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Publié le : 29 Août, 2019 - 21:40 Temps de Lecture 3 minute(s) 7430 Vue(s) Commentaire(s)

La famille Messouci confirme les pressions exercées sur Samira et dénonce

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«En tant que famille d’une détenue d'opinion, je tiens à confirmer tout ce qu’a été rapporté dans le communiqué du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), concernant la pression exercée sur ma sœur, Samira Messouci, détenue provisoirement depuis le 30 juin dernier à la prison d'El Harrach», écrit Fadila Messouci, sœur de Samira, sur sa page facebook.

En effet, le CNLD a rendu public, hier, son premier rapport sur les conditions d’incarcération des détenu.e.s pour port du drapeau Amazigh à El Harrach (Alger).

Réalisé par les avocats, membres du collectif de la défense et du CNLD, le rapport en question apporte des détailles qui donnent froid au dos. Sur le sujet de la jeune élue du RCD à la wilaya de Tizi Ouzou, Samira Messouci, ils confient qu’«on l’oblige à porter le hidjab, à l’intérieur de la prison, afin d’être recevable par le staff médical de cet établissement pénitentiaire!» «Samira Messouci subit une pression morale indigne de l’institution pénitentiaire. Pour pouvoir se soigner à l’infirmerie, on lui impose de porter un hijab sous prétexte que l’infirmier qui doit l’examiner est de sexe masculin. Refusant ce chantage, Samira Messouci se retrouve privée depuis le 28 juin, jour de son arrestation, de soins suite aux traumatismes causés par les brutalités des policiers qui l’ont appréhendée», lit-on dans le communiqué du CNLD. Privée de soins depuis plusieurs jours, Samira, rappelons-le, a même refusé de bénéficier d’un quelconque traitement de faveur et d’être libérée pour le fait seulement qu’elle soit une femme !

Pire ! Les pratiques racistes soutenues par un pouvoir en manque de solutions devant la détermination du peuple à aller au bout de sa révolution, Samira est, aussi, «privée de porter sa robe kabyle et le foulard «amendil» qui va avec», lit-on dans le même communiqué du CNLD. L’idiotie et la racisme des responsables de cette établissement, devenue sous les mains du nouveau dictateur militaire, Gaïd Salah, ne s’arrêtent pas là. «Ces derniers veulent aussi l’obliger à porter le hidjab le jour de son jugement», s’indigne le CNLD. Les avocats craignent pour la situation psychologique des détenu.e.s et mettent en garde contre une éventuelle dégradation de celle-ci. Ils qualifient leurs conditions de détention de «déplorables, dignes, selon eux, d’une époque qu’ils croyaient révolue». «Dans cet établissement, la dignité d’un.e détenu.e est une notion étrange !» dénoncent-ils.

69369128_129818661639312_5225541440364347392_o.jpg Les avocats des détenu.e.s à leur sortie de la prison d'El Harrach

Interpellée à Alger et placée sous mandat de dépôt depuis plus de deux mois, Samira Messouci est accusée, comme des dizaines d’autres manifestant.e.s incarcéré.e.s pour le même motif, d’«atteinte à l’unité nationale», pour avoir brandi le drapeau berbère lors de l’une des manifestations du vendredi.

Les avocats dénoncent «la lenteur que prend la procédure d’instruction», ce qui ralentie, selon eux, la programmation de leur jugement et accusent le pouvoir de «vouloir instrumentaliser leur affaire à des fins qui lui sont profitables». «Il est clair que le seul objectif d’une procédure qui n’a pas lieu d’être au regard de la loi, est de faire des détenus une monnaie d’échange ou un moyen de chantage pour la concrétisation de la feuille de route pour régénérer le système qui a ruiné le pays», s'indignent-ils encore.

Le collectif de la défense a rendu visite aujourd’hui, 29 août, aux détenu.e.s de la prison d'El Harrach. «Le problème du port du hidjab aurait été soulevé à la direction de cet établissement pénitentiaire qui s’est engagée à ce qu’elle ne soit plus conditionnée par cela».

Les détenu.e.s politiques et d’opinions traversent certes des moments difficiles, mais «ils/elles gardent le moral haut», selon leurs proches.

Le CNLD s’indigne du traitement réservé aux détenu.e.s et réitère l’exigence de leur libération immédiate et inconditionnelle.

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