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Publié le : 10 Novembre, 2020 - 20:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 762 Vue(s) Commentaire(s)

Dr Abdallah Aggoune : les Algériens n'ont aucune vie nocturne depuis des décennies pour leur imposer un confinement de 20h à 5h du matin

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Après une période d’accalmie, la pandémie du Coronavirus repart à la hausse en Algérie, ce qui fait craindre le pire dans les jours à venir, selon les spécialistes, notamment après le retour des classes et la réouverture des mosquées. Aussi, un confinement (couvre-feu) qui a pris effet, ce mardi 10 novembre 2020, a été de nouveau mis en place dans 29 wilayas du pays, de 20 heures à 5 heures du matin. Ce qui a poussé plusieurs observateurs à s’interroger sur la faisabilité de la chose « quand les écoles, les collèges, et autres lieux publics comme les marchés et les grandes surfaces susceptibles d’accueillir une population dense, restent ouverts !» .

C’est le cas, entre autres, du Docteur Abdallah Aggoune, médecin-généraliste dans la wilaya de Blida, qui vient de dresser un sévère réquisitoire à l’adresse du gouvernement Djerrad, battant en brèche la décision d’un confinement (couvre-feu) entre 20 heures et 5 heures du matin à Alger, entre autres, où selon lui, «les Algériens n'ont aucune vie nocturne depuis des décennies, la capitale est quasiment morbide à partir de 19h».

Il soulignera, par ailleurs, l’absurdité de laisser «les écoles et les collèges ouverts». «J'ai reçu personnellement beaucoup de jeunes enfants infectés qui vont en classe», affirme-t-il. Même constat pour les mosquées où «la majorité de mes patients s'y rendent 5 fois /jour sachant qu'ils sont infectés», ajoute-t-il. Et d’enchaîner avec un ton sarcastique : «avec les transports en commun et inter-wilayas qui sont interdits, uniquement le week-end, le Covid-19 prenant une pose.»

Aussi, préconise-t-il deux possibilités, si «les décideurs veulent réellement venir à bout de cette pandémie», à savoir «un confinement total pendant trois semaines ou un déconfinement total où il sera question d’interdire le port du masque, obliger les gens à se réunir ... ». «Nous aurons beaucoup de décès mais on en aura terminé avec cette pandémie», tranche-t-il. Avant de rappeler en conclusion le triste constat où «les hôpitaux sont saturés, le corps soignant à moitié contaminé, alors l'autre moitié étant à bout de nerfs en voyant leurs consœurs et confrères remplir les cimetières !»*

En effet, si la situation est si grave, aujourd’hui, c’est en grande partie à cause d’une gestion catastrophique du gouvernement Djerrad, notamment en ce qui concerne «le manque de moyens dans les infrastructures hospitalières où il y a de plus en plus de pénurie de matériels de protection, de tests de dépistage, mais surtout d’oxygène ». « Le nombre de décès du Covid-19 est en augmentation, à cause du manque d’oxygène dans la majorité des cas», nous confie-t-on.

La crise sanitaire tient aussi du fait que «des rassemblements des partis politiques affidés au pouvoir, ont été autorisés dans le cadre de la campagne pour le referendum constitutionnel du 1er novembre dernier, malgré la pandémie», au moment où les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre la Covid-19 étaient toujours effectives.

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