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Accueil À la Lutte Criminels d'hier, charognes d'aujourd'hui
Publié le : 25 Juin, 2020 - 21:30 Temps de Lecture 3 minute(s) 3924 Vue(s) Commentaire(s)

Criminels d'hier, charognes d'aujourd'hui

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Je m’étais interdit de m’épancher en ce 25 juin sur l’assassinat du Rebelle. Sa mort a été triturée tant de fois, marchandée et souillée que ses amis ont fini par préférer le recueillement intime. Trois procès en diffamation ont été engagés et gagnés contre ses croque-morts politiques.

On pensait que les manoeuvres post mortem qui pesaient sur sa disparition allaient rester sur le terrain vénal. Car sur le fond, son œuvre était suffisamment puissante et claire pour dissuader les charognes. Notamment les intégristes. Qui eut cru que ces derniers auraient osé une opération de récupération de celui qui fut leur plus emblématique ennemi ? Eh bien, ils l’ont fait. Toute honte bue. Hier et aujourd’hui, ce sont deux individus appartenant à la mouvance qui l’a enlevé et qui ne l’a relâché que sous la pression de centaines de milliers de citoyens qui ratissaient monts et vaux pour le retrouver, la mouvance qui l’a assassiné pour son propre compte ou celui de ceux qui lui ont vidé un chargeur dans l’abdomen qui veulent nous le voler et faire dire à son combat le contraire de ce qui l’a animé. Il se trouve que Matoub a dit haut et fort ce qu’était sa conception de la vie, sa vision de la cité et ses idées sociétales. Matoub a déclaré publiquement : « Je ne suis pas arabe et je ne suis pas obligé d’être musulman ».

Avant ces criminels, d’autres opportunistes ont tenté de lui inventer une vie de bigoterie pour monnayer leur proximité avec lui. Lounes Matoub était athée et nous devons veiller à ce que ce choix soit respecté. Je l’ai accompagné à l’hôpital Villejuif où était hospitalisé son père pour une grave maladie. Se sachant condamné, ce dernier lui avait demandé devant moi de ne pas organiser de cérémonie religieuse à sa mort. Le Rebelle a respecté ce voeu. Nous étions des centaines à avoir accompagné son père à sa dernière demeure. Il a exigé qu’aucun chant sacré, aucune prière ne soient prononcés pendant le cortège funéraire et lors de l’inhumation. Ce jour-là, Lounes a invité les femmes à rentrer dans le cimetière alors que la tradition le proscrit. On aurait aimé que son courage intellectuel soit salué, que des journalistes, des observateurs qui revendiquent son amitié aient eu le courage de rapporter ce qu’ils ont constaté et que lui assumait au vu et au su de tous.

Aujourd’hui, les criminels qui menaçaient d’extinction la famille qui avance à laquelle s’honorait d’appartenir le Rebelle n’assument plus leurs crimes mais ils ne renoncent pas à tuer les morts. Il y a pire qu’un criminel : l’assassin lâche qui est un déchet de l’humanité. C’est à cette catégorie qu’appartiennent les deux aboyeurs de Rachad qui viennent de profaner la mémoire de Lounes, atteignant du même coup l’honneur de tous ceux qui ont partagé son rêve d’une Kabylie fidèle à elle même et l’avènement d’une Algérie laïque, libre et démocratique. Les ennemis de Lounes, n’ont pas pu l’intimider de son vivant. Ils sont obligés de parasiter son âme pour tenter de se rapprocher de lui afin de brouiller son parcours et son œuvre qui défient leur délire et nourrit la jeunesse.

Pour ce qui me concerne j’ai adopté une démarche simple. Les délinquants politiques doivent être trainés devant les tribunaux. Et c’est ce qui sera réservé cette fois encore aux accusations de ces deux énergumènes. La forfaiture d‘aujourd’hui doit être punie parcequ’il est de notre devoir de protéger tout ce que Lounes a chanté avec talent, générosité et ferveur ; nous devons aussi protéger une vie d’honneur et de sacrifices dédiée sans ambiguïté à la lutte contre l’intégrisme et le système qui leur a abandonné l’école et le destin de la femme, notamment.

Dernière remarque : il faut espérer que la souillure de ce 25 juin réveille les alliés kabyles de Rachad ; qu’ils comprennent enfin que cette organisation est la pire des menaces qui pèsent sur la Kabylie en particulier et le pays en général. Pour leur partenaires, l’homme libre doit être soumis. S’il refuse la soumission il doit être tué. S’il est mort digne, sa vie doit être récupérée ou néantisée.

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