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Accueil À la Lutte Lakhdar Bouragaâ : un symbole des deux révoltions s’en va
Publié le : 05 Novembre, 2020 - 14:40 Temps de Lecture 4 minute(s) 404 Vue(s) Commentaire(s)

Lakhdar Bouragaâ : un symbole des deux révoltions s’en va

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«Un symbole de la lutte» pour certains, «lion des deux révolutions» pour d’autres. La mort du révolutionnaire Lakhdar Bouregaâ, dans la nuit de ce jeudi, a émeut fortement les réseaux sociaux. Politiques, journalistes, militants, avocats, anonymes… son décès provoque un torrent de réactions.

Si Lakhdar Bouregaâ n’est plus. À l’âge de 86 ans, le révolutionnaire devenu également symbole du soulèvement populaire du février 2019, s’est éteint, hier, laissant derrière lui, une famille et des amis bouleversés mais aussi des milliers d’algériens meurtris.

L’ancien président du parti du RCD et écrivain, Saïd Saidi était l’un des premiers à réagir à la mort de «l’homme du peuple», le décrit-il sur sa page Facebook officielle. «Lakhdar Bouregâa part après avoir vécu en homme libre. Sa vie est un condensé de l’Histoire récente de notre pays. Paysan écrasé par le joug colonial, il sut faire du combat contre l’injustice une école de la liberté. À l’indépendance, il se rangea naturellement du côté des mouvements se dressant contre l’arbitraire. Avec l’avènement du multipartisme, il fréquenta les acteurs qui préconisaient l’alternative démocratique. À la fin de sa vie, il dut affronter à titre personnel ce que le peuple subissait en tant qu’entité collective : l’humiliation», témoigne Saïd Sadi. Et de poursuivre : «Pour se venger de son implication dans l’insurrection citoyenne, le pouvoir alla jusqu’à le faire passer pour un escroc qui aurait usurpé son statut d’officier de la guerre de libération ! Le parcours de Lakhdar Bouregâa est un reflet de notre histoire tragique : avec sa ferveur, ses fragilités et sa sincérité. Il va nous manquer. Repose en paix 3emi Lakhdar. Tu as fait ce que doit faire tout citoyen fidèle à lui-même et son peuple : se battre jusqu’au dernier souffle. Nous ne t’oublierons pas.»

Dans un post publié sur sa page Facebook, l’actuel président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Mohcine Belabbas, rend hommage en écrivant ceci : «un Moudjahid contre l’armée coloniale, il l’est resté après l’indépendance. Lakhdar Bouregaâ est un exemple pour la jeunesse et un symbole de la lutte». Lui emboîtant le pas, le parti des travailleurs, par la voix de sa secrétaire générale Louiza Hanoune, regrette le décès de Lakhdar Bouregaâ, estimant qu’«il s’est battu avant et après son arrestation, il s’est battu pour les libertés démocratiques et pour la libération des détenus politiques et de l’opinion. Il restera vivant dans la mémoire du peuple algérien et de tous les peuples libres du monde». Par ailleurs, le coordinateur du Mouvement Démocratique et Social, Fethi Ghares, a rendu un hommage particulier à celui qu’il qualifiera de «lion des deux révolutions», en affirmant que «nous continuerons à marcher dans tes pas et nous écrirons ton histoire car notre victoire ne fait aucun doute».

Les militants et activistes du Hirak se disent très émus

«Je garderai en mémoire cette inspirante image de Lakhdar Bouregaâ. ‎L'image d'un homme prêt à défendre l'Algérie‬ au prix de sa vie contre l'occupant français et ses descendants qui pillent l'Algérie depuis. Son combat continue», réagit Lakhdar surTwitter.

Ouamrane Yazid, étudiant et membre actif de la société civile estime, quant à lui, que «l'on retiendra de Lakhdar Bouregaä, l'un des héros de l'indépendance algérienne, sa volonté à aller de l'avant, à transmettre le flambeau aux jeunes. Ils sont rares à être héros de l'indépendance et citoyens de l'Algérie moderne sans être figés dans le passé.»

Hassane Mebtouche, militant du Mouvement Démocratique et Social, lui aussi rend hommage à la personne du révolutionnaire qu’il a vu se battre sur le terrain de la lutte durant la révolution populaire de février. «Tu étais un pont entre la génération de novembre et celle de février, ton soutien au peuple dans son Hirak était historique. Nous resterons fidèles à ton combat», promet Hassane.

Noureddine Melikechi a également réagi au décès de Lakhdar Bouregaâ, sur Twitter. Le physicien qui, soulignons-le, a soutenu le soulèvement populaire depuis son début, s’est fendu de ce tweet: «Monsieur Lakhdar Bouregaâ, Grand Révolutionnaire Algérien, est décédé. Par son sacrifice ininterrompu pour la liberté, il nous laisse de nombreuses leçons dont l'importance de rester en harmonie avec ses convictions, et que le combat pour la liberté est continue.»

Le journaliste Saïd Djaffer, lui a rendu un hommage émouvant en déclarant que «cet homme, qui n’a pas exercé de responsabilité officielle dans l’Algérie indépendante, est resté constamment debout, sous le chêne du premier novembre, à se battre pour cette Algérie libre des Algériens libres.»

Nasser Boudiaf, fils de l’ancien président de la république Mohamed Boudiaf a préféré rendre hommage, en publiant une photo en compagnie du Moudjahid Lakhdar Bouregaâ, et de son fils.

Même le monde sportif et celui des artistes est affecté par la disparition du Moudjahid.

Les deux rebelles de la chanson engagée et soutiens de la révolution populaire, Amel Zen et Amine Chibane, ont tenu tous les deux à rendre leur hommage sur leurs pages officielles respectives à Bouragaâ. «L’Algérie perd son enfant et l'une des icônes de son histoire», regrette Amel Zen. «Nous ne t’oublions jamais ! Tu resteras dans nos cœurs», écrit Amine Chibane sur sa page en partageant sa photo souvenir avec le défunt.

Le commentateur Hafidh Derradji a glissé un petit hommage à Lakhdar Bouregaâ, mais ne manquera pas de fustiger «ceux qui l’ont jeté en prison et l’ont accusé d’usurpation d’identité et l’ont empêché de voir l’Algérie dont rêvaient les martyrs de la révolution».

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