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Publié le : 03 Mars, 2020 - 20:15 Temps de Lecture 2 minute(s) 958 Vue(s) Commentaire(s)

La révolution est une dynamique nationale démocratique qui ne peut disqualifier un despotisme pour en élire un autre

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Samedi dernier, dans les rues d’Alger, il y avait des affiches pour l’évocation du tragique décès de Hassan Benkheda; d’autres pour, je le suppose, demander la vérité sur l’assassinat d’Abdelkader Hachani et enfin une banderole pour dénoncer «l’interdiction de prière» que subit Ali Belhadj. Tant que ces expressions se conforment à la philosophie générale de la révolution du Sourire, les citoyens qui les portent demeurent dans leur droit. Certes dérangeantes, pour de nombreux autres citoyens -dont moi- mais une expression qui ne peut être disqualifiée. Mais, et le «mais» est essentiel, dès qu’elles visent la promotion de l’islamisme, ces expressions perdent toute légitimité au sein de la révolution.

La révolution en cours est une dynamique nationale et démocratique qui ne peut disqualifier un despotisme pour en élire un autre. La disqualification du néo patrimonialisme militaro-bureaucratique serait un non-sens total si elle aboutissait à la réhabilitation de l’islamisme et à son intronisation. Elle serait aussi sans pertinence si l’examen des années de guerre civile était partial et partiel. Hier, le portrait de Katia Benguana devait être porté dans nos rues. Et, la semaine dernière, ce sont ceux de Nabila Djahnine, Achour Belghezli, Azedine Medjoubi, Djamal Zaiter, Rachid Baba-Ahmed… qui auraient dû y être, car la vérité est due à tous et tous les protagonistes de la confrontation doivent rendre compte de leurs forfaits devant la nation.

De même que s’il est juste d’évoquer la mémoire de Hassen Benkheda et D’Asfirane, il faut aussi s’atteler à exiger la vérité sur la mort de Remzy Yettou et celle de Kamel Eddine Fekhar. Il faut débusquer leurs assassins et les confondre. Surtout s’agissant du cas du militant mozabite, allons-nous encore assister à des réactions confessionnelles de stigmatisation ? Rappelez-vous que des «Hirakistes» avaient refusé d’observer une minute de silence et d’assister à ses obsèques. Comme quoi, s’il fallait encore le rappeler, l’islamisme est une idéologie semeuse de discorde.

S’agissant de Ali Belhadj, qu’il prie où il veut ! Mais, il restera comptable de la mort de dizaines de milliers d’Algériens, cadres ou simples citoyens, militaires ou civils, homme ou femmes, engagés ou simples citoyens. Oui, dans le cours de la transition, lui et se pairs, de même que les manipulateurs qui ont neutralisé la résistance populaire et l’ont détournée au service de la préservation du système doivent répondre de leurs forfaits. Parce qu’il y a une vérité, politique celle-là, et qui est que les islamistes se battaient pour l’État islamique, que la néo-régence le faisait pour la préservation de ses privilèges et que les démocrates pris entre ces deux feux ont longtemps choisi de s’opposer au pire avant d’être trahit par ce qui leur paraissait le moindre mal.

Alors, sauf si le dessein est de léguer ce fardeau aux générations futures, il faudra bien que la nation s’attelle à l’examen serein de cette période et assume sans sourcilier l’idéal démocratique comme projet social qui ne peut s’accommoder d’aucun despotisme.

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