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Publié le : 24 Mars, 2020 - 15:20 Temps de Lecture 2 minute(s) 1646 Vue(s) Commentaire(s)

Karim Tabbou ne quittera pas la prison après avoir été condamné en appel à une année de prison ferme

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C’était une tragédie ce qui s’est pas aujourd’hui à la cour d’Alger. Condamné initialement à «six mois de prison ferme» au niveau du tribunal de Sidi M’hamed, Karim Tabbou a vu sa sentence s’élever à «une année de prison ferme» dans son procès en appel tenu, aujourd’hui, à son insu et sans avoir informé ses avocats et proches.

Une fois présenté devant le juge, Karim Tabbou a demandé le report de son procès pour non présence de ses avocats, «chose refusée par le juge en question», assure Djaafar Tabbou, le frère du détenu politique. Ce procédé est tout à fait normal et relève du droit de tout prévenu, ce que ce juge n’a pas voulu appliquer. Et à Djaafar Tabbou d’alerter : «devant le refus catégorique du juge, Karim Tabbou a fini par faire un malaise.»

Mais le pire est arrivé ! Le juge de la Cour d’Alger a fini par maintenir le procès en sachant que l’état de Karim Tabbou, pris en charge par la clinique médicale de la Cour d’Alger, ne le permettait pas. Son état de santé s’est tellement dégradé, que le personnel de santé de la Cour d’Alger n’a même pas pu le soulever et le ramener à la salle d’audience afin qu’il assiste à son procès. «Ce dernier a eu lieu sans lui», selon ses avocats. « Le juge a condamné en contumace Karim Tabbou à une année de prison ferme. Ceci est un scandale pour la justice algérienne. Et nous n’allons pas se taire face à cet énième abus», dénonce Me Abdelghani Badi, l’un des avocats de Tabbou. Et d’ajouter : «n’allons pas baisser les bras . Ceux qui ont condamné Tabbou de cette manière indigne seront eux aussi poursuivi».

La libération de Karim Tabbou, prévue pour ce jeudi 26 mars, est donc annulée après cette nouvelle condamnation. Karim Tabbou devra attendre six mois encore avoir de recourir à sa liberté.

Alors que le pays devra faire face à une catastrophe sanitaire à cause de coronavirus, le pouvoir algérien profite de cette occasion afin de régler ses comptes avec les militants et les détenus. Durant ces jours-ci, les poursuites, les convocations de la police et les intimidations n’ont pas cessé à l’encontre des militants. L’avenir de ces derniers reste flou. «La Laddh réitère sa demande de trêve et d'arrêt de la répression et s'offusque que le pouvoir profite de la trêve observée par le hirak pour s'en prendre aux détenus d'opinion et politiques. La gravité de l'heure interpelle le gouvernement en premier lieu à la raison, l'apaisement pour le retour de la confiance et de la cohésion nationale pour se concentrer sur le danger qui guette la santé publique et la sécurité nationale», dénonce Saïd Salh, vice-président de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh).

Tout en exprimant son inquiétude au sujet de l'intégrité physique et morale de Karim Tabbou, La Laddh, interpelle le gouvernement à assumer toutes ses responsabilités quant à l'évolution de la situation et lui rappelle ses obligations de respects des droits humains et des libertés fondamentales inviolables et inaliénables.

Déclarations de ses avocats, Me Abdelghani Badi et Amine Sidhoum

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