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Accueil À la Lutte Conférence : Me Mokrane Aït Larbi explique les lacunes du procès de Louisa Hanoune
Publié le : 30 Septembre, 2019 - 18:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 1499 Vue(s) Commentaire(s)

Conférence : Me Mokrane Aït Larbi explique les lacunes du procès de Louisa Hanoune

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Intervenu lors de la conférence de presse animée aujourd’hui, lundi 30 septembre, par les avocats de Louisa Hanoune au siège national du Parti des travailleurs (PT), Me Mokrane Aït Larbi est revenu sur toutes les lacunes constatées depuis la convocation jusqu’au jugement de la première responsable du PT.

Enregistrement audio de la rencontre du 27 mars entre Saïd Bouteflika, Tartag et Toufik

La voix de Louisa Hanoune n’apparaît même pas dans l’enregistrement présenté, comme une pièce à conviction, par la justice militaire. De plus, il n’y a pas eu de réunion, mais juste une rencontre qui a durée une heure. Il faut bien souligner la différence entre les deux. Louisa Hanoune a reçu un appel du frère de l’ancien président, qui occupait le poste de conseiller à la présidence. Elle était convenue à une rencontre afin de connaître son avis sur la situation que traversait le pays. Elle a répondu à l’invitation en tant que première responsable d’un parti politique. Et elle a intervenu en tant que telle. Louisa Hanoune a dit deux choses essentielles : qu’elle est pour une constituante, ce qui permettra, selon elle, de consacrer la volonté du peuple et qu’elle est contre toute intervention étrangère en Algérie, ce qui est connu d’elle depuis qu’elle a commencé la lutte politique. Durant cette rencontre, elle n’a parlé ni de l’armée ni de son commandement. Précision s’impose : concernant les décisions prises lors de ces rencontres, et dont parle la justice lors du procès, elles n’ont pas été faites en présence de Loiusa Hanoune. Elle n’a mème pas été citée par les autres accusés. Et ils ne l’ont responsabilisé en rien.

Changement de la décision du juge d’instruction lors de l'audition

Louisa Hanoune a été convoquée comme témoin par la direction de la sécurité intérieure, puis par le tribunal militaire. Elle a été filmée à son insu et passée, par la télévision publique, pour une accusée alors qu’elle s’est présentée en tant que témoin ! Le juge d'instruction qui l’a entendu, lui a demandé d’attendre quelques minutes afin de lui rendre ses papiers et quitter le tribunal en femme libre. Ce dernier est revenu vers elle, quelques minutes plus tard, s’excuse auprès d’elle et l’informe qu’elle sera placée sous mandat de dépôt.

Non respect du code de la justice militaire

Les avocats de Louisa Hanoune, y compris moi-même, n’ont pas eu accès à son dossier, ce qui est contraire aux lois de la justice militaire. Nous avons, juste, demandé le respect du code de l’armée comme le stipule son article 132 qui nous donne le droit d’avoir une copie du dossier de notre cliente. La justice militaire n’a même pas respecter ses propres lois. De plus, ils ont dit que la séance sera ouverte au public et à la presse, ce qui n’était pas le cas. Les proches des détenus ont eu beaucoup de difficultés pour accéder à la salle. Nous, avocats, l’étions aussi. Et aucun journaliste n’a pu assister au procès. Ont-ils peur de permettre à Louisa Hanoune de s’adresser publiquement au peuple à travers la couverture direct de son procès ?

Demande du report du procès de Louisa Hanoune. Faux !

Contrairement à ce qui a été dit, nous n’avons pas demandé le report du procès de Louisa Hanoune. Elle était malade. Des médecins l’ont examiné. Et ils ont conclu qu’elle ne l’était pas ! Mais elle a assisté, malgré tout, à son procès durant lequel elle a tenu exactement les mêmes propos prononcés devant le juge d’instruction et durant ses différentes auditions. Elle a dit qu'elle a agi en tant que responsable d’un parti politique et qu'elle n’a participé à aucune prise décision contre l’armée ou son commandement et les intérêts du pays. Louisa Hanoune est une détenue d’opinion.

La sentence de 15 ans de prison ferme contre Louisa Hanoune

Le problème, dans toute cette affaire, est qu’il n’y a aucune preuve contre elle. D’ailleurs, elle était encore parlementaire quand elle a participé a cette rencontre du 27 mars. Elle est encore présidente de son Parti. Elle n’a dit aucun mot sur l’armée ou sur ses dirigeants. Pourquoi l’avoir emprisonné et condamné à 15 ans de prison ferme ? partager ou non ses idées et son projet est une autre affaire. Elle est militante de gauche comme je le suis aussi. Elle croit profondément à ses idées et à ce qu’elle dit. Nous nous connaissons depuis 1983 et il m’arrive parfois de ne pas partager certaines de ses positions. Mais cautionner son emprisonnement pour avoir exprimé ses positions et celles de son parti, c’est inacceptable! Son seul objectif d’avoir participé à ladite rencontre : Trouver des solutions pacifiques à la situation que traverse notre pays et empêcher toute tentative d’intervention étrangère en Algérie.

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