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Publié le : 10 Juin, 2020 - 17:04 Temps de Lecture 3 minute(s) 1543 Vue(s) Commentaire(s)

La police judiciaire perquisitionne le domicile de Mohad Gasmi dont la garde à vue a été prolongée

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La garde à vue de Mohad Gasmi (de son vrai prénom, Mohamed), militant connu pour son opposition à l’exploitation du gaz de schiste, pourrait être prolongée. C’est ce que nous ont révélés, aujourd’hui, mercredi 10 juin, ses proches, joint au téléphone par l’Avant-Garde Algérie. Interpellé, lundi dernier, et placé en garde à vue depuis au commissariat central d’Adrar, sa présentation devant le procureur «sera repoussée à une date ultérieure», ajoute la même source. «Mohad Gasmi se porte bien. Il a un moral d’acier et n’est pas prêt à baisser les bras», indique-t-elle.

Pour rappel, Mohand Gasmi, militant très actif dans le mouvement des chômeurs, dans celui contre le 4ème mandat de Bouteflika en 2014 et actuellement dans le Hirak ou la révolution populaire, est en garde à vue au commissariat central d’Adrar, depuis lundi 8 juin 2020. Il a été interrogé une première fois, dimanche, soit la veille de son arrestation de son domicile, lundi après-midi. Dans un message qu’il a eu le temps de transmettre à ses proches amis militants, il révélait qu’«il a été convoqué dans le cadre d’une enquête liée à deux publications sur Facebook et qui remontent à 2018». «J’ai été convoqué par les services de police concernant deux anciennes publications facebook, au sujet de l’un des anciens leaders du mouvement des enfants du Sud, Abdessalem Tarmoul, assassiné il y a quelques années en Libye. Même si la publication visait en général, à faire un parallèle entre un groupe qui a pris les armes sans qu’il puisse avoir de l’influence et que la société algérienne a vite oublié à cause de leurs erreurs violentes défiant l’État et enfreignant les lois... et une autre catégorie qui a appris des erreurs du passé- j’entends par là le groupe de jeunes qui sont sortis sous l’égide du comité national pour ‘’Les droits des chômeurs’’ et ‘’Le mouvement populaire anti gaz de schiste’’, et bien que mes publications ne prêtaient à aucune confusion, et que j’insistais sur la nécessité du caractère pacifique de la lutte, il y a encore vraisemblablement certains qui veulent, coûte que coûte, me mettre sur le dos l’accusation d’apologie du terrorisme, car j’ai appris à respecter même ceux avec qui je ne suis pas d’accord et appris de leurs erreurs», a-t-il écrit dans son message.

Dans un entretien qu’il a accordé à notre site l’Avant-Garde Algérie avant son arrestation, Mohad Gasmi a révélé les détails de son interrogatoire par la police. «On m’a appelé et sommé de me présenter au commissariat sans convocation. Une fois arrivé sur place, on m’a informé que je devais me présenter au bureau local d’Interpol, ce que j’ai fais. À l’intérieur de la pièce, un policier en civile a commencé à me poser des questions sur ma vie privée, ma famille, mes fréquentations, mes positions, mon parcours de militant, mes sorties à l’étranger et même si j’étais Musulman ou pas ! Ce n’est qu’en dernier, qu’on m’a questionné sur les deux publications», confie-t-il pour l’Avant-Garde Algérie. Avant de poursuivre : «à la fin de l’interrogatoire, j’ai exigé une convocation. On m’a demandé alors si j’allais la diffuser sur les réseaux sociaux ! J’ai répondu que oui. Le policier me rétorqua : dans ce cas, je ne peux pas vous la délivrer»*.

Hier, mardi 9 juin, sur ordre du procureur de la république, le domicile de Mohad Gasmi a été perquisitionné. Son téléphone, son ordinateur portable ainsi qu’une clé USB ont été saisis par la police, infuse notre source.

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