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Publié le : 27 Avril, 2020 - 22:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 1664 Vue(s) Commentaire(s)

La machine judiciaire tourne à plein régime : le jeune activiste Walid Kechida placé sous mandat de dépôt

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Depuis le 22 février 2019, date à laquelle la révolution du sourire a éclaté, la politique est devenu un sujet quasi-quotidien des algériens. Il est devenu inévitable de ne pas en parler ou la dessiner. Mais face au recul de la liberté de la presse et d’expression, activistes, militants, journalistes, avocats…, essayent tant bien que mal de dénoncer les dérives, de plus en plus flagrants, du pouvoir qui ne lésine plus sur les moyens pour étouffer la résistance des jeunes algériens, par une caricature, un poème, ou encore une chanson.

Walid Kechida fait justement partie de cette nouvelle génération 3.0, qui raconte la répression du pouvoir, devenue quasi-quotidienne, et dont il vient, malheureusement, de faire les frais. En effet, ce jeune étudiant âgé de 25 ans a été placé, ce matin, sous mandat de dépôt, par le juge d’instruction après avoir été présenté devant le procureur de la république près le tribunal de Sétif.

Selon son avocat, Me Abdelmoumen Chadi, "Walid est poursuivi, entre autres, pour atteinte à corps constitué, atteinte au président de la république, atteinte à la religion et atteinte aux forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction". Des accusations non crédibles, car son crime, on l’a tous compris, c’est d’avoir publié des memes, des statuts satiriques, sur une page Facebook appelée Hirak-Memes. "La multiplication des chefs d’inculpation ont pour seul but de justifier le mandat de dépôt", assure Me Chadi, en ajoutant que "la présentation de Walid Kechida n’aurait jamais dû avoir lieu du fait de la note du ministère de la justice qui stipule l’arrêt des présentations jusqu’au 29 avril prochain, pour cause de coronavirus, et qui est toujours en cours".

Simultanément à cette énième dérive, l’ex-directeur de la culture de la wilaya de M’sila vient de voir sa peine réduite à 3 mois de prison ferme et 3 mois avec sursis, lors de son procès en appel tenu le 20 avril dernier. Rabah Drif avait, pour rappel, été condamné à une peine de "6 mois de prison ferme pour outrage à la mémoire du martyre de la révolution, Abane Ramdane". Cette remise de peine surprend-elle ? Non ! Car la victime dans cette affaire n’est que «Abane Ramdane», ce martyr qui a donné sa vie pour l’indépendance de l’Algérie et pour que des fonctionnaires de cette même Algérie bafouent la mémoire en toute impunité ! Comme il n’est guère plus surprenant que des journalistes, des caricaturistes ou des étudiants soient mis en prison, seulement parce qu’ils ont choisi de résister à la machine répressive du pouvoir.

En effet, à l’instar du bédéiste Nime, condamné le 11 décembre 2019 à «un an de prison dont 3 ferme», Walid Kechida remet au devant de la scène les risques encourus par les activistes qui, à travers leurs publications sur les réseaux sociaux, touchant à la politique, l’économie ou encore la religion, sont confrontés aux mêmes menaces sérieuses que des journalistes qui couvrent le Hirak, l’on citera Khaled Drareni en l’occurrence, placé sous mandat de dépôt, le 29 mars dernier.

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