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Accueil À la Lutte Grande marche vers Alger le 14 juin 2001 : commémoration sous haute tension
Publié le : 14 Juin, 2020 - 18:10 Temps de Lecture 3 minute(s) 1351 Vue(s) Commentaire(s)

Grande marche vers Alger le 14 juin 2001 : commémoration sous haute tension

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Crédit photo : Zoheïr Aberkane

C’est dans un contexte politique particulièrement tendu, qu’on a commémoré, ce dimanche 14 juin, dans plusieurs régions de Kabylie le 19e anniversaire de la grande marche vers Alger (14 juin 2001).

Il y a 19 ans, près de deux millions d’algériens de la Kabylie ont marché vers la capitale Alger, à l’initiative des Aarchs, pour revendiquer un changement radical du système, apposé sur une plate-forme dite «Plateforme d’El Kseur». Et bien que les initiateurs de ce mouvement avaient insisté sur le «caractère pacifique» de la marche, le pouvoir en place ne l’entendit pas de cette oreille. Des centaines de policiers et de gendarmes avaient quadrillés les accès à la capitale, avant même que les manifestants n’arrivent sur les lieux. Certains des sérails des services secrets et de la police politique ont même manipulé des jeunes des quartiers de Belcourt notamment, afin d’attaquer les manifestants. «Les kabyles veulent détruire Alger et diviser l’Algérie, étaient les arguments utilisés afin de doper la jeunesse algéroise». Le mouvement est violemment réprimé. On déplore 128 morts et plusieurs milliers de blessés durant plusieurs mois de confrontation d’un pouvoir despotique contre un peuple armé que par sa volonté à changer les choses.

Depuis et chaque année, des milliers de citoyens commémorent en Kabylie, la sanglante journée du 14 juin 2001. Cette année, les pouvoirs publics en ont décidé autrement. En effet, un dispositif sécuritaire important a été déployé dans les villes de Béjaïa, Bouira et Tizi Ouzou, ainsi qu’à Boumerdès, dans la localité de Naciria notamment où quelques échauffourées sans gravité ont eu lieu, entre les forces de l’ordre et des manifestants, comme le démontrent des vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Des jets de pierres ont eu lieu entre les deux parties lors de ces affrontements. *«La police n’a pas cessé des nous provoquer», témoigne Bilal Bacha, activiste du Hirak et militant du RCD, dans un live diffusé sur son compte Facebook.

À Bouira, la place des martyrs, lieu où les manifestants avaient l’habitude de se rassembler avant chaque marche du vendredi, a été investie par les services de l’ordre. Des incidents mineures ont été signalés par des activistes qui ont fait part également de plusieurs arrestations dans les rangs des militants politiques, dont Chabane Meziane, membre du conseil national du parti Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et élu APW. Mais malgré cette répression, des dizaines de citoyens ont marché, à Haizer notamment pour la mémoire des 128 morts et des milliers de blessés du printemps noir, mais pour revendiquer aussi la libération des détenus d’opinion et politiques. La foule qui grossissait de plus en plus au fil des heures, n’avait qu’un seul slogan à la bouche : «poursuivre la lutte jusqu’au départ du pouvoir».

À Béjaïa, un rassemblement a été tenu à la place Taswiqt, à Tazamalt, en soutien aux détenus d’opinion, dont notre journaliste Merzoug Touati ainsi que les militants Yanis Adjilia et Amar Beri, placés sous mandat de dépôt, hier, par le juge d’instruction près le tribunal correctionnel de la ville de Béjaïa. Cette rencontre à laquelle a appelé Khaled Tazaghart, premier député démissionnaire de l’APN, ont prit part de nombreuses figures du Hirak dont Ouardani Elhacene (maquisard entre 1963-65), Samira Messouci, ex-détenue d’opinion, Tari Azziz, militant politique et ancien détenu de 1981, Dr. Khaled Chouater, ex-détenu pour l’emblème Amazigh de Bordj Bou Arreridj, Karim Boutata, ex-détenu de Bouira, Ouidir Khaled, ex-détenu de la région de Tazmalt, Oudihat Tahar et Messaoudi Khelaf, ainsi que les avocats Me Benyoub Djamel et Me Toufik Belala.

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