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Accueil À la Lutte Hommage à Nabila Djahnine : tighri tudert (Cri vivant)
Publié le : 18 Février, 2020 - 10:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 2811 Vue(s) Commentaire(s)

Hommage à Nabila Djahnine : tighri tudert (Cri vivant)

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Crédit photo : DR

Ton souvenir est encore vivant. Le combat pour lequel tu es tombée est encore brûlant. Ton cri n’est pas muet. Ton sang n’a pas abreuvé les corbeaux. Il est là, dans le creux de nos mains, tel un joyau reçu en dot.

Précieux, comme ces garçons et ces filles qui ne connaissent que ton visage, affiché fièrement sur les pancartes et banderoles commémoratives. Ils te connaissent comme ils connaissent les effigies de Massinissa, Jugurtha, Takfarinas ou la reine Kahina, gravées sur d’anciennes pièces d’une inestimable valeur.

Oui, ces jeunes révolutionnaires sont d’une étoffe rare. Ils t’auraient étonnée par leur bravoure et leurs sens de la patrie. Ils ont toutes et tous vingt-cinq ans, aujourd’hui. L’âge de ton absence et de nos regrets. Ils auraient pu être tes enfants. Ils sont le bélier et le fer de lance du peuple en pleine Tagrawla (révolution). Les voici avec nous partout, dans les rues et les places publiques, qui répandent et amplifient ton cri de liberté. Partout, dans les mêmes rues et places publiques où tu battais le pavé de ton pas énergique avec, en bandoulière, rien d’autre que ton audace et ton courage insolent. Au grand dam des promoteurs du projet féminicide rampant, fossoyeur des rêves émancipateurs des femmes de novembre qui, par milliers, ont donné leurs âmes, leurs corps et leurs vies pour libérer la patrie !

Oui le peuple, chère Nabila, qui s’est soulevé depuis le 22 février 2019, balayant sur son chemin les drapeaux noirs du fatalisme, du renoncement et de la soumission. Et le ciel partout est neuf, rempli de chants nouveaux mêlés aux sourires et aux portraits noirs et blancs, aussi nombreux et aussi frémissants que les hirondelles. Ton sourire préfigurant notre révolution est là, à côté de ceux de tes illustres prédécesseurs tombés au champ d’honneur des combats immémoriaux ; de la Kahina à Fatma N'Soumer, de Hassiba à Abbane, de Ben M’hidi à Zoulikha Oudaï.

Ton amour de la justice est fécond : il est désormais repris par les millions d’Algérien.ne.s. Ton combat pour l’égalité entre hommes et femmes sera long, mais il est sur les rails. Ton espérance en une Algérie libre et démocratique est en marche. Le combat sera long, mais la victoire est certaine.

Dans la même veine et la même espérance, j’aimerais terminer par cette citation d’une battante au verbe acéré et lumineux, l’écrivaine Yamina Mechakra : «je m'en allais vers Arris, mes yeux fixés sur mes doigts qui, à l’horizon, se dressaient avec d’autres doigts pour ramasser les nuages du ciel et les presser sur la terre brisée d’oubli, enceinte d’un grain millénaire, parcheminée de routes lointaines, pour que pousse le blé rouge que nos ancêtre avaient promis».

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