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Publié le : 02 Novembre, 2020 - 18:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 962 Vue(s) Commentaire(s)

Le référendum de la honte et du désaveu du pouvoir

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Sans surprise, le Oui l’a emporté malgré l’échec avéré, soit 3 millions d’électeurs sur un total de 24 millions inscrits sur le fichier électoral. Le taux d’abstention a, quant à lui, atteint 83,3%, un record dans l’histoire de l’Algérie post-indépendance.

«Le référendum sur la nouvelle constitution organisé, ce dimanche 1 novembre 2020, a été marqué par un taux d’abstention record de 76, 3%», annonce Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), lors d’une conférence de presse tenue, ce lundi, au centre international d’Alger (CIC). Autrement dit, «3.355.518 d’électeurs sur un total de 24.475.310 millions inscrits sur le fichier électoral viennent de valider la réforme constitutionnelle», affirme-t-il.

Pour nombre d’observateurs, l’issue de ce référendum ne faisait point de doute. Dans ce scrutin placé sous haute surveillance par la police, et parrainé par l’armée nationale populaire (ANP), le Oui allait certainement l’emporter malgré la faible participation du peuple à se scrutin utopique. Et pour cause : La campagne pour cette énième révision constitutionnelle a été menée à sens unique, d’autant que les voix critiques ont été mises sous silence. Pis, les partisans du Non, à savoir des activistes du soulèvement populaire du 22 février 2019, ont été poursuivis en justice ou carrément jetés en prison sous de fallacieux motifs tels qu’«atteinte à l’image du président»,«outrage à corps constitué» ou encore «atteinte à l’unité nationale»

Hier encore, des centaines de personnes ont manifesté dans plusieurs villes du pays, notamment en Kabylie, pour réclamer le respect de la volonté du peuple. Des heurts ont même éclaté à Bouira, où la majorité des centres de vote ont été fermés, les urnes saccagés et les bulletins de vote brûlés par les citoyens qui rejettent un scrutin, selon eux, «joué d’avance». À Constantine, comme à Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bordj Bou Arréridj ou encore Boumerdes, des dizaines de personnes ont été interpellées parce qu’elles ont osé contester «un pouvoir qui considère que la solution à la crise politique que traverse le pays passe par l’amendement de la constitution», fustigent des militants sur les réseaux sociaux.

Quelle légitimé pour une constitution boycotté par 83,3% des électeurs? Si le référendum venait à être validé par le conseil constitutionnel, ce serait une «victoire de plus du pouvoir», pour beaucoup d’observateurs. Cela signifie également «la poursuite des politiques menées jusqu’à présent par celui-ci». «On ne doit donc pas s’attendre au moindre changement», nous confie-t-on, et ce, malgré le taux d’abstention, le plus faible jamais connu dans l’histoire de l’Algérie post- indépendance.

C’est «un désaveu populaire de la démarche de légitimation à posteriori du hold-up électoral opéré le 12 décembre 2019», selon le RCD qui vient de réagir aux résultats du scrutin, dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Et d’affirmer : «à la vue de la désaffection générale constatée par tous les observateurs et eu égards aux informations remontées par les militants politiques sur le terrain, la participation réelle à cette consultation est vraisemblablement à un chiffre.» Le RCD se demande s’«il n’y avait pas meilleure leçon de maturité politique et de responsabilité que cette fin de non-recevoir pacifique et cinglante conçue dans les entrailles du génie de notre peuple, loin de toutes les officines ?». «Non», affirme-t-il, tout en saluant «ce sursaut de dignité exemplaire».

Si le referendum n’est pas un problème en soi, il en devient un dans la mesure où celui-ci sera validé par le conseil constitutionnel étant donné le taux d’abstention estimé à 83,3% des électeurs. Ce que craint le RCD qui estime que «persister dans cette démarche et promulguer une constitution rejetée par 86,3% des électeurs, c’est ouvrir la voie au désordre porteur de tous les périls; ceux auxquels revient la charge de prendre une telle décision assumeront l’entière responsabilité de cet acte.» «Cette responsabilité sera d’autant plus lourde qu’un autre choix existe. Il consiste à réunir sans délais les conditions pour l’expression de la volonté du peuple souverain», conclut-il.

Le coordinateur national du parti Mouvement Démocratique et Social (MDS) s’est, quant à lui, fendu dans un post lourd de sens contre le régime qui est allé jusqu’à instrumentaliser une date aussi importante pour les algériens, afin de se maintenir au pouvoir.

Fethi Ghares a en effet déclaré que «la grandeur de Novembre est à la hauteur des sacrifices du peuple algérien. Novembre est la plus grande victoire du peuple algérien, et Novembre est sacré pour les âmes saintes de ceux qui sont tombés pour que vive l’Algérie», indique-t-il. Et de poursuivre : «nous avons choisi d’être avec ceux qui restent de nos valeureux combattants, ces faiseurs de gloire pour nous empeigner de leurs luttes et renforcer nos convictions». «Nous avons le devoir de poursuivre leur combat au nom de l’amour que nous avons pour notre patrie et par loyauté aux martyrs de la révolution, et au peuple algérien qui a choisi de vivre en dignité et en liberté. Nous vaincrons», conclut-il

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