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Publié le : 16 Septembre, 2019 - 16:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 1235 Vue(s) Commentaire(s)

El Taref : le militant, Hichem Touaibia, condamné à une amende de 100 000 DA pour un post sur facebook

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Accusé d’«incitation à attroupement non-armé» et d’«atteinte à un corps constitué» représenté par l’armée, le militant et ancien correspondant de presse, Hichem Touaibia, a été condamné, hier, à «verser une somme de 100 000 DA d’amende» pour un post sur facebook.

Le jeune homme a été arrêté à Chebaïta Mokhtar, ce vendredi, dans la wilaya d’El Taref, quelques instants avant le début de la 30ème marche contre le système et ses symboles. Hichem Touaibia a été maintenu en garde à vue pendant 48 heures avant d’être présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Dréan, dans la wilaya d’El-Tarf, lequel il a ordonné sa comparution immédiate.

Dans la même journée, une quinzaine de manifestants ont tenu, en face du tribunal, un sit-in de solidarité avec tou.te.s les détenu.e.s d’opinion, dont Hicham Touaibia. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire : «pour une justice juste, libre et indépendante», «un Etat civil, ni militaire ni policier», «non aux arrestations arbitraires», «libérez les détenus d’opinion» ou encore «libérez Hichem Touaibia».

Dès le début du procès, le juge a tenté de forcer Hichem Touaibia d’«avouer»qu’il avait affaibli le moral des troupes de l’armée. Le procureur, qui a requis «une année de prison ferme et une amende de 50 millions de centimes contre lui», n’a, pour sa part, pas trop insisté, préférant laisser le juge «s’acharner sur le mis en cause». Lors d’un réquisitoire de près de 15 minutes, le juge est entré dans la peau d’un parquetier pour rappeler au«coupable présumé», le rôle de l’armée dans la sauvegarde de l’État et dans la sécurisation des frontières. «As-tu fait ton service nationale ? Pourquoi n’as-tu pas passé l’armée ?» s’est-il interrogé. Le prévenu ainsi que ses avocats ont passé leur temps à tenter de convaincre le juge que Hichem Touaibia «aime son pays et qu’il n’a aucunement porté atteinte à l’armée». La seule pièce à conviction sur laquelle se base le dossier de l’accusation, c’est un post Facebook publié par Hichem Touaibia, sur lequel on peut lire : «les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance, c’est ainsi que se sont exprimé les braves ce vendredi».

L’ancien journaliste, fidèle au métier qu’il a perdu, il y a quelques mois, n’a fait que rapporter l’un des slogans scandé par des millions de manifestants chaque vendredi. «Si tu as rapporté, c’est que tu es de leur avis !» a martelé le juge.

Hormis ce petit détail, le parquet n’a pu fournir aucune autre preuve. Aucun mot n’a d’ailleurs été prononcé à propos de la première charge retenue contre Hichem Touaibia. Le juge a fini par prononcer le non-lieu pour le premier chef d’inculpation et «une amende de 100 000 DA» pour le second.

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