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Publié le : 10 Mai, 2020 - 20:10 Temps de Lecture 5 minute(s) 12389 Vue(s) Commentaire(s)

La nouvelle République : les mensonges et les Fake-news de Teboune

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La dernière prestation télévisée de Teboune a montré que le système n’est pas prêt à changer de nature. La nouvelle mouture de la Constitution est venue le confirmer. Les mêmes pratiques de gouvernance, faites de mensonges et de roublardise, sont toujours de mise. En piétinant les droits les plus élémentaires et en outrepassant les lois, dont la loi fondamentale, l’arbitraire et la forfaiture sont instaurés en mode de gouvernance. Les textes sont ainsi promulgués pour être violés. Teboune en fait la preuve.

Il suffit de relire le journal gouvernemental d’El Moudjahid du mois de mars ou de visionner les journaux télévisés de l’ENTV pour se rendre compte des mensonges, des inexactitudes et des approximations auxquelles s’est livré le soi-disant chef de l’État. Tout au long de «sa rencontre avec la presse» qui a duré une heure et demie, il n’a fait que mentir, travestir les faits et occulter la réalité. Commençons au premier lieu par les dispositions prises par son gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Coronavirus. Il a affirmé que l’Algérie était le premier pays, après la Chine, à fermer ses frontières et les écoles, isoler les cas suspects et décider le confinement.

Revenons sur la chronologie des faits :

Le 24 février 2020. L’apparition du premier cas du Coronavirus, détecté à Blida chez une femme et sa fille ayant reçu un émigré d’un certain âge pour une visite familiale. Le traçage n’a pas été fait convenablement puisque les camarades de groupe de la fille, des étudiants en biologie à l’université de Blida, se sont présentés à l’hôpital de Boufarik et ont été renvoyés sans tests. Le lendemain, un autre cas s’est déclaré et a été identifié chez un ressortissant italien. Le 26 février, le ministre de la santé apporte des précisions sur ce cas et rassure sur la maîtrise de la situation. Et jusque-là, aucune mesure n’a été prise malgré les appels à la fermeture des frontières ou à l’instauration d’un contrôle strict et le placement en quarantaine des personnes venues des pays étrangers. Un étudiant algérien arrivant à l’aéroport d’Alger de Wuhan, la ville chinoise à l’origine du virus, déclare au micro d’Echorouk TV «sa déception» car il s’attendait à une prise en charge et à une mise en quarantaine de quelques jours par précaution. À l’arrivée à Alger, seule sa température a été prise avant de le laisser partir, a tenu à préciser. Le 3 mars, l’institut Pasteur communique pour la première fois et apporte des réponses à propos des cas identifiés. Le 5 mars, le directeur de la santé de la wilaya de Blida rassure sur la prise en charge des cas confirmés, sans prendre la moindre mesure en direction de la population. Et pourtant des voix insistantes parmi le hirak s’élèvent pour appeler à la fermeture des frontières. Les USA ont procédé en premiers à la fermeture hermétique de leurs frontières. Ils seront suivis par les pays européens, qui limitent le trafic qu’à l’intérieur de l’espace Schengen. L’Italie et l’Espagne avaient déjà décidé de fermer les écoles et les universités après avoir instauré le confinement. Il fallait attendre le 11 mars, à la veille de l’enregistrement du deuxième décès, pour que Teboune ordonne la fermeture des écoles et des universités.

Cependant, le débat bat son plein au sein du mouvement populaire pour suspendre les marches et de trouver un moyen de maintenir la pression pour la libération des détenus. La marche du vendredi 13 mars a tranché pour observer une trêve concernant les manifestations et les rassemblements. Le même jour, Air Algérie annonce la réduction de ses vols vers la France et leur suspension en direction de l’Espagne. Un nouveau cas testé positif au Coronavirus a été enregistré ce jour-là. Le soir, et à la veille des élections municipales, le président français annonce la fermeture des écoles et des universités ainsi qu’à l’instauration d’un confinement total sur le plan national accompagné par des mesures économiques et sociales. Le 14 mars, le premier ministre, Abdelaziz Djerrad appelle les algériens «à ne pas quitter leurs domiciles sauf au cas d’urgence». Le 15 mars, des médecins lancent des appels aux algériens afin de rester chez eux. Un hashtag de sensibilisation émanant d’internautes relayant cet appel, alors que l’Algérie vient d’enregistrer 45 cas confirmés atteints de COVID-19. Djerrad lance de son côté un appel «aux frères et sœurs du Hirak» en leur demandant de prendre des précautions en sortant manifester. La direction de commerce de la wilaya d’Alger ordonne en ce jour de 15 mars la fermeture des salles de fêtes. Air Algérie suspend ses liaisons aériennes et maritimes avec la France. Il faut dire qu’elles étaient déjà suspendues de fait, puisque la France avait déjà fermé aux voyageurs ses aéroports et ses ports. Le 16 mars, le ministre de la santé évoque à la Radio Chaîne III «la possibilité d’interdire les rassemblements et les regroupements» en exhortant à procéder à la fermeture des mosquées. Le 17 mars, le ministre des affaires religieuses décide la fermeture des mosquées et les lieux de culte. Le 19 mars, Teboune appelle les algériens à ne pas céder à la peur et à la panique : «la situation est sous contrôle», a-t-il tenté de rassurer. Il prend un ensemble de mesures dont la suspension de tous les moyens de transport en commun public et privé inter-wilayas ainsi que le trafic ferroviaire ; la démobilisation de 50 % d’employés et les femmes travailleuses ayant des enfants en bas âge et la fermeture temporaire des cafés et des restaurants. Le même jour, Air Algérie et Air Tassili décident de suspendre leurs vols nationaux à partir du 22 mars.

Contrairement donc à ce qu’a affirmé Teboune devant la presse, il fallait attendre jusqu’au 19 mars pour décider de fermer les lieux et les foyers de propagation de virus et l’instauration d’un confinement partiel. Cependant, les chiffres officiels font état, le 21 mars, de 102 cas confirmés présentant les symptômes du virus. Le lendemain, à savoir le 22 mars, le nombre de décès a atteint 201 cas atteints de COVID-19. On a assisté dernièrement à un cafouillage autour de l’ouverture des commerces. Entre décision et contre décision, les commerçants ne savaient plus où mettre la tête. Le même constat qui se dégage de la prestation de «l’énarque» concernant le volet économique. Énarques, Ouyahia et Sellal n’auraient pas fait pire. Tebboune contredit les déclarations faites la veille par son ministre de l’énergie quant au coût du baril de pétrole. Il énumère les richesses du sol algérien, comme l’or et l’uranium, mais il omet de dire qu’on n’a pas la technologie pour les extraire et de préciser qu’il n’existe aucune évaluation sérieuse sur l’abondance et sur le coût de revient de l’exploitation de ces richesses. Il poursuit ainsi «ses divagations» pour donner 27 millions, le nombre de têtes de cheptel en se référant à «des images fournies par des drones». Alors qu’il est incapable, lui ou son ministre de commerce qui serait «son inspirateur», de citer une seule ferme d’élevage possédant plus de 200 têtes de cheptel.

En plus de l’illégitimité, c’est le règne de la médiocrité et de l’incompétence. Cela fait partie des «péchés mignons» pour lesquels Teboune fut intronisé par les généraux. La nouvelle mouture de la Constitution vient ainsi pour sanctuariser cette tradition de désignation du président de la république, qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains et qui n’est responsable de rien, que devant ceux qui l’ont désigné. Malgré ses pouvoirs d’empereur, il reste leur otage et même, à la merci des notes tronquées des services. Ce qu’on va voir dans l’affaire du journaliste Khaled Drareni.

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