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Publié le : 13 Août, 2020 - 18:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 983 Vue(s) Commentaire(s)

Le comité de défense dénonce l’interférence à charge de Tebboune dans le dossier de Khaled Drareni

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*Le comité de soutien et défense du journaliste et fondateur du site Casbah Tribune Khaled Drareni, a dénoncé, hier, «l’interférence présidentiel à charge dans le dossier» et appelé à sa réhabilitation. Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que le journaliste doit comparaître «libre à son procès en appel».

«Khaled Drareni doit être réhabilité. Il doit comparaitre libre à son procès d’appel, tout comme ses deux co-inculpés. La cour doit juger les éléments du dossier et rien d’autre. Le salut pour les institutions et l’image de l’Etat passe par là». C’est ce qui ressort de la conférence de presse organisée, hier mercredi 12 août 2020, par le comité de soutien et de défense de Khaled Drareni, au siège de SOS Disparus.

D’emblée, le comité pointe du doigt les irrégularités de procédure depuis le premier jour de l’enquête préliminaire jusqu’au procès de Khaled Drareni, ce qui aurait dû aboutir à la nullité des poursuites. Mais il n’en fut rien ! Car bien que les faits prouvant son innocence des charges retenues contre lui ainsi que ses deux coaccusés, soient établis, le journaliste a été condamné, le 10 août dernier, par le tribunal de Sidi M’hamed, à trois années de prison ferme, pour «incitation à attroupement et atteinte à l’unité nationale». «Le rapport de la police judiciaire et l’acte d’accusation ne comportaient rien qui permette de soutenir de telles qualifications pour les trois prévenus arrêtés lors de la marche du Hirak  du 07 mars 2020», indique le comité dans un communiqué diffusé à l’issue de la conférence.

Ce dernier explique, en effet, que «le procès a montré l’absence totale d’éléments matériels à charge pour soutenir que les prévenus ont incité à l’attroupement ou porté atteinte à l’intégrité nationale», et ajoute que «le verdict aurait du, en toute conséquence, accéder à la demande de relaxe des avocats». «Le tribunal en a décidé autrement»*, déplore-t-il.

Exprimant son inquiétude quant au fonctionnement actuel de l’instance judiciaire qui, aujourd’hui plus que jamais, obéit aux appareils sécuritaires, le comité a dénoncé «une justice à deux vitesses», et pointé du doigt la partialité du tribunal dans le traitement du dossier de Khaled Drareni et de ses deux coaccusés. «Il a agi avec Khaled Drareni comme s’il était jugé pour d’autres faits, pour une autre affaire, non évoquée lors de l’audience du 03 aout», soutient-il. Et d’expliquer : «pourtant, sa défense était des plus faciles. La marche débutait à 200 m de son domicile de la rue Didouche Mourad. Il est sorti en assurer la couverture comme il l’a toujours fait depuis le 22 février 2019».

Pour le comité de soutien et de défense, «Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison parce qu’il était devenu impossible à l’appareil de la justice algérienne d’assumer en toute indépendance sa relaxe après l’interférence présidentielle à charge dans ce dossier le 02 mai dernier». Par «interférence présidentielle», s’entend Abdelamadjid Tebboune qui, lors d’une rencontre avec les représentants des médias, le 2 mai 2020, et retransmise sur la télévision nationale, a lancé des «accusations infondées » à l’encontre de Khaled Drareni, allant jusqu’à le qualifier de «Khabardji (espion)», violant ainsi la présomption d’innocence, principe fondamental du droit pénal selon lequel toute personne poursuivie est présumée innocente tant qu’elle n’a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente. «En affirmant, sans le nommer, lors d’une rencontre de presse, que Khaled Drareni était ‘’khardji (un espion)‘‘ et qu’il s’était rendu directement à une ambassade étrangère après avoir été libéré par les services de sécurité, le président Tebboune a prononcé sa condamnation de fait», déplore le comité. Et de poursuivre: «La vérité est qu’il n’existe aucune allusion à de tels faits dans le dossier d’inculpation de Khaled Drareni depuis l’enquête préliminaire jusqu’au verdict.»*

«Il s’agit d’une invention malveillante colportée au sommet de l’État au but de justifier l’incarcération d’un des plus grands professionnels indépendants, qui a résisté des mois durant aux intimidations des services de sécurité (4 interrogatoires à la caserne Antar) afin qu’il renonce à sa couverture du mouvement populaire», soutient encore le comité. Des faits confirmés par Me Abdelghani Badi qui a déclaré lors de la conférence que «Khaled Drareni a été injustement incarcéré, car il a su résisté aux menaces et aux pressions qu’ils a subit, par les services de sécurité, pendant des semaines et à plusieurs reprises, avant son arrestation».

Me Zoubida Assoul a, quant à elle, affirmé que «le président assume la responsabilité politique et légale de ce qui s’est passé», tout en interpellant sur le fait qu’avec l’affaire Khaled Drareni, «ce sont toutes les libertés individuelles et collectives qui sont en danger et pas uniquement la liberté de la presse».

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