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Algérie est partie, garantit le droit à la liberté d’expression et d’opinion. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a souligné en 2011 que ‘’les manifestations de manque de respect à l’égard d’une religion ou d’un autre système de croyances, y compris les lois sur le blasphème, sont incompatibles avec le Pacte’’. L’article 18 du Pacte garantit la liberté de religion ou de croyance», rappelle encore Amnesty International.

Vague de réaction en faveur de Said Djabelkhir

Le tribunal de première instance de Sidi M’hamed (Alger) a condamné ce jeudi 22 Avril, Said Djabelkhir à «trois ans de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 Da » pour «offense contre le Prophète» et «dénigrement du dogme ou préceptes de l’islam». Une condamnation qui a déchainé les plus indignées des réactions sur les réseaux sociaux pour dire tout le mal qu’on pense de la justice algérienne.

«En condamnant Said Djabelkhir, c'est la pensée libre qu'on vient de condamner, c'est le peu de lumière qui subsiste en Algérie qu'on veut éteindre, c'est la raison qu'on veut étouffer, c'est la rationalité qu'on veut bannir, c'est le vivre ensemble dans la diversité des opinions, des idées, des croyances, des consciences, des lectures, des interprétations des textes fussent-ils sacrés qu'on veut tuer », fustige l’écrivain et poète Lazhari Lebter dans un post Facebook. Et d’ajouter : « C'est un quitus qu'on vient de donner aux islamistes, aux intégristes, aux obscurantistes, aux intolérants, aux charlatans, aux gardiens du temple, aux marchands de la foi. C'est la porte ouverte à l'Inquisition. C'est la mise à l'index des intellectuels dignes de ce nom, des libres penseurs.»

« La condamnation de Saïd Djabelkhir prouve que la plupart des juges algériens ont une orientation idéologique islamique et appliquent les dispositions de la charia (loi islamique), en essayant de la justifier par des articles du code pénal», soutient, quant à lui, l’avocat et défenseur des droits humains, Me Salah Debbouz.

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