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Accueil À la Lutte Le chanteur Kabyle Lounes Ghassouli victime d’une agression à caractère raciste à Paris
Publié le : 11 Juin, 2020 - 18:15 Temps de Lecture 3 minute(s) 3725 Vue(s) Commentaire(s)

Le chanteur Kabyle Lounes Ghassouli victime d’une agression à caractère raciste à Paris

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Le chanteur d’expression kabyle, Lounes Ghessouli, a été victime hier d’une agression à l’arme blanche, dans le quartier de Barbès, dans le 18ème arrondissement de Paris. L’agression est loin d’être un cas isolé. Lounes Ghassouli décrit ce qu’il a subi d’«acte raciste». Originaire de Sidi Aïch, Lounes Ghassouli, 22 ans, en France depuis 2016, est surtout connu pour ses chansons engagées.

Le jeune chanteur se trouvait la nuit dans un parc, en train de jouer de la musique avec son mendole, lorsqu’il a été prit à partie par un groupe d’algériens, a-t-il confié pour l’Avant-Garde Algérie. «Des jeunes, visiblement algériens, se sont approchés de moi. Ils m’ont demandé de chanter en arabe, ce que je ne maîtrisais pas du tout. J’ai essayé de leur expliquer cela, en vain. Je leur ai même proposé de leur chanter en Kabyle, mais ils ne voulaient rien comprendre !», témoigne Lounes. Et de s’indigner : «il m’ont traité, ainsi que les Kabyles, de Harkis et d’ennemis de l’Algérie. De suite, ils se sont tous jetés contre moi. J’ai essayé de me défendre comme j’ai pu. Certains d’entre eux ont appelé d’autres, venus avec des arme Blanches. J’ai failli laisser ma vie. J’ai pris la fuite et heureusement qu’un groupe de jeunes, que je ne connais ni d’Adan ni d’Eve, m’a défendu. C’était un acte lâche, raciste et barbare. D’ailleurs, l’une des ces personnes qui m’ont aidé a été agressée à la main et au visage.»

Sur les réseaux sociaux, c’est la consternation ! Les réactions de soutien et de solidarité avec Lounes Ghessouli ne se sont pas fait attendre. Karima Naît Sid, présidente du congrès mondial Amazigh ( CMA), dénonce sur son compte Facebook, le «racisme  et la haine anti-kabyle», phénomène qui, selon elle, «prend de l’ampleur». «Nous dénonçons cet acte grave et condamnons avec fermeté ce racisme primaire», dénonce-t-elle. L’internaute, Ali Mimoun, qui s’est solidarisé avec l’artiste, dénonce ce qu’il appelle l’«institutionnalisation du racisme chez l’État». *«C’est le racisme institutionnel du pouvoir depuis 60 ans qui a propagé une doctrine raciste au sein de la société», explique-t-il.

Pour certains, ce qu’a subi Lounes peut être assimiler à un cas isolés, mais loin s’en faut. Pour rappel, en 2019, pendant la campagne électorale de la dernière présidentielle du 12 décembre et les campagnes racistes de Gaïd Salah et des Doubabs, un autre jeune kabyle originaire de Bouira a été agressé par un groupe de jeunes algériens, dans la même quartier, à Barbès, seulement parce qu’il portait un t-shirt Amazigh. Et force est de constater que depuis deux ans, les actes anti-kabyles se sont multipliés, notamment au lendemain des discours «ouvertement racistes» de Gaïd Salah où ce dernier est allé jusqu’à qualifier de «traîtres», les manifestants qui brandissaient l’emblème Amazigh pendant les marches populaires. De fait, des centaines d’entre-eux ont été arrêtés et incarcérés. D’autres ont été condamnés à des peines de prison. Ce qui ouvrira la voie aux racistes refoulés qui ne mettront pas longtemps à sortir de l’ombre, pour déverser leur venin envers la Kabylie et ses habitants. L’on se rappelle encore les propos tenus, au mois de mai dernier, par Kamel Benssalem, président du parti du renouveau algérien (PRA), lors d’une émission sur la chaîne de télévision privée Beur TV, où il s’en est violemment prit aux étudiants des universités de Tizi Ouzou et de Bejaia, qu’il a accusé d’«intelligence avec des forces étrangères».
Il y a aussi Naïma Salhi et Nourredine Khettal est la liste est longue qui, eux aussi, excellent dans les discours haineux envers les kabyles et qu’on laisse s’exprimer «impunément» !

Et bien que ces propos, lourds de conséquences, soient constamment dénoncés sur les réseaux sociaux notamment, du côté des autorités compétentes, la justice en l’occurrence, c’est le silence radio. Ce qui fait dire à beaucoup d’observateurs que «le pouvoir continue, à desseins, à adopter une posture de complicité passive de tous ces actes racistes».

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