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Publié le : 08 Mai, 2020 - 19:00 Temps de Lecture 4 minute(s) 1132 Vue(s) Commentaire(s)

Le système et le Covid-19 : les deux mâchoires d'une même tenaille

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Le système et le Covid-19 sont devenus les deux mâchoires d'une même tenaille. Les deux, conjugués, forment une machine effroyable qui, sans notre vigilance, nous transformera en bouilli. Si le danger du second est de nous ronger de l’intérieur, le premier, lui, nous tue par la chape de plomb qu’il fait peser sur nous de l’extérieur.

Nous sommes forts certes. Ni l’un ni l’autre ne peut venir à bout du souffle qui nous anime. C’est indéniable, mais ce n’est pas pour autant que notre révolution, ajournée par le sens de responsabilité que le moment nous impose, doit se retenir d’inventer des moyens de défense et de s’armer d’instruments politiques nécessaires pour atteindre des objectifs qu’elle s’est assignés; la construction d'une Algérie libre et démocratique, un rêve porté par des millions d’Algériens et d'Algériennes par une admirable mobilisation d’une année durant.

Notre Révolution n'est pas factice. Elle est loin d’être qu’une vue d’esprit. Tous les ingrédients sont réunis pour faire d’elle une belle et réelle révolution. Et une révolution ne doit jamais être entrecoupée. La révolution ne doit pas comporter d’entractes. C’est pourquoi, la nôtre ne doit pas marquer de pause. Elle ne doit jamais laisser le champ libre à l'ennemi et aux contre-révolutionnaires. Face à un pouvoir aussi incompétent, irresponsable et sans aucune vision, il nous faut faire en sorte à ce que ça soit le citoyen qui devient le bouillon de culture des nouvelles initiatives. Des initiatives, à même de renverser la vapeur, comme nous l'avons fait et prouver tout le long d’une année de révolution. Une mobilisation qui a forcé l’admiration du monde par son pacifisme. C'est au mouvement populaire d'apporter des réponses adaptées à cet intrus inattendu, imprévisible, invisible et destructeur par le nombre de morts qu'il laisse sur son passage. Laisser le système prendre l'initiative, c'est lui donner la chance de faire de ce Covid-19 un allié inespéré pour faire essouffler notre révolution.

Par sa gestion catastrophique de cette pandémie, avec des directives approximatives et irréfléchies, dans un moule populiste qui provoque le dégoût et l’indignité, le pouvoir veut reprendre le contrôle de la société quitte à emprunter des sens interdit. Les dégâts seront incommensurables. Le laisser agir en cavalier seul dans une société qui ne cesse de le décrier, reviendrait à cautionner toutes les dérives annoncées. Avec ses alliés traditionnels, les islamistes, le pouvoir fait régner la médiocrité et exclut toute voix discordante, notamment dans le camp démocratique, pour organiser les funérailles d’un pays en agonie.

Nous ne devons pas arrêter de répéter que seul le savoir a droit de gérer cette crise. Le charlatanisme qui fleurit à chaque malheur que traverse l’humanité, ne doit pas avoir cours dans notre pays. Et puis, que ce système comprenne une fois pour toute que ni le religieux, ni la société et encore moins lui-même ne sortiront indemnes d'une exploitation politique de la foi. Il faut protéger la religion par une barrière étanche de la politique et de l'utilisation partisane. Notre responsabilité historique est plus que jamais sollicitée, le statut quo est intenable. Nous devrions réfléchir dans le respect de nos divergences pour imposer une nouvelle trajectoire à entreprendre pour mener le bateau à bon port. Devant cette tempête qui, sans une bonne maitrise du gouvernail, le mène vers une dérive certaine.

Les initiatives autonomes entreprises par des citoyens soucieux de la préservation de la vie sont des exemples salutaires à encourager et à multiplier. Elles ont, non seulement, comblé cette gestion désastreuse provoquée par un régime qui se soucie plus par sa survie que par la vie des autres, mais elles ont rassuré les populations inquiètes pour leur devenir. D’autres actions doivent être amorcées avec la coordination de tous les acteurs agissant dans la société. Pour le pouvoir, la remise en cause du système n'est pas à l’ordre du jour. Il affiche des postures d’un âge politique révolu. Il évolue en dehors du temps. Il veut se maintenir quitte à passer sur les corps. Nous avons le droit, le devoir et la capacité de le dissuader, pacifiquement.

Que faire ?

1) Exiger la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus d’opinion et ne cesser d’alerter l'opinion internationale sur la responsabilité qu’elle a devant de telles agissements.

2) Survivre à la pandémie et aider ceux qui compensent avec abnégation et pragmatisme les défaillances de l’état.

3) profiter de ce confinement pour affiner nos concepts et anticiper des mesures que nul ne peut différer. Avec comme première résolution : ne jamais refaire les erreurs du passé !

4) Poser les conditions et les termes de l’alternative républicaine qui ne peut faire l’économie d’un énoncé clair et sans concession des fondamentaux démocratiques irréversibles.

Pour finir, la révolution c'est aussi l'intelligence d'apporter des solutions, le courage de dire les vérités mais surtout la force d'agir pour concrétiser ces solutions sur le terrain.

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