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Accueil À la Lutte Le destin tragique du jeune diplômé de l’école d’Art dramatique, Heythem Hassassni
Publié le : 03 Juin, 2020 - 18:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 3138 Vue(s) Commentaire(s)

Le destin tragique du jeune diplômé de l’école d’Art dramatique, Heythem Hassassni

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Le 27 avril, Heythem Hassassni signait dans un post Facebook, un réquisitoire acerbe contre la culture en Algérie. Cinq jours plus tard, le jeune homme âgé de 23 ans, se suicide dans le stade de la ville de Guelma.

Diplômé de l’Institut supérieur des Métiers et Arts du spectacle (ISMAS) en 2019, Heythem Hassassni se voyait déjà, comme tous les jeunes artistes de son âge, «en haut de l’affiche». Selon ses proches, le jeune homme était destiné à un avenir prometteur. Malheureusement, on ne le saura jamais. Heythem a mis fin à ses jours, lundi dernier, en se pendant dans le stade de la ville de Guelma, apprend-on sur les réseaux sociaux. «Heytham Hassassni, né en 1997, s'est suicidé par pendaison dans le stade de Guelma. Le jeune homme qui a étudié l'art dramatique à l'ISMAS et obtenu son diplôme en 2019, était en colère et triste de voir la farce dans le secteur de la culture, particulièrement le théâtre où on marginalise les diplômés des écoles au profit des adeptes du Tik Tok, snapchatt et autres Instagram», affirme Taher Boussoualim, jeune photographe issue de l’école supérieure de réalisation audiovisuelle, dans un post diffusé sur Facebook.

Ce drame qui a bouleversé la famille du défunt, ses proches et ses amis, pourrait facilement être rapporté à un fait divers ordinaire, s’il ne suscitait pas une réflexion profonde sur l’état des lieux des artistes en Algérie. Car au-delà des problèmes personnels qui l’ont poussés à se donner la mort, son geste était également, pour beaucoup de gens qui l’ont côtoyé de près, «une réponse à une souffrance devenue intolérable pour lui». «Heythem voyait les portes s’ouvrir devant des personnes qui n’ont jamais fait d’études, alors que d’autres comme lui, sortis des écoles de théâtre, n’ont jamais eu leur chance en dépit des multiples tentatives», témoignage-t-on.

Vague d’indignation sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, sa mort a suscité une avalanche de réactions, notamment au sein de la sphère culturelle, entre autres, Reda Amrani, artiste et militant culturel établi dans la ville de Montréal, au Canada. Dans une tribune qu’il a postée sur son compte Facebook, Reda Amrani s’est indigné dans une tribune de cet état des lieux qui pousse les jeunes artistes algériens «à perdre tout espoir en l’avenir, en la vie, alors qu’ils sont à la force de l’âge». «Allons nous rester silencieux alors que nos enfants meurent de désespoir très jeunes?», s’indigne-t-il. Et de poursuivre : «aujourd'hui, je ne peux pas croire que Heythem Hassassni, ce jeune artiste diplômé de l'ISMAS, soit mort à cause de sa marginalisation. Nous reste-t-il un tant soit peu d'honneur pour mettre de côté les conflits personnels entre artistes et décider d'organiser ce domaine et de créer un syndicat qui protégerait les artistes de la marginalisation ?» «Combien d'Heythem devront mourir par ignorance pour que d’autres sans talents occupent la scène ?», s’interroge-t-il encore.

En effet, beaucoup de jeunes de l’âge de Heythem, pétris de talents et qui ne cherchent pas forcément gloire et argent mais seulement à être reconnus pour leur travail, ne trouvent aucune considération morale pour les encourager. «Nos jeunes ont les talents et l’abnégation qu’il faut pour rivaliser avec les plus grands, produire de la qualité et donner de l'espoir à tous les vrais artistes honorables», soutient Reda Amrani. Et de rappeler que «beaucoup possèdent l'argent de l'État et produisent la médiocrité !». *«Nous, nous avons les connaissances, le talent et la volonté de produire la qualité qui nous amènera à l'universalité. Avec du courage, de volonté et beaucoup de discipline, nous pourrons faire pencher la balance», soutient-il.

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